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05/10/2013

La Dame du Manoir de Wildfell Hall, d'Anne Brontë

La Dame du Manoir de Wildfell Hall, d’Anne Brontë

La Dame du Manoir de Wildfell Hall

 

Anne Brontë




Qui est la mystérieuse nouvelle locataire de Wildfell Hall ? On ne sait pas d'où vient cette artiste qui se fait appeler Mrs Graham, se dit veuve et vit comme une recluse avec son jeune fils.
Son arrivée alimente toutes les rumeurs dans la petite communauté villageoise et éveille l'intérêt puis l'amour d'un cultivateur, Gilbert Markham. La famille de Gilbert. est apposée à cette relation et petit à petit, Gilbert lui-même se met à douter de sa secrète amie.
Quel est le drame qu'elle lui cache ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?



Dans la fratrie Brontë, je demande Anne. Je ne la connaissais qu'à travers Agnès Grey, un roman sympathique que j'ai beaucoup aimé. Agnès Grey est le premier roman d'Anne Brontë, et comme sa sœur Charlotte dans Jane Eyre, va décrire la position des femmes, comment elles peuvent évoluer (très peu) dans la société, notamment avec le métier de gouvernante, une des rares activités tolérées pour les femmes en matière de travail. Agnès Grey a beau être un roman assez dur, dévoilant sans concession la place des femmes, il reste un roman assez classique, ce qui n'est pas le cas de La Dame du Manoir de Wildfell Hall, beaucoup plus abouti et travaillé.
Mrs Helen Graham et son fils Arthur vont emménager dans le manoir de Wildfell Hall. Attirant très vite l'attention, ils vont se retrouver la cible de la curiosité de tous leurs voisins. Parmi eux, Gilbert Markham, un fermier aisé. Au départ rebuté et irrité par la froideur et le mystère d'Helen, il va très vite se retrouver ensorcelé par cette femme peu conventionnelle. La Dame du Manoir de Wildfell Hall est un roman où on découvre à la fois les pensées de Gilbert Markham sous la forme d'une lettre adressée à un ami et celles d'Helen, racontées dans son journal intime.
Anne est la dernière de la famille Brontë, et dont la vie a été très tôt marquée par le deuil. D'abord sa mère, puis ses deux sœurs aînées. Elle devient gouvernante très jeune (19 ans), et navigue entre différentes familles. Tout cela a contribué à forger un caractère réservé, avec l'habitude de peu parler d'elle et de ses sentiments. De ce fait, elle va s'épancher dans l'imaginaire et l'écriture. Autant Agnès Grey est marquée par son expérience de gouvernante, autant La Dame du Manoir de Wildfell Hall va laisser apercevoir l'ombre de son frère Branwell. Seul garçon de la famille, adulé, chéri, il va rapidement sombrer dans la dissipation. Ne gardant aucun travail, indigne de confiance, sombrant dans la drogue, l'opium et les plaisirs faciles, il va rapidement déchoir. La conduite de ce frère va profondément marquer les œuvres de ses sœurs, dans la folie qui parsème les différentes histoires (que ce soit dans la folle du grenier dans Jane Eyre, la conduite de Heathcliff dans Les Hauts de Hurlevent ou en Huntingdon dans La Dame du Manoir de Wildfell Hall). Chacune des sœurs va La Dame du Manoir de Wildfell Hall, d’Anne Brontëappréhender différemment cette conduite, mais Anne va se révéler davantage marquée par ce frère qu'elle idolâtrait et déverse son incompréhension, sa colère, ses doutes et sa révolte dans son roman. Tous ces sentiments très forts vont faire de La Dame du Manoir de Wildfell Hall un roman qui se distingue de ceux son époque, choquant profondément l'opinion publique. Tout en étant un immense succès, il va également déstabiliser ses lecteurs et son entourage. Avec ses scènes choquantes, que ce soit la violence physique et mentale ou la débauche, le lectorat n'était pas tout à fait prêt à une œuvre qui montrait la rébellion d'une femme. Pas le droit de divorcer à cette époque, tout appartenait au mari, et pourtant Helen Graham va défier les conventions. Pensez donc, ce livre a tellement défrayé la chronique que la propre sœur d'Anne, Charlotte Brontë, va empêcher une réimpression de ce livre après la mort d'Anne, sous prétexte que le sujet de La Dame du Manoir de Wildfell Hall était une erreur !
Vraiment dur, prenant aux tripes, ce roman d'Anne Brontë est vraiment une perle et mériterait d'être lu et connu davantage. Souvent éclipsé par Jane Eyre ou Les Hauts de Hurlevent, La Dame du Manoir de Wildfell Hall est tout aussi grandiose, puissant et vibrant. On y reconnaît parfaitement la plume de la fratrie Brontë, inimitable et bouleversant ! Il est dépeint ici un univers vraiment différent, vraiment unique. On comprend mieux la vie victorienne et particulièrement celle de la femme, qui apporte une autre pierre à notre édifice concernant les auteures anglaises. Décidément, que ce soit avec les sœurs Brontë, Jane Austen, Elizabeth Gaskell et bien d'autres, on n'a pas fini de découvrir cet univers !
Pour finir, quelques mots d'Anne Brontë :
« Lorsqu'il faut en venir au vice et aux tempéraments vicieux, je maintiens que le mieux est de les dépeindre tels qu'ils sont réellement, plutôt que de la façon dont ils voudraient apparaître. Représenter une mauvaise chose dans sa lumière la moins offensante est sans doute le cours le plus agréable à suivre pour un auteur de fiction, mais est-il le plus honnête ou le plus sûr ? »
« Je suis convaincue que lorsqu'un livre est bon, il l'est quel que ce soit le sexe de son auteur. Tous les romans sont ou devraient être écrits pour les hommes comme pour les femmes. »
 
 
 
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15/09/2013

De grandes espérances, de Charles Dickens

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De grandes espérances

 

Charles Dickens




Pip est un jeune garçon rêveur et sensible. Élevé par une sœur revêche et un beau-frère d'une nature excellente mais tenu sous la coupe de cette maîtresse femme, il aime à traîner au cimetière où sont enterrés ses parents.
Enfant, avant même qu'un héritage inattendu éveille en lui "de grandes espérances", il voit le monde à travers le filtre étrange de son imagination qui frise parfois le surnaturel et le prédispose à la rencontre avec deux êtres qui vont transformer sa vie : un forçat évadé, figure qui reparaîtra de manière récurrente, et Miss Havisham, vieille folle qui n'a de cesse, pour venger sa jeunesse bafouée, d'exhorter Estella à briser le cœur de toute la gent masculine. C'est chez elle, dans une demeure au temps assassiné, qu'il fera l'apprentissage des bassesses de la nature humaine.



Je poursuis ma découverte de Charles Dickens avec De grandes espérances, un titre que j'avais envie de découvrir depuis très longtemps.
Pip est élevé par sa sœur revêche et par son beau-frère, d'une excellente nature mais bridé par sa femme. Au cours de sa jeune vie, il va rencontrer des personnes qui vont transformer sa vie : un forçat évadé, Miss Havisham (figée dans le temps depuis que son fiancé l'a abandonné devant l'autel) et Estella, une beauté élevée par Miss Havisham dans le but de briser le cœur des hommes. Pip espère s'élever, sortir de sa condition. Une occasion qui arrive un jour lorsqu'un mystérieux bienfaiteur lui offre la possibilité de devenir un gentleman.
Le voilà donc parti à Londres pour parfaire son éducation. Pip a beau avoir toutes les meilleures intentions du monde, sa volonté de devenir un parfait gentleman heurte des obstacles, que ce soit à cause des personnes qu'il rencontre ou qu'il ne suive pas les conseils de ses amis, mais aussi à cause de sa volonté de profiter de sa richesse fraichement acquise sans se soucier du lendemain. Pour réussir, il ne suffit pas simplement d'avoir des moyens, mais aussi de travailler et de persévérer. Les espérances vont laisser place à des déceptions dans certains cas, mais c'est de cette manière que le jeune homme va apprendre à devenir un homme véritablement bon, qui prend conscience de ses erreurs et de sa vanité. Sa famille n'est peut-être pas au sommet de la « société », mais le caractère de certains de ses membres vaut toute la fortune du monde, ce que Pip apprendra à ses dépens. L'argent ne mène nullement à la bonté, le statut social est une valeur illusoire et sans intérêt si on ne conduit pas en gentleman vis-à-vis de son entourage.
Dans De Grandes Espérances, Dickens aborde tout un éventail de thèmes, plus riches les uns que les autres. Il y a l'espoir, tant celui de Pip qui espère s'arracher à sa condition première que, par exemple, Miss Havisham qui espère se venger de la gent masculine ; il y a les illusions sociales, où rien n'est jamais comme on le pense au départ ; mais surtout le thème de l'argent, où on est heureux ou malheureux que ce soit avec ou sans. Ensuite, Dickens introduit la notion de gentleman. A partir de quel moment est-on un gentleman ? L'argent aide-t-il à atteindre cette condition ?
De grandes espérances présentent en outre un grand nombre de personnages, qu'il faut bien avoir en mémoire pour pouvoir suivre le récit. Les personnes secondaires sont tous essentiels à l'intrigue et très bien décrits (je n'en attendais pas moins de Dickens !), mais ce sont bien sûr les personnages principaux qui font tout le sel du récit. Je connaissais déjà Miss Havisham de réputation, mais surtout grâce à la série Thursday Next, où Jasper Fforde avait introduit ce personnage pour le moins charismatique et intéressant. Tout comme pour Jane Eyre, c'est Jasper Fforde qui m'a donnée envie de me plonger dans ce classique de la littérature qu'est De grandes espérances. Ensuite, Estella, la beauté au cœur de glace, suit une évolution lente mais importante, avec son incapacité à aimer et son dédain des hommes. Pour ce qui est de Pip, j'ai eu beau m'attacher à lui, ça n'a pas été facile tant j'ai souvent eu de le secouer pour l'obliger à regarder la vérité en face. Il s'obstine dans son mode de conduite, n'est pratiquement jamais satisfait de son sort et oublie souvent la bonté de ses amis. Un personnage intéressant, mais qui ne m'a pas non plus particulièrement marqué.

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J'ai été très contente de me remettre enfin aux classiques anglais, et notamment à Dickens. J'ai lu/feuilletée/étudiée certaines de ses œuvres pendant mes études, mais c'est tout récemment que je m'y suis plongée sérieusement avec ma lecture de La Petite Dorrit. Je le dis tout de suite, je l'ai préféré à De grandes espérances. Mais ce n'est pas pour ça que je n'ai pas apprécié cette lecture ! C'est un roman passionnant, où j'ai été emportée, et dont je ne regrette pas la découverte. Au contraire, comment ai-je pu passer à côté depuis aussi longtemps ? Mais c'est peut-être maintenant que je le savoure mieux !
 
 
 
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12/08/2013

Les amoureux de Sylvia, d'Elizabeth Gaskell

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Les amoureux de Sylvia

 

Elizabeth Gaskell




1796. La guerre contre la France révolutionnaire fait rage et ses répercussions ébranlent les provinces anglaises les plus lointaines. Le petit port baleinier de Monkshaven (Yorkshire) paie un lourd tribut en hommes valides, que les sergents recruteurs, haïs par la population, kidnappent de force pour servir le Roi.
L'héroïne, Sylvia Robson, seize ans, fille unique de fermiers locaux, est une jolie sauvageonne, follement aimée par son terne cousin, Philip Hepburn. Arrive un harponneur audacieux et généreux, qui tombe amoureux d'elle et chavire son cœur. Hélas, les recruteurs vont bouleverser ces vies... Le caractère de Sylvia, fait pour l'insouciance et la légèreté, se trempe et prend une envergure dont personne ne l'aurait cru capable.
Dans ce grand roman victorien, Elizabeth Gaskell montre les passions à l'œuvre chez des gens ordinaires, et décline sur plusieurs tons le thème de l'amour frustré. Plongés dans une tourmente qui les dépasse, les personnages sont livrés à la violence de leurs sentiments, qui fait écho à celle de l'Histoire.



Après ma découverte et mon immense coup de cœur pour Nord et Sud, je me suis plongée avec intérêt dans la suite de la biographie d'Elizabeth Gaskell.
En 1796. La guerre fait rage, notamment entre la France et l'Angleterre. Les provinces les plus éloignées d'Angleterre sont également touchées, notamment à travers la présence des sergents recruteurs, kidnappant de force tous les hommes en condition pour servir le Roi.
Sylvia Robson est au départ une jeune fille peu touchée par ces événements. Elle est plus attirée par sa vie quotidienne ou par le fait de se choisir un manteau neuf. Mais très vite, elle va se retrouver au cœur de la tourmente, notamment à cause des histoires de son père, des décès occasionnés par la guerre ou disparitions à cause des recruteurs, mais surtout par son attirance envers Charley Kinraid, un baleinier. Une rencontre qui la changera pour longtemps !
Dès le début, Elizabeth Gaskell montre que son plus grand talent est d'écrire une histoire intéressante avec un contexte politique fort, discret mais bien présent. Mais surtout de décrire toute une vie, dans des décors magnifique, avec des personnages vraiment très nuancés et incroyablement intéressants.
Comme l'annonce le titre, Les Amoureux de Sylvia tournent beaucoup de Sylvia et de ses amours. Elle est très vite attirée par Charley Kinraid, d'abord une admiration de jeune fille pour un marin courageux, avant de se muer en sentiments plus tendres. De son côté, le baleinier semble également attiré par la jeune fille, mais est-il vraiment quelqu'un à qui on peut se fier ? Ces sentiments sont bien vus par son père, ancien marin, tandis que sa mère préférerait que sa fille épouse son cousin Philip, qui se meurt d'amour pour Sylvia. Que de romances contrariées !
Car si j'avais peur au début que ces histoires d'amour ne prennent trop de place, au contraire ! Une fois immergée dans le livre, on est autant interpellés par ces questions que par la vie plus quotidienne de Sylvia et par le contexte social de cette époque mouvementée. Car contrairement à Jane Austen, Elizabeth Gaskell, comme dans Nord et Sud, ne se contente pas de montrer un bel homme en uniforme qui fait craquer toutes les filles et une guerre vraiment très peu esquissée. Non, elle décrit avec habileté et beaucoup de profondeur tous les ravages de la guerre, les séparations, le deuil, l'horreur... Elizabeth Gaskell montre comment les personnes ordinaires pouvaient vivre en ce temps, cette guerre a touchée tout le monde et à différents degrés.
Je pense que si je n'avais pas autant aimé Nord et Sud, j'aurais eu davantage de mal à rentrer dans Les amoureux de Sylvia. La première centaine de pages demande une certaine adaptation avant de rentrer vraiment dans le récit. Même si ce n'est pas, au final, un coup de cœur, c'est quand même un roman qui m'a marquée et que je relirai avec plaisir. Si j'ai aimé, c'est parce qu'Elizabeth Gaskell reprend des éléments qui m'avait fait aimer Nord et Sud : l'amour contrarié, vraiment très différent ici et beaucoup plus sombre, un contexte politique dur et intéressant, mais surtout une histoire mouvementée et pleine de rebondissement. Les différents personnages sont également tous charismatiques, j'ai pris plaisir à suivre leur évolution. Notamment Sylvia, qui passe d'une gentille fille un peu écervelée à une jeune femme dure, presque brisée, mais capable d'aimer et de haïr passionnément, plus que ce que je ne l'en croyais capable au début ! Ensuite, Philip m'agaçait pas mal au début. Bon, il n'a pas la carrure d'un Mr Thornton, mais je dois avouer l'avoir apprécié de plus en plus au fil du roman. Mais tous évoluent, tous changent, tous sont différents les uns des autres, et tous sont intéressants !
Elizabeth Gaskell a une écriture et une plume que j'apprécie décidément de plus en plus, au fur et à mesure que je découvre ou relis ses romans. Elle se classe parmi mes auteurs classiques préférés, aux côtés de Jane Austen, les sœurs Brontë, Margaret Mitchell...
A lire !
 
 
 
 
 
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01/08/2013

La bienfaitrice, d'Elizabeth Von Arnim

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La bienfaitrice

 

Elizabeth Von Arnim




Anna Estcourt, vingt-cinq ans, emménage dans une petite propriété du Nord de l'Allemagne dont elle hérite à la mort de son oncle. Jolie, intelligente mais sans fortune, elle a grandi jusque-là avec son frère, sous la coupe de la femme de celui-ci, Susie.
Désormais en possession d'un revenu confortable, elle contrevient aux convenances de l'époque en ne se mariant pas, afin de conserver son indépendance. Mieux, elle propose généreusement un toit aux dames en détresse de sa nouvelle contrée, afin que celles-ci puissent faire de même - altruisme dont elle ne tardera pas à peser les inconvénients...



Mon envie de découvrir des classiques m'a permis de faire la connaissance d'Elizabeth von Arnim et son roman La Bienfaitrice.
Anna Estcourt est une jeune femme de vingt-cinq ans, très jolie mais démunie, et de ce fait, vivant avec son frère et sa femme, Susie. Ne possédant pas de fortune personnelle, elle est obligée de se conformer aux usages de sa belle-sœur et de la société.
Jusqu'au jour où son oncle lui lègue à sa mort une propriété au Nord de l'Allemagne, qui va lui apporter des revenus confortables. Anna va pouvoir ainsi conquérir son indépendance, lui permettant de vivre la vie qu'elle a toujours voulue. Avoir son indépendance propre sans dépendre d'un mari, et surtout mettre sa nouvelle maison au service de dames en détresses, leur apportant un toit et de la chaleur.
La Bienfaitrice est un de ces classiques dont je ne regrette absolument pas la découverte et la lecture !la bienfaitrice,elizabeth von arnim,classique Surtout que dans l'édition du livre que j'ai achetée, on a droit à une préface retraçant la vie d'Elizabeth von Arnim, qui a eu une vie pour le moins fascinante et, surtout, peu conventionnelle. On peut notamment découvrir qu'elle a été la maitresse de H.G Wells, elle a été mariée deux fois, dont un divorce. Elle était une femme très intelligente, cultivée, et qui semblait bien décidée à ne pas respecter certaines conventions de son temps, qui déteint sur son héroïne Anna Estcourt.
Un roman qui n'est pas sans rappeler certaines auteures de la même époque, comme Elizabeth Gaskell, Jane Austen, ou les sœurs Brontë... Elles ont en commun d'avoir une vie intéressante, même si parfois un peu « recluse » et qui ont permis l'écriture de romans très forts, qui continuent d'exister à notre époque. Des romans intenses, inoubliables, avec comme thème l'indépendance, le féminisme, la place de la femme dans la société, et surtout des personnages tous très habilement décrits, avec une psychologie développés, ainsi qu'avec une ironie présente en filigrane tout au long de l'intrigue. Elizabeth von Arnim a une plume captivante, qui emporte dans les événements décrits.
Elizabeth von Arnim prend un grand plaisir à décrire ses personnages, et nous avec. Anna Estcourt est parfois naïve, mais toujours combattive et intéressante. La belle-sœur, Susie, est particulièrement horripilante et crispante, elle souhaite passer pour généreuse, alors qu'elle n'est qu'égoïsme. Et Alex Lohm est un personnage que j'aurais aimé voir plus présent, car c'est un de mes préférés, vraiment très charismatique, un grand gentleman. Un autre personnage, Klutz, m'intéressant avant de commencer La Bienfaitrice, car on m'avait dit qu'il ressemblait beaucoup à Collins dans Orgueil et Préjugés. C'est vrai qu'il peut y avoir une petite ressemblance, particulièrement dans certaines scène où il se rend assez ridicules et m'ont beaucoup fait rire !
Un portrait de la gente féminine très nuancé, très amer, qui pousse à réfléchir. Heureusement que les mentalités ont (un peu) évoluées ! Les femmes n'ont pas d'autres choix que de se marier et d'obéir à son mari, et un comportement « déviant » est très mal vus, que ce soit par une volonté d'indépendance ou par un caprice du destin.
Une écriture addictive, pour une histoire passionnante et des personnages très bien campés, je dois dire qu'Elizabeth von Arnim est une vraie révélation, j'ai adorée La Bienfaitrice, et je dois dire que maintenant, j'ai vraiment envie de découvrir l'intégralité de ses œuvres ! N'hésitez surtout pas à découvrir ce roman, plus que passionnant.
Une description ironique de la société, des mentalités différentes qui se heurtent, des drames, des sentiments, La Bienfaitrice ait un excellent moment de lecture !
 
 
 
 
 
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25/07/2013

Villette, de Charlotte Brontë

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Villette

 

Charlotte Brontë




Lucy Snowe, 14 ans, a développé une profonde affection pour le jeune Graham Bretton, fils de sa marraine. Leur attachement est mutuel, mais le père de Graham vient bientôt récupérer son fils...
Peu de temps après leurs adieux, Lucy doit quitter la maison. Après quelques hésitations, elle est engagée comme aide par Miss Marchmont, une dame handicapée. À la mort de celle-ci, pleine d'attentes et d'espoirs, Lucy prend un navire pour le royaume de Labassecour et sa capitale, Villette, où elle est employée comme institutrice à l'internat pour jeunes filles de Mme Beck.
Dans cette école, un certain Dr John rend souvent visite à la coquette Ginevra, dont il est amoureux. Mais on apprend que le Dr John n'est autre que Graham Bretton. Bientôt, Lucy et lui renouent...



Après lu Jane Eyre, je me suis intéressée aux autres œuvres de Charlotte Brontë.
Villette raconte l'histoire de Lucy Snow, une jeune femme origine d'Angleterre. Après sa vie chez sa marraine et la garde d'une vieille dame malade, elle décide d'aller tenter sa chance à Villette pour devenir professeur.
Villette est un roman très dense, avec une intrigue pour le moins captivante, mais c'est surtout un portrait de la société et des personnages vraiment très travaillés et acérés. Charlotte Brontë décrit avec précision les différentes sociétés qui se croisent à Villette, qu'elles soient de haute ou de moyenne condition, avec un jugement très sévère sur les jeunes femmes de bonne famille, qui n'attendent qu'un mari et sans le moindre souhait d'acquérir davantage d'éducation. La condition féminine, les choix et les métiers qui s'offrent à elle... Tout cela, Charlotte Brontë le décrit avec bio !
J'ai apprécié ce roman pour la touche encore plus personnelle que Charlotte Brontë lui a donné. L'auteur a, en effet, vécu un certain temps à Bruxelles, dans un pensionnat. D'abord étudiante, puis en tant que maîtresse d'anglais, son but était de parfaire ses connaissances et, à terme, de pouvoir créer son propre pensionnat de jeunes filles. Là-bas, elle a connu une grande passion avec un de ses professeurs, malheureusement marié. Cet amour secret aura de grandes répercussions sur la vie de Charlotte...
Villette est vraiment une excellente surprise, pour moi qui avait peur d'être déçue après l'immense coup de cœur qu'avait été Jane Eyre. Mais pour ne pas vous mentir, j'ai quand même toujours une préférence pour Jane Eyre ! En effet, je n'ai pas dévorée Villette d'un trait, sans jamais le lâcher. Il y a parfois des temps morts, des passages un peu moins « maitrisés » dans l'écriture... Mais je ne vois que ça, si je devais vraiment trouver des défauts à ce roman !
Les personnages sont la clé de voûte du récit. Lucy Snow est une jeune femme que j'ai trouvée à la fois ressemblante et différente de Jane Eyre. Elle a assez de cran pour partir dans un endroit inconnu, pour exercer un nouveau métier, avec des gens qu'elle ne connait pas. Mais en même temps, elle a une fragilité à fleur de peau, une faiblesse qui ne sera pas la même que pour Jane Eyre, ou peut-être plus visible et moins bien maîtrisée, tenue. Ensuite, Mr Paul Emmanuel est un professeur à la pension, qui va devenir l'un des amis de Lucy. Très différent de Rochester, il n'a pas le même charisme et la même prestance. C'est un petit personnage plus caricatural, mais dont les colères, parfois assez ridicules, m'ont beaucoup fait rire ! Ses dialogues et ses interactions m'ont interpellé, et les scènes où il apparait ne sont jamais ennuyeuses. Ce sont les personnages les plus marquants du récit, avec Mme Beck, la responsable de la pension, une femme à la fois antipathique et intéressante.
Par contre, pour avoir votre avis, il faut me pardonner, mais je vais faire un très gros SPOILER ! Alors, attention, ne lisez pas ce passage si vous ne voulez pas savoir la fin ! L'amour entre Lucy et Mr Paul Emmanuel va se développer peu à peu au cours du roman. Mais seulement voilà, à la fin de Villette, le professeur est parti aux Antilles et revient en bateau, qui coule... Alors est-il mort, ou est-il revenu pour épouser Lucy Snow ? Il y a débat sur cette question, et Charlotte Brontë a laissé cette fin volontairement vague, je pense. FIN DU SPOILER !
Donc, pour conclure, je dirais que Villette n'est pas le roman, classique ou de Charlotte Brontë, que je préfère, mais qui reste incontestablement un livre à lire absolument !




Les gens sensés disent que c'est une folie
que de croire que quelqu'un puisse être parfait ;
quant à aimer ou ne pas aimer, nous devons
être aimables envers tout le monde et n'adorer personne.

 

 

 

 

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