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03/06/2013

Nord et Sud, d'Elizabeth Gaskell

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Nord et Sud

 

Elizabeth Gaskell

Coup de cœur


C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre.
Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l’Église et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du Nord.
Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton.



nord et sud,elizabeth gaskell,classique,coup de cœurJe découvre Elizabeth Gaskell avec un de ses romans les plus connus : Nord et Sud. Je n'ai pas été déçue du voyage !
Richard Hale est un pasteur, dans la paroisse d'Helstone. Pour des raisons morales et des doutes, il décide de quitter l'église et sa fonction. Cette décision va avoir des répercussions sur sa famille, notamment le fait d'aller vivre à Milton, une ville industrielle, mais aussi d'entraîner une perte de statut social, l'incompréhension de sa femme et, pour Margaret Hale, de devoir prendre plus en charge sa famille et surtout de s'habituer à une société et à un mode de vie très différent.
Margaret est le pilier de sa famille, qui a une part active dans les décisions et dans les confidences. Sérieuse, intelligente, elle murit davantage à Milton, une ville qui lui fait entrevoir des pensées et des vies différentes de tout ce qu'elle pouvait voir dans le Sud. D'une beauté qui ne répond pas aux canons de son temps, elle semble froide et méprisante pour ceux qui n'arrivent pas à passer outre sa réserve. Elle est fière, n'hésite pas à dire franchement son avis, et d'une très grande honnêteté, mais elle arrive à voir malgré tout au-dessus de ses préjugés. Une femme forte et intéressante, je l'ai apprécié dès le début !
L'autre personnage principal est, bien sûr, Mr John Thornton. C'est le patron des filatures de Malborough Mills, un homme comparé par certains à un bouledogue : il ne lâche jamais rien, ne se laisse pas détourner facilement. Après la ruine de son père, il a dû s'occuper de sa famille, ce qui m'a obligé à devenir le plus fort pour gagner, à être dur, tenace. Malgré la situation tendue entre ouvriers et patrons, il est respecté malgré tout, car il est honnête.
Les débuts de Margaret à Milton sont durs. Elle doit s'habituer à la vie différente d'Helstone, mais aussi à la misère et aux épreuves des ouvriers. Elle rencontre Thornton alors qu'il est l'élève de son père, devenu précepteur. Ils vont avoir des relations conflictuelles, elle le voit comme un homme dur et froid, tandis que lui, va la voir orgueilleuse et réservé. Mais Thornton, peu à peu, va apprécier et aimer Margaret davantage au fil de leur rencontre.
Nord et Sud, c'est le choc entre deux visions de l'Angleterre, entre le Sud rural et paisible, et le Nord, industriel et ardent. Margaret prend conscience d'une nouvelle forme de vie, elle s'implique dans le monde de l'industrie, en vivant avec les grèves, avec les amis qu'elle se fait parmi les ouvriers, avec les rapports qu'ils ont avec leurs patrons, et notamment John Thornton.
Comment j'en suis arrivé à lire ce roman d'Elizabeth Gaskell ? Un mélange de de choses. L'envienord et sud,elizabeth gaskell,classique,coup de cœur de lire davantage de classiques, mais aussi le fait que j'entende beaucoup de personnes le comparer à Orgueil et Préjugés, et enfin que la BBC l'ait adapté en mini-série (comment ça, y a Richard Armitage ? Non, non, ça ne joue absolument pas !). Je me suis plongée dans Nord et Sud avec une grande curiosité, pour en ressortir transportée ! Ce n'est pas un copier-coller d'Orgueil et Préjugés, ce qui pourrait s'en rapprocher est l'histoire d'amour tumultueuse et des personnages souvent séparés par les préjugés. Elizabeth Gaskell campe, à la différence de Jane Austen, son intrigue dans un contexte différent, dans le milieu de la classe ouvrière, décrit un monde plus large sans se cantonner seulement à un petit groupe ou à une famille.
Nord et Sud n'est pas qu'une histoire d'amour contrarié. A travers ce roman, on assiste à la bataille entre ouvriers et patrons, les revendications des travailleurs, tout un panel d'émotions au milieu de cette époque de l'Angleterre et de ce milieu que je ne connaissais pas très bien. Une histoire très bien amenée, avec des thèmes intéressants (le syndicalisme, la place des femmes, l'éducation), tout cela soutenus par des personnages avec une psychologie et une présence époustouflante ! Tous les personnages sont intéressants, bien développés, mais j'avoue être intéressée davantage par Margaret Hale et John Thornton, et pas seulement pour leur histoire d'amour. Ces deux personnages sont très différents l'un de l'autre. Mr Thornton oscille entre l'amour et la colère, il décrit ses sentiments de façon très touchante, ce qui permet de mieux comprendre ce qu'il ressent, comment il en est arrivé là... Je me demandais si j'allais vraiment apprécier ce personnage, mais j'ai été finalement conquise, il est loin de l'image de petit patron injuste que j'imaginais ! Bref, il vient de rejoindre mon Top 10 d'hommes parfaits ! Quant à Margaret, j'ai pris plaisir à la voir évoluer dans ce nouveau monde, à tisser des liens avec notamment Nicholas Higgins et sa fille, mais aussi d'apprendre à connaitre Thornton, de s'impliquer dans les points de vue des grévistes, de connaître ce fossé entre ouvriers et patrons. On sait assez rapidement ce que Mr Thornton éprouve pour Margaret, tandis que de son côté les sentiments naissent peu à peu, lentement, et avant qu'elle ne s'en rende compte, elle découvre que l'avis de John Thornton compte pour elle.
Très profond, très bien écrit, intense, Nord et Sud est un immense coup de cœur, un véritable bijou ! Je pense que ça se voit que j'ai adorée ce roman, je ne peux que vous le conseiller vivement, c'est une excellent découverte ! Je pense maintenant m'intéresser de plus près aux autres œuvres d'Elizabeth Gaskell, une écrivaine que je vais commencer à suivre de très près avec grand plaisir.

 

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- Encore un mot. Vous paraissez vous croire souillée par l'amour que je vous porte. Vous ne pouvez y échapper. D'ailleurs, même si je le voulais, je ne pourrais vous en laver. Mais je ne le voudrais pas, même si je le pouvais. Jamais encore je n'ai aimé une femme : ma vie a été trop remplie, mes pensées trop absorbées ailleurs. Maintenant j'aime et je veux continuer à aimer. Mais ne craignez pas que j'exprime trop cet amour.



Comment se faisait-il que cet homme hantât
son imagination avec une telle persistance ?
Qu'est-ce que cela pouvait vouloir dire ? 
Pourquoi, en dépit de toute sa fierté, en dépit d'elle-même,
se souciait-elle de son opinion ?



Ce sont les premiers changements parmi les objets familiers
qui font paraître le temps si mystérieux aux yeux de la jeunesse ;
plus tard, nous perdons le sens du mystère.
 
 
 
 
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19/05/2013

Mansfield Park, de Jane Austen

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Mansfield Park

 

Jane Austen



Fanny Price est issue d'une famille pauvre qu'elle quitte à l'âge de dix ans pour vivre avec son oncle etmansfield park,jane austen,classique sa tante, Sir Thomas et Lady Bertram, à Mansfield Park. Sir Thomas désire en effet aider Mrs. Price, la mère de Fanny et la sœur de Lady Bertram, en prenant en charge l'éducation de Fanny.
Celle-ci est donc élevée avec ses cousins, légèrement plus âgés qu'elle, Tom, Edmund, Maria et Julia, mais il lui est presque constamment rappelé qu'elle leur est inférieure. Seul Edmund fait preuve de gentillesse à son égard ; Maria et Julia la méprisent, Tom ne lui prête pas attention.
Fanny maintient une correspondance régulière avec son frère William, officier de la Royal Navy. Elle acquiert en grandissant, notamment au contact d'Edmond, un sens moral qui lui sert de guide pour toute chose. La gratitude et l'affection qu'elle éprouve à l'égard de son cousin se transforment au fil des ans en un amour qu'elle garde secret.
Les jours passent calmement à Mansfield Park, jusqu'au jour où Lord Bertram part aux Caraïbes et que de nouveaux jeunes gens font leur arrivée dans les environs : Mr. et Miss Crawford, frère et sœur de la femme du nouveau pasteur. Leur arrivée bouleverse la vie austère de Mansfield Park, sous les yeux de Fanny...



Paru en 1817, Mansfield Park est l'un des romans de Jane Austen où j'ai eu le plus de difficulté à rentrer.
Il se déroule sur une dizaine d'années, où Jane Austen s'applique à décrire l'évolution de Fanny, l'héroïne, depuis ses 10 ans. Fanny Price est issu d'une famille peu aisée, sa mère ayant préféré faire un mariage d'amour plutôt que de raison. A l'âge de 10 ans, Fanny est invitée à aller vivre à Mansfield Park, chez les Bertram, aux côtés de ses cousins Thomas, Edmund, Maria et Julia. Elevée parmi eux, certains membres de la famille ne se privent pas de lui faire remarquer sa condition « inférieure » et son manque de relations ou d'argent. Ses cousines Maria et Julia la méprisent tandis que Thomas l'ignore. Seul son cousin Edmund est son ami et son confident. La vie de Fanny se retrouve bouleversée à l'arrivée de Mr et Miss Crawford, pour laquelle Edmund s'éprend.
J'ai eu plus de mal à rentrer dans Mansfield Park que dans les autres romans de Jane Austen. Bon, après Orgueil et Préjugés, mon préféré par-dessus tout, il m'est parfois difficile d'être dans un autre de ses romans aussitôt. Mais souvent, cette petite barrière s'effondre dès le début ! Dans le cas de Mansfield Park, Jane Austen plante un début assez lent, en détaillant personnages et décors. Mais cette lenteur est un atout, elle permet de connaître très intimement Fanny dès le début, surtout lorsqu'on l'a connu toute jeune. En outre, j'ai été assez perplexe vis-à-vis de Fanny. C'est une héroïne austenienne, non plus fade que les autres – au contraire ! – mais plus réservée et plus effacée. Elle est plus calme, plus discrète que certaines des autres héroïnes de Jane Austen, mais a tout autant de force, d'ironie, et un regard très acéré sur le monde et les personnes qui l'entourent. Après un début un peu difficile à ses côtés, j'ai été absolument conquise !
Comme toujours, Jane Austen dépeint avec une grande précision une époque et des lieux intéressants, mais surtout toute une galerie de personnages, avec le strict mais juste Sir Bertram, avec sa femme plutôt amorphe, Mrs Norris qui ne perd pas une occasion de lancer une critique acerbe, Mary Crawford qui méprise Edward parce qu'il est destiné à une carrière de pasteur tout en jouant avec lui, Edward, juste, soucieux des autres, mais curieusement aveugle à certains moments (tu vois pas qu'il faut arrêter de t'accrocher à Mary ?), et surtout la douce Fanny, bonne et qui sait se rend indispensable à sa famille tout en oubliant son bien-être (c'est pas compliqué de mettre un peu de feu dans la pièce qu'elle utilise !).
Le domaine de Mansfield Park fait partie intégrante du roman. Toute l'action s'y trouve, excepté un moment pour revenir histoire de quelques lignes à Portsmouth, ville om réside la famille de Fanny. Que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du domaine, Fanny et sa famille vont évoluer, dans le cadre assez réduit du quotidien d'une famille bourgeoise.
Evidemment, on pourrait reprocher aux romans de Jane Austen d'avoir beaucoup de ressembles, une trame de fond semblable. Description d'un groupe réduit, le plus souvent dans un seul lieu, avec beaucoup de jeunes gens en âge de se marier, l'amour contrarié... Mais ce serait pinailler ! C'est là le grand talent de Jane Austen : prendre des détails similaires pour en faire une œuvre époustouflante. On sait toujours plus ou moins qu'on va en arriver à tel ou tel résultat, mais le chemin que les personnages empruntent est à chaque fois différent, avec toujours des surprises, des revirements de situation... A chaque fois un régal pour les yeux !
On retrouve dans Mansfield Park la pluma talentueuse de Jane Austen, ses descriptions acérées, son humour, sa vision personnelle de l'époque et des gens qui la compose. Bref, un livre à lire absolument !
 
 
 
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03/05/2013

Tess d'Urberville, de Thomas Hardy

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Tess d'Urberville

Thomas Hardy

 
Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d'Urberville, un de ses jeunes maîtres. L'enfant qu'elle met au monde meurt en naissant.
Dans la puritaine société anglaise de la fin du XIXe siècle, c'est là une faute irrémissible, que la jeune fille aura le tort de ne pas vouloir dissimuler.
Dès lors, son destin est une descente aux enfers de la honte et de la déchéance.

 

Je me remets à jour dans les classiques avec la lecture de Tess d'Urberville.
Publié en 1891, il a d'abord été censuré pour les remises en cause de Thomas Hardy des mœurs sexuelles de l'époque.
Tess est une jeune paysanne, apparentée aux d'Urberville, et chez qui elle est placée récemment. Dans la famille d'Urberville, il y a Alec, qui va poursuivre la jeune femme de ses assiduités, et donc la conséquence pour Tess sera d'avoir un enfant... Le bébé mourra quelques temps après l'accouchement, mais c'est un coup terrible pour la jeune fille, la société réprouve sa conduite, c'est une faute que Tess n'a pas dissimulé. La jeune fille, rejetée, décide de partir pour supporter son fardeau dans un endroit où personne ne la connait. Tess rencontrera un jeune homme, mais est-il possible qu'elle trouve le bonheur, que la tragédie s'évanouisse pour laisser place à la joie ?
Tess d'Urberville était depuis un bon moment dans mes projets de lecture, et je me suis finalement décidée à combler ma lacune en l'empruntant à la médiathèque. Je ne regrette absolument pas cette lecture, Thomas Hardy rejoint le club des écrivains anglais qui me font rêver et me transporte dans un autre monde, aux côtés de Jane Austen, des sœurs Brontë, de Dickens... Tess d'Urberville était ma première excursion dans le monde de cet auteur, mais pas la dernière!
Le point fort de Thomas Hardy dans ce récit est la justesse de ses descriptions. J'ai eu l'impression de me promener dans son livre, de pouvoir contempler les différents paysages, et surtout de connaitre les personnages, Tess en tête. C'est une jeune fille bonne, elle accepte tout ce qui lui arrive et arrive à surmonter ses épreuves tout en étant perpétuellement rattrapé par son passé ou par le malheur, sans que le bonheur qui lui arrive ne dure bien longtemps... Alec fait partie de ces individus détestables, que j'ai pris grand plaisir à détester, la tentation, celui qui a souillé Tess et lui a enlevé tout espoir de vivre une vie honorable, qu'elle aurait choisie. Mais les parents de Tess sont également au premier plan pour ce qui est des personnages que je déteste ! Ce sont eux les premiers qui ont jeté la jeune fille dans la gueule du loup en espérant un mariage avantageux ou une reconnaissance de la famille d'Urberville.
Thomas Hardy décrit avec justesse le petit peuple, les bourgeois, les différentes castes de l'époque, la morale et les codes qui imprègnent cette société, les inégalités entre les hommes et les femmes. Tess d'Urberville fait partie de ces récits poignants, durs, dont il est difficile de se détacher, et duquel je suis ressortie avec les larmes aux yeux ! Dur, sans concession, Thomas Hardy a frappé fort avec Tess, c'est une lecture vraiment bouleversante, sans espoir, mais aussi avec une grande beauté, illuminée par la dignité de Tess, une des plus grandes dames du récit malgré le « milieu » où elle est née.
Une lecture inoubliable ! Si vous ne connaissez pas encore, n'hésitez surtout pas !
 
 
 
 
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22/04/2013

La Petite Dorrit, de Charles Dickens

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La Petite Dorrit

Charles Dickens

 
La petite Dorrit a vu le jour dans une prison où son père est enfermé, avec toute sa famille, après avoir fait faillite. La petite Dorrit se dévoue pour les siens, notamment en travaillant pour Mme Clennam. C'est chez cette femme étrange qu'elle rencontrera Arthur...
Mais des biens ignorés vont rendre les Dorrit subitement très riches. La petite Dorrit saura-t-elle garder sa modestie et son humilité ? La vie sera-t-elle devenue si belle ?

 

Je me réattaque aux classiques, notamment avec le grand maître Charles Dickens. Après un passage sur le blog de Perséphone (la tentatrice !), j'ai appris que la BBC avait adapté La Petite Dorrit en une série de 14 épisodes. Avant de commencer la série, je voulais d'abord découvrir le roman.
Mais, à ma grande surprise, en essayant de trouver ce livre, je me suis aperçue que La Petite Dorrit avait été publié seulement en version abrégée pour les enfants et en version originale à la Pléiade. Autant dire qu'on ne le trouve pas à tous les coins de rues... Heureusement, je l'ai quand même trouvé à la médiathèque (ouf !), en espérant que La Petite Dorrit soit un jour accessible plus facilement (si un éditeur passe par là, s'il vous plaiiit !), surtout si la série de la BBC se fait connaître et diffuser en France, cela pourrait booster les ventes !
La Petite Dorrit est le onzième roman de Dickens, et publié d'abord sous la formes de feuilletons entre 1855 et 1857. Œuvre satyrique et politique, Dickens y dénonce les méthodes des prisons pour dettes, les conditions de travail, la bureaucratie et la politique.
Arthur Clennam revient d'un séjour de 20 ans en Chine où il habitait avec son père, pour se rendre chez sa mère à Londres. C'est la mort de son père qui pousse Arthur à essayer de se rapprocher de sa mère, qui refuse d'expliquer les raisons de sa brouille avec son mari. Leurs divergences d'opinions vont faire s'éloigner encore davantage ces deux personnages.
A Londres, dans la prison de la Marshalsea, William Dorrit est emprisonné pour dettes depuis si longtemps que ses trois enfants ont grandies dans la prison. Amy, surnommée la Petite Dorrit, est le pilier centrale de sa famille, très attachée à son père, qui lui doit sa subsistance, notamment grâce aux travaux de couturière d'Amy chez Mme Clennam, c'est là que ces deux personnages se rencontrèrent. Arthur va rapidement découvrir où la Petite Dorrit vit, et essaye de mettre un terme à la situation de la famille, tout en s'associant à un inventeur, Daniel Doyce. Après de nombreuses investigations, la découverte d'une fortune destinée aux Dorrit refait surface. De quelle manière cela va-t-il faire changer chacun des membres de la famille ?
Pour cette plongée dans le monde de Dickens, je ne pouvais choisir mieux. Certes, les 100 premières pages ont été un peu difficile, pour bien me plonger dans l'intrigue, pour me retrouver dans les personnages nombreux et complexes, mais une fois bien plongée dans l'histoire d'Amy, d'Arthur et de la prison Marshalsea. Dickens a ce talent incroyable de maîtriser ses personnages du début à la fin, il les présente de telle manière qu'ils sont incroyablement vivants et intense, avec des caractères différents, variés, et surtout, soit très attachant, soit complètement rebutant, mais en tout cas tous captivants !
Mais ce sont les deux personnages principaux qui font toute la saveur du récit. Amy est une petite personne remplie de bonté et d'amour pour le monde qui l'entoure, tout particulièrement envers sa famille et les gens qui lui sont cher, comme Arthur Clennam. De son côté, ce personnage souffre d'un grave manque de confiance en soi (ce qui le rend super trognon !). Il souffre profondément de l'indifférence de sa mère, manque d'assurance et ne voit pas toujours ce qui crève les yeux.
Le mystère plane sur le récit, et les connexions entre tous les personnages se révèlent peu à peu, avec leur lot de surprises, et au-dessus des révélations, des surprises, planent l'ombre de la Maréchaussée, qui en devient l'un des personnages principaux, tant son influence est grande sur la vie et la construction des différentes personnes qui vivent dans son ombre.
La Petite Dorrit est l'un de ces romans que j'ai pris un immense plaisir à découvrir, et j'espère bien pouvoir le voir davantage dans les rayons des librairies au cours des prochains mois ou années !
 
 
 
La plupart des hommes sont assez fidèles à eux-mêmes
pour rester fidèles à une vieille illusion.
Ce n'est pas une preuve d'inconstance, mais bien plutôt le contraire,
si cette illusion ne peut pas soutenir la comparaison avec la réalité,
et si le contraste lui porte un coup fatal.
 
 
 
 
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05/04/2013

Les quatre filles du Docteur March, de Louisa May Alcott

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Les quatre filles du Docteur March

 

Louisa May Alcott




Dans une petite ville américaine, la famille March s'apprête à fêter Noël. Mais pour Meg, Jo, Beth et Amy, le coeur n'y est pas : la guerre de Sécession a été déclarée et leur père, qui a choisi de s'enrôler comme aumônier, est parti au front.
Pendant ce temps, les quatre soeurs doivent vaquer aux tâches quotidiennes avec leur mère, secondée par la fidèle Hannah.
La vie s'organise, avec son lot de joies et de peines, de bonnes résolutions, de francs éclats de rire, d'amitiés qui se nouent...



Publié en 1868, Les quatre filles du Docteur March est un de ces classiques que j'ai adoré étant jeune, et que je relis toujours maintenant avec un très grand plaisir !
L'histoire se passe durant la Guerre de Sécession, Mr March est engagé dans le conflit, laissant sa famille entre les mains de sa femme et de leur domestique Hannah. Famille autrefois riche, les March ont été ruinés et font partie désormais de la classe moyenne de la société. La famille réussit malgré tout à être heureuse, à aider ses prochains, et à faire mauvaise fortune bon cœur.
Les quatre filles du Docteur March suit donc principalement les quatre sœurs. Il y a Meg, la sœur aînée. Elle se sent responsable de sa famille, une jeune fille douce qui est malgré tout envieuse des personnes plus riches qui ont les moyens de vivre selon leurs envies.
Deuxième des sœurs, Joséphine est surnommée Joe. Impulsive, souvent colérique, mais aussi généreuse et courageuse, elle se comporte comme un garçon manqué. Son plus grand plaisir est la lecture et l'écriture, avec l'envie de devenir un grand écrivain. Grosse surprise, c'est mon personnage préféré !
Beth est une jeune fille douce, très timide. Elle adore s'occuper des autres, de veiller sur sa famille de toutes les manières possible.
Amy est la dernière des sœurs. Un caractère très affirmé, mais aussi un peu orgueilleuse et coquette, elle voudrait devenir une artiste célèbre. Personnellement, c'est le personnage que j'aime le moins. Trop centrée sur elle-même, c'est vraiment une pré-adolescente gâtée et vaniteuse bien décidée à n'en faire qu'à sa tête !
Les quatre filles du Docteur March a été souvent critique comme étant trop moralisateur, Louisa May Alcott fait passer un grand message religieux, l'importance des autres parfois au détriment de sa propre personne... Mais au final, on y fait plus autant attention, c'est un héritage et des mœurs courantes de l'époque de Louisa May Alcott.
Un style et des descriptions parfois un peu « désuet », mais qui convient bien à l'époque où le roman a été écrit et qui a un très grand charme, on se sent plus proche de l'atmosphère et des années où se passe le récit. C'est un classique qui ne se démode pas, et qui devrait plaire à tous, petits et grands ! Une aventure humaine, passionnante, humoristique, triste et riche en détails qui font ressortir toute la magie de ce roman.
J'ai appris il y a peu de temps que Louisa May Alcott avait également écrit des suites, que j'ai maintenant très envie de lire et de découvrir !




Les quatre filles du Docteur March
Les filles du docteur March se marient
Le rêve de Jo March
La grande famille de Jo March
 
 
 
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