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21/08/2012

Fiche Film n°3 : Warrior


 

Fiche technique


Date de sortie cinéma
14 septembre 2011

Réalisé par Gavin O'Connor

Long-métrage américain

Genre
Action, Drame

Durée
02h20min

Distributeur
Metropolitan FilmExport


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Casting


Tom Hardy
Rôle : Tom Conlon

Joel Edgerton
Rôle : Brendan Conlon

Jennifer Morrison
Rôle : Tess Conlon

Nick Nolte
Rôle : Paddy Conlon

Frank Grillo
Rôle : Frank Campana


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Synopsis

 

Ancien Marine brisé, Tommy Conlon rentre au pays et demande à son père de le préparer pour un tournoi d'arts martiaux mixtes qui lui permettrait de gagner une fortune. Personne ne sait ce qu'il espère faire de cet argent.
Le propre frère de Tommy, Brendan, décide lui aussi de s'engager dans la compétition pour essayer de sauver sa famille. Entre les deux frères, les années n'ont pas adouci les rancœurs.
Immanquablement, les routes de Tommy et de Brendan vont bientôt se croiser. Au-delà de l'affrontement qui s'annonce, pour chacun, quelle que soit la cause qu'ils défendent, il n'est pas seulement question de remporter un prix, mais de mener le combat d'une vie...

 

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S
ecrets de tournage

 

Fighter/Warrior : match nul
A l'origine, Lionsgate avait prévu de sortir le film en 2010, ce qui aurait coïncidé avec la sortie d'un autre film sur le même thème : Fighter de David O. Russell. La compagnie de production a finalement refusé de combattre sur le ring du box-office, et repoussé la sortie du long-métrage de Gavin O'Connor à l'année suivante. Etant donné les éloges et le succès qui ont accueilli le premier film (récipiendaire de deux Oscars et un Golden Globe), nul doute que ce choix fut le bon.

Un mot sur le MMA
Les mixed martial arts (MMA), littéralement "arts martiaux mixtes", forment un sport de combat complet associant pugilat et lutte au corps à corps dans lequel les deux combattants peuvent utiliser de nombreuses techniques. Selon les fédérations, sont autorisées toutes sortes de percussions telles que coups de pied, de poing, de genou et de coude, des techniques de projections et de soumission et parfois certaines techniques de percussion au sol.

Un cinéma qui joue des poings
Warrior s'inscrit dans une nouvelle vague de films mettant en scène les milieux des sports de combat rapproché, représentée notamment par Redbelt (2008), Les Winners (2011) ou encore les films multi-récompensés de Darren Aronofsky (The Wrestler, 2009) et David O. Russell (Fighter, 2010).

Un timing contrariant
Le réalisateur Gavin O'Connor souhaitait engager des acteurs inconnus pour incarner les deux frères afin que "les spectateurs ne puissent pas se souvenir d'eux d'un précédent rôle". Malheureusement pour lui, Joel Edgerton est entre-temps apparu dans Animal Kingdom (Grand Prix du Jury au festival de Sundance) tandis que Tom Hardy s'illustrait dans l'Inception de Christopher Nolan et devenait le rival de Batman dans le très attendu The Dark Knight Rises. Autant dire qu'ils étaient loin d'être tout à fait méconnus du grand public lors de la sortie du film ! Le réalisateur a cependant concédé que cette notoriété fraîchement acquise aiderait sans doute la promotion de son long-métrage.

Avis aux néophytes
Selon le co-scénariste A.M. Tambakis, Warrior n'est pas seulement réservé aux amateurs de MMA : "Dire que Warrior est un film sur le MMA revient à dire que Rocky est un film sur la boxe, ou La Bande des quatre un film sur le cyclisme, ou Le Grand défi un film sur le basketball. C'est très réducteur. Après avoir vu ces films, le public est sorti des salles satisfait d'avoir appris quelque chose sur un monde dont il ne savait rien, et nous espérons que ce sera aussi le cas avec Warrior."

Un entraîneur mythique
La tâche d'entraîner Joel Edgerton et Tom Hardy est revenue au légendaire Greg Jackson, qui a reçu trois World MMA Awards et a été classé 8e dans la liste des hommes les plus puissants du MMA par Fight ! Magazine.

Beaucoup de technique, un peu de muscle
Joel Edgerton a pris neuf kilos de muscles, mais son style de combat ne nécessitait pas une masse musculaire impressionnante. J.J Perry explique : "Brendan est plus un technicien que son adversaire. Il utilise le jiu-jitsu et des techniques complexes, c'est un outsider surgi de nulle part." Joel Edgerton décrit son entraînement comme "une expérience physique, mais aussi mentale et émotionnelle".

13kg de muscles
L'entraînement de Tom Hardy s'est concentré sur la musculation dans le but de gagner près de treize kilos de muscles. À l'inverse de Joel Edgerton, Tom Hardy n'avait aucune expérience sportive. Né dans une famille aisée, il est le premier à admettre qu'avant Warrior, il ne connaissait rien au sport de combat. Son entraînement quotidien consistait en deux heures de boxe suivies par deux heures de kickboxing et de Muai Thai, deux heures de chorégraphie et deux heures de musculation.

Un vrai combat
Malgré quelques concessions, dont faire porter aux acteurs des gants avec un rembourrage plus dense, et installer dans la cage un tapis monté sur ressorts pour mieux absorber les chocs, les deux acteurs ont évolué dans un environnement de tournage très éprouvant. Ils ont affronté de vrais combattants. Koba, le champion de lutte russe qui est censé gagner le Sparta, est joué par le champion de lutte olympique et héros de Pittsburgh Kurt Angle. Le défi n'était donc pas seulement d'entraîner les deux acteurs principaux à se battre comme de vrais champions de MMA, mais aussi d'entraîner de vrais combattants à se battre comme au cinéma, c'est-à-dire sans porter les coups. Malgré tous ses efforts, certains coups ont atteint leur but, entraînant plusieurs blessures, dont une déchirure de ligament, un pied cassé et une côté fêlée pour Tom Hardy, et une blessure sérieuse au ligament collatéral médial du genou droit de Joel Edgerton.

 

 

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Mon avis

 

Warrior est un drame familial et un film sportif des plus réussi !
Tommy Conlon, marine, rentre tout juste au pays. Peu loquace, les éléments de son passé sont révélés peu à peu, expliquant au fur et à mesure les blessures de l'homme. Retrouvant son père, Paddy Conlon, un ancien alcoolique et homme brisé, et va lui demander de l'entraîner pour un tournoi de MMA (Mixed Martial Art), où une grosse somme d'argent est à la clé pour le vainqueur. Sa raison pour participer à ce tournoi ne sera révélée qu'au compte-goutte.
De son côté, son frère, Brendan Conlon va tout faire pour tenter également de remporter ce championnat. Ses problèmes d'argent pourrait l'obliger, lui et sa famille, à quitter leur maison.
Entre ces trois membres de la famille, le père et les deux fils, les années n'ont pas arrangé les choses, déchirant toujours leurs vies. Séparé par l'alcoolisme et le comportement de leur père, mais aussi par leur vision du monde, Tommy et Brendan ont beaucoup de chemin à faire avant de pouvoir s'accepter et se pardonner. Long est le chemin avant de pouvoir reprendre une relation saine avec leur père, qui, emplit de remords, tente de se faire pardonner.
Gavin O'Connor montre ici des personnages profonds : il explore avant tout la complexité de ses deux personnages principaux, constitués de nombreuses couches complexes, et il a surtout eu la faculté de montrer non un film de sport avec une histoire servant seulement à relier les scènes d'actions entre elles, mais un film où la souffrance d'une famille tient un place primordiale, où chacun doit trouver du courage pour les épreuves de la vie, non seulement dans la cage, sur le ring, mais aussi dans leurs cœurs. Les rôles sont interprétés avec brio, les acteurs montrent avec subtilité toute la souffrance et la douleur des personnages qu'ils incarnent. Mention spéciale pour des scènes phares du film : le moment d'émotion entre Tommy et son père, le dialogue entre Brendan et Tommy sur la plage, le combat final...
Joel Edgerton, que je découvre dans ce film, a su camper un père de famille aimant, prêt à tout pour elle, bref un excellent rôle malgré son retour sur le ring un peu trop facile. Comment un ancien combattant, devenu prof de physique, ne combattant que de « petits » adversaires peut-il en arriver à ce championnat ? Malgré cette légère incohérence, il porte son rôle avec aisance et montre un personnage sympathique.
Mention spéciale pour deux personnages secondaires. Tout d'abord, Paddy Conlon, le père de Tommy et Brendan, joué par Nick Nolte ainsi que le rôle de Franck Campana, joué par Franck Grillo. Nick Nolte campe un père bouleversant, détruit par le rejet de ses fils, qui tente désespérément de se faire pardonner pour retrouver sa place et l'amour de Tommy et Brendan. De son côté, Franck Campana est un entraîneur impliqué dans sa relation avec ses élèves, et plus particulièrement avec Brendan.
Mais la vraie révélation vient de Tom Hardy, révélé par Bronson, Inception et que j'attends avec impatience dans The Dark Knight Rises, de Christopher Nolan, dans le rôle de Bane. C'est un acteur qui révèle une vraie force de caractère, sachant jouer un homme qui, sous l'apparence d'une brute épaisse, est en fait une personne sensible, déchirée, et avec un cœur gros comme ça ! Un excellent acteur, qui sait faire passer toute son intensité rien que dans son regard, qui donne de la force au scénario, et que je suivrais dans sa carrière avec plaisir et intérêt !
Bref, malgré quelques léger défauts (le retour sur le ring de Brendan, un scénario plutôt classique, le passé de marine de Tommy est trop peu décrit), Warrior est un film qui mérite d'être vu, notamment pour le jeu des acteurs, une émotion qui va droit au cœur, le combat n'est pas au centre du film, bref une bonne surprise de la rentrée cinématographique !

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13/08/2012

Fiche Film n°2 : Les Hauts de Hurlevent

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Fiche technique

Date de sortie
1 juin 2012 - en DVD (2h 22min)

Réalisé par
Coky Giedroyc

Genre
Drame, Romance

Nationalité
Britannique

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Casting

Tom Hardy
Rôle : Heathcliff

Charlotte Riley
Rôle : Cathy

Andrew Lincoln
Rôle : Edgar Linton

Sarah Lancashire
Rôle : Nelly

Burn Gorman
Rôle : Hindley

Rosalind Halstead
Rôle : Isabella

Rebecca Night
Rôle : Catherine

Tom Payne (II)
Rôle : Linton




S
ynopsis


Amour fou et sombre vengeance dans le Yorkshire du XIXe siècle...
Tom Hardy campe un Heathcliff intense et sauvage dans cette mini-série britannique en deux épisodes, adaptée en 2009 du classique d'Emily Brontë.

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Mon avis

Le roman d'Emily Brontë a connu beaucoup d'adaptations, que ce soit au cinéma ou à la télévision. Pour ma part, j'ai d'abord vu la version de 1992, réalisé par Peter Kosminsky, avec notamment Juliette Binoche et Ralph Fiennes (qui campe un Heathcliff vraiment très glaçant !). Je me plonge alors dans cette nouvelle version, d'abord pour l'histoire évidemment, mais aussi pour Tom Hardy.
Les Hauts de Hurlevent voit Mr Earnshaw, propriétaire du domaine, ramener un jeune bohémien d'un voyage. Une haine farouche naît entre Heathcliff et le fils de Mr Earnshaw, Hindley. En revanche, il va très vite se lier avec sa fille, Cathy. Ces relations vont entrainer des tourments émotionnels sans fin.
Donc, cette nouvelle version des Hauts de Hurlevent, ou Wuthering Heigts en VO, a été prévue pour la télévision et est composée de deux parties, pour une durée d'environ 2h. Comme avec toutes les adaptations, et particulièrement avec aussi peu de temps, le danger est de condenser au maximum l'histoire, surtout avec un roman qui s'étale sur une longue durée et qui voit les personnages évoluer au fil de l'histoire.
Alors, au niveau de l'histoire. Evidemment, c'est loin d'être parfait, je m'en doutais. Coky Giedroyc réalise une vision précipitée de l'œuvre d'Emily Brontë : il va à l'essentiel, aux moments forts et aux points clés, sans s'attarder en chemin. Pour parler d'abord des aspects négatifs de cette adaptation, on peut citer quelques défauts : ce manque de temps fait un peu l'impasse sur la passion qui unit Heathcliff et Cathy. On ressent moins leur intimité, leur amour qui passe de l'amitié d'enfant à des sentiments plus profonds, puis après le départ d'Heathcliff on ne voit pas le désespoir de Cathy et on passe directement à son mariage avec Edgar, 3 ans plus tard. Une ellipse qui n'a plus aucun sens car, dans le livre, elle était trop jeune pour se marier, ce qui n'a pas lieu d'être dans l'adaptation. Ainsi que la fin du film diffère totalement de celle du livre, ce qui est quand même un grand changement !
Mais malgré ces critiques, Les Hauts de Hurlevent n'est pas du tout un mauvais film, bien au contraire. Forcément, il ne vaut pas l'œuvre, il reste incomplet et parfois passe trop rapidement sur certaines scènes. Mais au-delà de ça, ce film réussi, du moins à mon avis, à faire ce qu'il faut : nous pousser à nous intéresser à l'œuvre de départ, à la lire ou à la relire.
Quant aux acteurs, ils relèvent magistralement le niveau, surtout les personnages secondaires. Burn Gorman (Hindley) est fidèle à l'image que je m'en faisais, que ce soit en frère, en ennemi ou en homme dévasté. Andrew Lincoln (Edgar Linton) est sobre, convaincant, très délicat. Rebecca Night interprète Catherine, la fille de Cathy, est vraiment impétueuse et déterminée, avec les qualités de ses parents sans avoir été autant abîmée qu'eux. Quant à Charlotte Riley, qui interprète Cathy, je suis restée un peu sur ma faim. Elle passe d'une Cathy « idéale », tout à fait conforme à la description d'Emily Brontë à une prestation moins convaincante, moins habitée par son rôle. Mais la révélation vient, pour moi, de Tom Hardy. J'ai vu beaucoup de films avec cet acteur, que j'apprécie vraiment, mais bizarrement, je ne le voyais pas jouer Heathcliff qui avait été magnifiquement interprété par Ralph Fiennes (frissons !). J'ai cependant très vite adhérée à son jeu, très convaincant, spécialement quand il est froid, calculateur et cynique. De plus, sa voix convient très bien au rôle, avec les bonnes intonations !
Coky Giedroyc réalise une adaptation captivante, qui réussit à accrocher tout du long de l'histoire son spectateur. L'histoire tient malgré tout la route, l'essentiel est là et parvient à faire passer le message originel en conversant son identité, ce qui arrive à faire oublier les quelques faux pas. Les Hauts de Hurlevent fait passer avant tout un message de haine, de vengeance, de perte, ainsi que les ravages d'une passion destructrice. Cette adaptation fait passer un message très sombre, presque plus cru que dans le roman.
A voir !

 

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Les Hauts de Hurlevent, d'Emily Brontë

22/07/2012

Fiche Film n°1 : Jane Eyre


 
 
Fiche technique


Date de sortie
25 juillet 2012

Réalisé par
Cary Fukunaga

Genre
Drame, Romance

Nationalité
Américain, britannique

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Casting


Mia Wasikowska
Rôle : Jane Eyre

Michael Fassbender
Rôle : Edward Rochester

Jamie Bell
Rôle : St. John Rivers

Imogen Poots
Rôle : Blanche Ingram

Sophie Ward
Rôle : Lady Ingram

Judi Dench
Rôle : Mme Fairfax

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Synopsis

 

Jane Eyre est engagée comme gouvernante de la petite Adèle chez le riche Edward Rochester.
Cet homme ombrageux ne tarde pas à être sensible aux charmes de la jeune fille. C'est le début d'une folle passion...

 

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Secrets de tournage

 

Derrière la caméra
A la mise en scène de cette nouvelle adaptation de Jane Eyre, on trouve Cary Fukunaga, réalisateur de Sin Nombre, récompensé dans de nombreux festivals, dont celui de Sundance en 2010.

Adaptations
L'œuvre de Charlotte Brontë ne cesse d'inspirer les cinéastes. On recense pas moins d'une vingtaine d'adaptations cinématographiques et télévisuelles parmi lesquelles la version de Robert Stevenson en 1944 avec Orson Welles, celle de 1996 avec Charlotte Gainsbourg et William Hurt mais aussi Vaudou (1943) de Jacques Tourneur dont le producteur Val Lewton revendique la parenté avec le roman anglais.

A la recherche de Rochester
Pour le rôle de Rochester, le metteur en scène Cary Fukunaga a longuement médité afin de savoir pour quel acteur il opterait. Finalement, il est arrivé à la conclusion que si Michael Fassbender n'était pas le comédien dont le physique collait le mieux au personnage, sa personnalité convenait quant à elle parfaitement au rôle.

Bretelles de pacotille
Lors du tournage de la scène suivant le mariage de Jane et Rochester, la production a dû être interrompue à plusieurs reprises à cause des bretelles de Michael Fassbender qui ne cessaient de se rompre.

Jane Eyre personnifiée
A l'inverse des nombreuses adaptations du livre de Charlotte Brontë, c'est une actrice proche de l'âge de Jane Eyre, l'héroïne du roman, qui a été retenue pour le rôle. A la suite des auditions, le réalisateur Cary Fukunaga a jugé que la comédienne Mia Wasikowska serait capable d'exprimer l'intelligence et le sens de l'observation de son seul regard. Ce, tout en parvenant à faire fi de son physique, comme il sied à la retenue de son personnage. D'où la nécessité pour celle-ci de réussir à faire transparaître à la fois force intérieure et vulnérabilité dans une économie de mots et de gestes.

Mia Wasikowska et la littérature
La contribution de l'actrice Mia Wasikowska au casting de Jane Eyre résulte de son précédent rôle dans Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton. Cette expérience l'avait en effet amenée à lire quelques classiques, dont To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur) de Harper Lee, 1984 de George Orwell ou encore Jane Eyre. Enthousiasmée dès la lecture des premiers chapitres du roman de Charlotte Brontë, elle n'hésita pas à se proposer pour le rôle.

Une adaptation ombrageuse
Pour cette 18e adaptation du roman classique de Charlotte Brontë, le réalisateur Cary Fukunaga a choisi de prendre une tangente plus sombre et gothique que les précédentes. Pour représenter Thornfield, la propriété du mystérieux et riche Edward Rochester, le cinéaste a utilisé Haddon Hall, dans le Derbyshire en Angleterre. Si l'endroit a également été utilisé pour tourner d'autres adaptations de Jane Eyre, on y a accentué cette fois-ci l'atmosphère lugubre des lieux. La maison revêt pour cette nouvelle mouture des allures de maison hantée, rendant l'ensemble plus sinistre que jamais. Le scénario met ainsi l'accent sur les éléments noirs et glaçants du récit original. En résulte une ambiance inquiétante, voire étouffante. Pour rendre compte de ces impressions, le directeur de la photographie Adriano Goldman a opté pour une atténuation des couleurs pour donner aux protagonistes un ton pâle, grisâtre.

Un message féministe
Pour cette adaptation, le cinéaste Cary Fukunaga a vraiment souhaité mettre en relief la dimension féministe qui se dégage du roman de Charlotte Brontë. Jane Eyre traduit ainsi le désir d'égalité hommes-femmes en termes de politique, d'éducation, etc. On y met en avant l'idée qu'un même cœur et un même esprit anime aussi bien les femmes que les hommes. Que celles-ci ne se limitent pas à préparer des puddings, à tricoter des bas ou encore à jouer du piano. C'est l'illustration de la soif de reconnaissance du caractère émotionnel de la femme, de sa soif d'émancipation.

 

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Mon avis



Jane Eyre, réalisé par Cary Fukunaga, est la dernière adaptation en date du roman de Charlotte Brontë.
L'histoire de Jane Eyre est connue. Au 19ème siècle, en Angleterre, la jeune femme (incarnée par Mia Wasikowska) est engagée comme préceptrice pour une fillette, Adèle, la pupille d'Edward Rochester, homme riche et mystérieux. Ils vont tomber sous le charme l'un de l'autre...
Le risque d'une adaptation est toujours de décevoir le lecteur, car aucun film ne peut rendre parfaitement le roman et ses personnages. Etant donné que la lecture de Jane Eyre m'a toujours profondément marquée, à chaque relecture, j'avais peur d'être déçue par le film.
Je trouve que Cary Fukunaga a parfaitement réussi à retranscrire l'atmosphère du roman. Sans en faire un film parfait qui colle le plus fidèlement possible à l'œuvre (quelques petits défauts, des passages oubliés ou survolés rapidement...), Jane Eyre est un film qui réussit à divertir, surprendre et, je pense, qui donne envie de découvrir l'œuvre si ce n'est pas encore fait. Pour rattraper ces petits « défauts », je dirais qu'il est difficile de mettre tous les aspects d'un livre dans un film, et Cary Fukunaga a su mettre en avant le principal de Jane Eyre dans son film.
Dans ce film, le grand point positif est le jeu des acteurs, qui ont su parfaitement coller à leurs personnages. On se sent très proche de Jane Eyre, une jeune femme forte et fragile, très indépendante. Elle refuse de se complaire à cause de son histoire dramatique, disant même à Rochester qu'elle n'a pas d'histoire malheureuse. Jane est une personne qui va rester pendant toute l'œuvre fidèle à ses principes : vivre aux côtés de Rochester une fois qu'elle a découvert son secret n'est pas seulement immoral mais aussi dévastateur pour elle. De même, elle refuse de se marier avec quelqu'un d'autre alors que son cœur est déjà pris. Cette indépendance vis-à-vis du mariage est très différente de l'attitude des autres jeunes femmes, pour qui se marier est un but. Mia Wasikowska incarne parfaitement Jane Eyre, tant dans le comportement que dans l'aspect physique, elle a un jeu sensible, très présent, qui fait parfaitement passer la retenue, la vulnérabilité et la force intérieure de Jane Eyre, sans jouer de son physique.
Ce qui m'inquiétait aussi était Michael Fassbender : je ne le voyais pas physiquement incarner Rochester. C'était donc ma plus grande réticence au sujet du casting, car le reste est très réussi, Mia Wasikowska, Jamie Bell et Judi Dench sont vraiment d'excellents acteurs ! Donc, Michael Fassbender. Je l'ai vu dans plusieurs films : 300, X-Men : Le Commencement, Prometheus, Inglourious Basterds ou A Dangerous Method, dans lesquels je l'ai trouvé très bon. Malgré ma réticence initiale, j'ai rapidement été conquise (très beau, bien que Rochester ne soit pas décrit ainsi par Charlotte Brontë), mais c'est surtout grâce à son jeu qu'il crève l'écran et se met véritablement dans la peau et le comportement de Rochester. Si son aspect physique ne correspond pas, en revanche son comportement est très conforme à celui de Rochester, tant dans l'attitude, les différentes manières de réagir, son comportement avec Jane Eyre... En outre, les deux acteurs se rapprochent de leurs personnages pour une autre raison : la différence d'âge entre eux, ce qui est conforme à l'histoire !
Les différents autres points positifs, avec le jeu des acteurs et l'intrigue respectée, est la musique, qui souligne les émotions et correspond parfaitement, pour les costumes d'époque très réussi, mais surtout par l'atmosphère souvent sombre du film, ce qui colle parfaitement au livre. On est très vite immergés dans cette vieille demeure, remplie de bruits et de courants d'air, dans les landes balayés par le vent... Bref, une atmosphère qui se rapproche beaucoup de celle décrite par Charlotte Brontë !
Si vous avez l'occasion de voir ce film, et spécialement en VOSTFR, n'hésitez pas une seule seconde ! Je pense que les amoureux de Jane Eyre se plairont dans ce film, et que cela incitera ceux qui n'ont pas lu ce chef-d'œuvre à le découvrir !
 
 

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Jane Eyre, de Charlotte Brontë