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15/02/2014

Opération Sweet Tooth, d'Ian McEwan

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Opération Sweet Tooth

Ian McEwan



En Grande-Bretagne, au début des années 1970, la guerre froide est loin d'être finie.
Diplômée de Cambridge, belle et intelligente, Serena Frome est la recrue idéale pour le M15. La légendaire agence de renseignements anglaise est en effet bien décidée à régner sur les esprits en subvenant aux besoins d'écrivains dont l'idéologie s'accorde avec celle du gouvernement.
Mêlant finement réalité et fiction, le romancier souligne l'influence de la littérature sur nos existences, pour le plus grand plaisir du lecteur, qui finira par comprendre que toute cette histoire était avant tout... un grand roman d'amour.



Ma première plongée dans l'univers d'Ian McEwan.
Nous sommes en Grande-Bretagne, dans les années 1970, et la Guerre Froide n'est pas finie. Serena Frome a une relation avec un homme, qui va développer son goût pour la lecture et l'actualité. Belle, intelligente, la jeune femme va passer un entretien pour entrer au MI5.
La jeune femme va occuper un poste loin d'être aussi prestigieux qu'on pourrait le voir dans les films de James Bond ou dans les romans d'espionnage type. Elle va être d'abord affectée au secrétariat, occupée à classer ou retaper des rapports.
Bientôt, grâce à son goût pour la lecture, elle va être embauchée pour une opération spéciale. Elle estopération sweet tooth,ian mcewan,contemporain,espionnage chargée de rencontrer un auteur, de lui faire une offre pour l'engager et le pousser à écrire. A terme, le but du MI5 est d'avoir tout un cercle d'auteurs au service de l'Angleterre, dépréciant les Américains et à descendre l'idéologie communiste.
Je dois dire que l'Opération Sweet Tooth a été un bon moment de lectures. Année 1970, guerre froide, espionnage, MI5, écrivains... Que des bons ingrédients ! Mais un petit avertissement : ne vous attendez pas à de l'action dans tous les sens, que ça saute de tous les côtés. Non, pas du tout. Ian McEwan a misé sur l'envers du décor. Quand on fait partie du MI5, ce n'est pas pour ça qu'on va vivre une vie de fou. Serena a dû batailler pour en arriver là, elle a travaillée énormément pour contenter son amant, elle a ensuite dû se faire au MI5... Sa première vraie mission est cette opération, et Serena a hâte d'y être pour pouvoir faire ses preuves. Non seulement cette mission est importante pour sa carrière, mais elle va se rendre compte qu'elle va évoluer de manière très importante et personnelle au fur et à mesure que le temps passe.
Si vous avez envie d'un roman d'amour et d'évolution personnelle sur fond d'espionnage et de guerre, n'hésitez pas à lire L'Opération Sweet Tooth, vraiment très intéressant ! Ce n'est pas un coup de cœur ou la lecture du siècle, mais j'ai en tout cas été emportée, je me suis intéressée au particulier très particulier de Serena Frome, et le fait d'avoir axé le récit sur cet aspect de « débaucher » un écrivain est vraiment très intéressant !
Une lecture sympathique dans l'ensemble donc.
 
 
 
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30/01/2014

Le goût des pépins de pomme, de Katharina Hagena

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Le goût des pépins de pomme

Katharina Hagena



Bertha est morte. Elle a légué sa maison à Iris, sa petite fille. Celle-ci s'y rend, afin de décider de ce qu'elle en fera. C'est alors que les souvenirs qu'elle a de sa famille ressurgissent.


J'ai beaucoup entendu parler de Katharina Hagena et du Goût des pépins de pomme. Avec Noël, j'ai enfin pu découvrir par moi-même ce petit roman !
C'est la mort de Bertha qui va déclencher toute une suite d'événements. Ses trois filles ainsi qu'Iris, sa petite-fille, vont se retrouver pour partager l'héritage. Elle va léguer à Iris sa maison. Quand celle-ci y retourne, avec la volonté de décider quoi en faire, une nuée de souvenirs va remonter.
J'ai eu au début un peu de mal à rentrer dans l'histoire, surtout parce que certaines descriptions de personnages ne correspondaient pas à ceux que l'on croiser au cours du récit, mais aussi parce que les souvenirs d'Iris remontaient à la surface de manière un peu décousue, parfois irrationnelle. Mais c'est ce qui a rapidement fait le charme du Goût des pépins de pommes. La vie est souvent comme ça, on repense à des personnes ou à des situations, sans savoir quel cheminement ou quelle association d'idées nous à amener à ce souvenir précis. Katharina Hagena nous développe tout un réseau de personnages, d'histoires, de vies entrecroisées. Une famille et des individus banals, que l'on peut croiser tous les jours dans la rue. Et ce n'est plus pas mal ! Car je m'y suis rapidement identifiée, surtout que l'événement déclencheur – un décès – est une situation que j'ai vécu, comme tout le monde, et qui peut faire resurgir toute sorte de chose, que ce soit positive ou négative.
Mais, en bien ou en mal, c'est toujours intéressant de se reconnecter avec ce qui nous entoure. Les souvenirs, les gens, tout cela fait partie de nous et nous définit, nous à aider à grandir et à évoluer. J'ai particulièrement aimé la manière de Katharina Hagena de décrire cette remontée de souvenirs lorsque qu'Iris revisite la maison de sa grand-mère. C'est vraiment ce que j'ai préférée et ce dont je me suis sentie le plus proche. La description de cette maison est vraiment très vivace : j'ai eu l'impression de voir les portes s'ouvrirent devant mes yeux, cette maison avec son ambiance particulière, son charmes, ses pièces en enfilades, le jardin...
Le goût des pépins de pommes est un récit que j'ai vraiment pris plaisir à découvrir, un moment très intéressant de lecture !
 
 
 
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12/01/2014

Une terre d'ombre, de Ron Rash

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Une terre d'ombre

Ron Rash



Laurel Shelton est vouée à une vie isolée avec son frère, revenu amputé d'une main de la Première Guerre mondiale, dans la ferme héritée de leurs parents, au fond d'un vallon encaissé que les habitants de la ville voisine considèrent comme maudit car rien n'y pousse et les malheurs s'y accumulent.
Marquée par ce lieu, et par une tache de naissance qui oblitère sa beauté, la jeune femme est considérée par tous comme rien moins qu'une sorcière.
Sa vie bascule lorsqu'elle rencontre au bord de la rivière un mystérieux inconnu, muet, qui joue divinement d'une flûte en argent.
L'action va inexorablement glisser de l'émerveillement de la rencontre au drame, imputable exclusivement à l'ignorance, à l'intolérance et à la peur d'une population nourrie de préjugés et ébranlée par les échos de la guerre.



Ma première découverte de Ron Rash.
Une terre d'ombre se passe en 1916, dans les Blue Moutains, à l'époque de la Grande Guerre. Hank Shelton est un survivant de cette guerre. Il va retourner chez lui, où l'attend sa sœur, Laurel Shelton, mais aussi une jeune femme qu'il veut épouser. Laurel est une jeune femme profondément marquée, surtout à cause de sa tâche de naissance au visage. Rejetée par ses voisins, elle passe pour une sorcière, habitante d'un vallon maudit. Un changement dans leur quotidien arrive avec un joueur de flûte muet, qui va apporter bien des bouleversements à leur vie.
Dans cette Amérique rurale, les préjugés ont la vie dure. Ron Rash va d'abord poser les bases de son histoire et de ses personnages, avant de développer son propos. Laurel et Hank sont vraiment captivants : chacun est blessé à sa manière. Hank physiquement et mentalement à cause de la guerre : il a perdu une main, mais aussi ses illusions sur la vie et la nature des hommes. Laurel est vue comme défigurée, considérée comme une sorcière qui apporte la malchance. Ses relations avec le voisinage sont donc pour le moins fraîche et tendus...
L'arrivée de cet étranger muet, appelé Walter, va alors être une bonne chose, du moins au début. Il va apporter non seulement une aide inestimable à la ferme et aider à la remettre en ordre, mais aussi donner de l'espoir à Laurel. Seulement, malgré tout le bonheur auquel la jeune femme a droit, rien n'est acquis. Elle va se heurter davantage aux villageois, malgré la présence de son frère, de Walter et de Slidell, un vieillard intelligent et sagace, ne va pas peut-être pas réussir à renverser la vapeur et à faire accepter la jeune femme.
Une terre d'ombre est vraiment une lecture captivante, je suis restée accrochée du début à la fin ! Il y a à la fois un côté très descriptif, notamment avec tous ces paysages, ces montagnes, le vallon maudit et ses ombres, avec le mode de vie d'un petit village perdu en montagne, avec les préjugés, les codes de conduite, les marques de la guerre... Mais aussi un côté de suspense, Ron Rash fait en sorte de toujours nous maintenir sur la brèche. Que ce soit avec les relations de Laurel avec son frère ou les villageois, on se demande toujours si elles vont finir par s'améliorer, ou sur l'identité et le passé du joueur de flûte. Du racisme et de l'incompréhension, des superstitions, les liens familiaux avec leurs non-dit, le patriotisme de convention... Il plane continuellement un brouillard épais dans Une terre d'ombre, marqué par quelques éclaircies et rayons de soleil fugace.
Pour une première lecture de l'univers de Ron Rash, c'est une excellente découverte et surprise ! Autant vous dire que je ne compte pas en rester là avec cet auteur. Une histoire intéressante et surtout bien menée, mais surtout une écrite vraiment magnifique. A lire d'urgence !
 
 
 
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25/11/2013

Une part du ciel, de Claudie Gallay

Une part du ciel, Claudie Gallay, contemporain

Une part du ciel

 

Claudie Gallay




Aux premiers jours de décembre, Carole regagne sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise, où son père, Curtil, lui a donné rendez-vous.
Elle retrouve son frère et sa sœur, restés depuis toujours dans le village de leur enfance. Garde forestier, Philippe rêve de baliser un sentier de randonnée suivant le chemin emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby, la plus jeune, vit dans un bungalow où elle attend son homme, en taule pour quelques mois, et élève une fille qui n'est pas la sienne.
Dans le gîte qu'elle loue, à côté de la scierie, Carole se consacre à une traduction sur la vie de Christo, l'artiste qui voile les choses pour mieux les révéler. Les jours passent, qui pourraient lui permettre de renouer avec Philippe et Gaby un lien qui n'a rien d'évident : Gaby et Philippe se comprennent, se ressemblent ; Carole est celle qui est partie, celle qui se pose trop de questions. Entre eux, comme une ombre, cet incendie qui a naguère détruit leur maison d'enfance et définitivement abîmé les poumons de Gaby. Décembre s'écoule, le froid s'installe, la neige arrive...
Curtil sera-t-il là pour Noël ?



Un titre que j'avais très envie de découvrir.
Carole répond à la convocation pour le moins singulière de son père Curtil et se rend dans le massif de la Vanoise, dans le village où elle a grandi. Là, elle va retrouver son frère Philippe et sa sœur Gaby, en attendant que leur père se montre. Philippe est garde-forestier, Gaby attend la sortie de son mari de prison tout en élevant une enfant adopté. Il y a également tout un tas d'autres personnages, comme Sam, qui tient une boutique ; la Baronne et son refuge pour les chiens...
Dans Une part du ciel, on se plonge dans la vie tranquille et parfois monotone d'un petit village des montages lorsque l'hiver s'installe. Carole va renouer la relation avec sa famille, et s'occuper également à travailler à une traduction de la vie de Christo, tout en tentant de participer à la vie des habitants. Une chose qui ne sera pas aisée, la jeune femme semble toujours en complet décalage avec les personnes qui l'entourent, notamment avec Philippe et Gaby. Ces deux-là se ressemblent beaucoup et pensent de la même façon, des personnes à la fois simples et complexes. Mais Carole se complait dans le ressassement du passé, elle se pose des questions, s'interroge, se demande toujours « Et si... ». Elle se demande toujours comment aurait tourné leurs vies s'il n'y avait pas eu cet incendie, si leur père avait agi différemment dans sa manière de se conduire. Car tout tourne beaucoup autour de Curtil. Pourquoi annoncer sa venue de cette façon ? Pourquoi attendre autant pour venir ? Cet homme est une énigme, et fait beaucoup pour garder l'intérêt du roman. Le verrons-nous ?
Une part du ciel est un récit lent, je le déconseille aux amateurs d'actions et de gerbes de sang ! Claudie Gallay distille ses événements, ses questionnements avec subtilité, sans se presser, laissant le lecteur s'immerger dans la vie de la montagne. Une histoire de famille, avec beaucoup de non-dits et des relations qui évoluent peu à peu. Et tout cela se passe dans un paysage enneigé, très bien décrit et où on a l'impression de marcher en même temps que la narratrice. Une narratrice qui m'a laissé un avis mitigé. Car si j'ai aimé la regarder évoluer tout au long du roman, je l'ai trouvé quand même beaucoup trop centrée sur elle-même et sur ses questions, se préoccupant d'abord d'elle-même avant d'essayer de comprendre ce par quoi sa famille est passée. Elle voit tout à travers sa réalité, sans essayer de comprendre celle des autres et ce qui les animent. Gaby est très optimisme, intéressante, mais j'ai eu du mal à m'intéresser à elle tout du long. Par contre, j'ai davantage apprécié Philippe et son envie de faire découvrir les montages, mais également la Môme, une gamine très touchante et intéressante.
Une part de ciel, sans être le roman qui m'a le plus passionné, m'a en tout cas fait passer un moment agréable, calme, mais qui présente des tranches de vie parfois mouvementées et compliqués, mais en tout cas toujours très subtiles et bien décrites.
 
 
 
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23/11/2013

Lettre à Jimmy, d'Alain Mabanckou

Lettre à Jimmy, Alain Mabanckou, Contemporain

Lettre à Jimmy

 

Alain Mabanckou




Comme James Baldwin, qu'il tutoie dans cette lettre en forme d'hommage, Alain Mabanckou est noir et écrivain. En découvrant Greenwich village et le Paris Jazz, Baldwin a forgé une identité au-delà des communautarismes. L'acuité de son regard sur la société américaine est remarquablement mise en lumière par cet " expéditeur " complice, admiratif, et jamais complaisant.


Une découverte de la littérature africaine.
Je me suis intéressée à ce roman pour plusieurs raisons. L'auteur, Alain Mabanckou, est Franco-Congolais (né en 1966 au Congo), il a reçu plusieurs prix, dont le prix Renaudot, le prix de littérature Henri Gal ou le grand prix littéraire de l'Afrique Noire. Il publie aussi bien de la prose que de la poésie, mais son activité ne se limite pas à l'écriture, avec l'enseignement de la littérature Africaine, que ce soit à Ann Arbor ou à Los Angeles. C'est un auteur et une personne qui s'est beaucoup impliqué non seulement pour son pays et ses compatriotes, mais aussi pour l'égalité entre tous, et surtout il a toujours œuvré contre l'affrontement entre deux couleurs, entre les Blancs d'un côté et les Noirs de l'autre.
Mais ce qui m'a intriguée également à propos de la Lettre à Jimmy est cet hommage à James Baldwin, qui est le personnage principal du roman d'Alain Mabanckou. James Baldwin m'a toujours interpellée et intéressée, car c'est une légende. Il va devenir une des plus grandes icônes et figure du mouvement contre la discrimination, qu'elle soit racial, sexuelle ou autre. Noir et homosexuel, il va être doublement rejeté pendant une partie de sa vie. Son combat pour montrer que les personnes noires n'ont pas les mêmes droits, ont toujours été rejetés et exclus, va se poursuive toute sa vie, et notamment dans ses livres. Il va ajouter à ce combat la discrimination de toute sorte, notamment sur la question de l'homosexualité et du rejet des personnes pour peu qu'elles soient un peu différentes.
Alain Mabanckou et James Baldwin se ressemblent beaucoup : tous les deux noirs et auteurs, ils luttent également pour l'égalité de chacune de personnes, qu'elles soient noires ou blanches, hétérosexuel ou homosexuel, homme ou femme. La Lettre à Jimmy fait entendre la voix de ces deux personnalités. Avec deux personnalités qui se ressemblent, tant au niveau du parcours et du combat, Lettre à Jimmy plaide pour un monde égalitaire.
J'ai apprécié de me plonger dans la littérature africaine, car j'avais lu très peu d'auteurs Noirs, et le livre d'Alain Mabanckou permet de découvrir à la fois un auteur, un personnage histoire et une époque. Décrit avec justesse, on a véritablement l'impression de connaître James Baldwin en arrivant à la dernière page.
Une lecture très intéressante.




Au fond, qu'est-ce qu'un nom ? Presque rien.
Mais un nom dit tout et nous dévoile au monde.

 

Or la vie de chaque auteur est souvent en elle-même un « roman », voire une tragédie.
Et c'est peut-être pour cela que le genre de la biographie existe...