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17/08/2013

Le Chœur des Femmes, de Martin Winckler

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Le Chœur des Femmes

 

Martin Winckler




Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France.
Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de « médecine de la femme », dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste ! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit ? Qu'il va m'enseigner mon métier ? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin.
Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur cœur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.



Je ne connaissais pas du tout Martin Winckler avant que l'on me fasse découvrir Le Chœur des Femmes.
Jean Atwod est une interne, et major de sa promotion. Elle s'est spécialisée dans la chirurgie gynécologique et fait tout pour pouvoir avoir un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Seulement, pour valider ses études, elle doit d'abord faire six mois de stage dans l'unité « médecine de la femme ». Furieuse, la jeune femme ne voit pas ce qu'elle pourrait apprendre de plus pour sa spécialité et pourquoi elle devrait rester dans un cabinet à écouter les problèmes des patientes, sous les ordres d'un médecin généraliste. Ce médecin, Karma, va être au début presque révulsé par le comportement de la jeune femme, par son mépris, et par la conviction qu'elle a de tout savoir et de ne pas avoir besoin d'apprendre différemment. Il lui propose de rester une semaine, une semaine où elle devra y mettre de la bonne volonté. Si elle le souhaite toujours, elle pourra partir à la fin de la semaine.
Si j'étais peu convaincu au début de ma lecture par Le Chœur des Femmes, une fois passé les premiers chapitres, je me suis plongée – à ma grande surprise – avec beaucoup de plaisir et d'intérêt dans l'histoire. Ce qui m'a un peu freinée au commencement était l'attitude de Jean. Très (trop) sûre d'elle, elle est une élève formatée par le système, elle a conscience de son intelligence et de ses capacités, ce qui la pousse parfois à prendre les gens de haut. Heureusement qu'elle s'améliore au fur et à mesure de l'histoire, parce que sinon je ne crois pas que j'aurais continué ! Ensuite, le deuxième personnage intéressant est Karma. Médecin généraliste, il a une approche différente de ce que Jean connait. Il ne se contente pas de regarder ce qui ne vas pas et de prescrire un traitement, il s'intéresse vraiment aux femmes qui viennent le consulter, il leur laisse leur temps de vider ce qu'elles ont sur le cœur et de pouvoir poser les questions, d'expliquer leurs problèmes. J'étais un peu déconcerté par ce personnage au début, je me demandais ce qu'il cachait, quelles étaient ses motivations. Mais au final, c'est Karma que j'ai préféré dans Le Chœur des Femmes ! Outre ces deux individus, il y a toute une foule de personnages, tous plus intéressants les uns que les autres, et essentiels à l'histoire.
Outre ces personnages bien décrits, le point important décrit par Martin Winckler est la description de la pratique de la médecine. De nos jours, on dirait que tous les professeurs et médecins cherchent à formater la jeune génération, à leur apprendre à réfléchir selon un certain modèle, en leur bourrant la tête avec une seule méthode de valable (je pense notamment à la position pour l'accouchement), sans se poser de questions jugées « superflues » et sans aller voir plus loin. Pour eux, les patients sont les responsables de leurs problèmes, et il faut toujours être moralisateur et juger. Ce qui m'a le plus poussée à réfléchir était la question de la contraception. Ce moyen n'est jamais remis en cause : certaines femmes peuvent tomber enceintes alors qu'elles n'ont jamais oubliées de prendre leur pilule. Et pourtant, dans la plupart des cas, elles ne seront pas prises au sérieux. Outre la pilule, comment procéder avec les stérilets, quand les enlever, comment procéder... La gynécologie est abordée de manière plus large et très intéressante, Martin Winckler pousse vraiment à réfléchir ! Nul besoin que les méthodes soient douloureuses, il existe des méthodes qui peuvent se faire avec des outils et des méthodes nettement plus agréables pour la patiente.
Le Chœur des Femmes est très bien écrit, on sait que Martin Winckler s'y connait (c'est un médecin) et surtout qu'il a beaucoup à faire partager, il fait réfléchir et surtout essaye de faire changer les méthodes parfois conservatrices de la France dans le domaine de la médecine.
Un roman à mettre dans toutes les mains, que ce soit celles de femmes, de médecins, ou de personnes cherchant un livre se lisant agréablement et facilement !
 
 
 
 
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15/08/2013

Kafka sur le rivage, de Haruki Murakami

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Kafka sur le rivage

 

Haruki Murakami




Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui.
Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse.
Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore.
Avant de voir leur destin converger inexorablement et de découvrir leur propre vérité.



Je poursuis ma découverte de l'œuvre de Haruki Murakami avec Kafka sur le rivage, un titre qui m'attirait depuis longtemps. La couverture m'avait particulièrement tapé dans l'œil et m'avait donné envie de m'intéresser à ce livre.
Kafka Tamura est un jeune homme de quinze ans qui a fui de chez lui pour échapper à son père et aux prédictions qu'il a lancé contre lui. Au cours de son voyage, il va découvrir le monde, mais surtout les personnes qui le compose et va permettre de se connaître.
kafka sur le rivage,haruki murakami,contemporain,fantastiqueDe son côté, Nakata est un vieil homme, dit un peu « simple » mentalement. Ne sachant ni lire ni écrire, il survit grâce à une pension mais surtout grâce à son travail qui consiste à retrouver des chats disparus, aidé par sa capacité à parler aux chats. Il va se retrouver pris dans une histoire à laquelle il ne s'attendait pas, le faisant sortir de son environnement habituel.
Après ma lecture d'1Q84 et de La Ballade de l'Impossible, j'ai retrouvée avec plaisir l'écriture si particulière d'Haruki Murakami. Pour ceux qui ont déjà lu Murakami, vous retrouverez, je pense, la même écriture, un univers presque onirique, une quête d'identité, dans un monde en plein bouleversement.
Tout au long de Kafka sur le rivage, je me suis de nouveau immergée dans cet univers si spécial, j'ai été emportée ! C'est un livre qui nécessite de rester accrocher et concentrer, mais qui faut aborder dans un certain état d'esprit, qui ne correspond peut-être pas à tout le monde ou, du moins, pas tout le temps.
Ce voyage initiatique n'est pas seulement celui de Kafka ou de Nakata, mais aussi celui du lecteur. En lisant Kafka sur le rivage, j'ai été prise par l'histoire, tout au long de ma lecture, je me suis laissé bercer par la poésie et la musique particulière de Haruki Murakami, qui a suscité une nouvelle fois questions, interrogations, que ce soit sur le monde ou sur moi.
Bref, encore une lecture captivante, particulière et très entraînante.




Le jour de mes quinze ans,
je ferai une fugue, je voyagerai jusqu'à une ville inconnue et lointaine,
et trouverai refuge dans une petite bibliothèque.



La bibliothèque était ma seconde maison.
Ou plutôt, le seul endroit où je me sentais vraiment chez moi.



- Les souvenirs, c'est quelque chose qui vous réchauffe de l'intérieur.
Et qui vous déchire violemment le cœur en même temps.
 
 
 
 
 
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21/07/2013

J'ai aimé être fidèle, de Jean-Marc Rivière

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J'ai aimé être fidèle

 

Jean-Marc Rivière




A la veille de ses quarante ans, Paul vient de perdre Maud. Peut-être. Onze ans de mariage balayés par l'aveu d'une aventure ratée avec une étudiante... Et tout déraille. Maud est partie, mais elle a laissé les enfants. Parce qu'une calamité n'arrive jamais seule, tous décident alors de s'en mêler : Stéphane, son collègue, et le cortège des fâcheux de l'université ; Tom, son frère, un psy homosexuel sur le point d'adopter un enfant avec une amie lesbienne ; et bien sûr, elle. Sa mère. Pour la première fois, Paul doit se prendre en main. Dans ce tourbillon qui le dépasse, il découvre alors tout ce qui faisait le prix de sa vie d'homme fidèle. Avec une plume alerte et jubilatoire, Jean-Marc Rivière nous offre un roman plein d'humour qui désosse le couple, la famille et les certitudes.


Paul est marié depuis 11 ans à sa femme Maud, avec laquelle il a eu deux enfants. Seulement, tout bascule le jour où il lui annonce qu'il l'a trompé une fois... Aussitôt, sa femme va partir.
Elle va partir, le laissant sans nouvelles, avec la responsabilité de leurs enfants, faire face aux conséquences de ses actes et, surtout, à la réaction de son entourage. Il va y avoir ses collègues, son meilleur ami, son frère homosexuel Tom, son amie lesbienne, et surtout sa mère.
Paul va devoir se prendre en main pour la première fois de sa vie, essayer de ne pas se laisser dépasser par tout ce qui lui arrive et de murir un peu. Ce qui n'est pas gagné !
J'ai aimé être fidèle est un roman très bien écrit : Jean-Marc Rivière a une plume accessible, mais surtout très élégante, qui nous plonge complètement dans le récit. J'ai eu envie de savoir comment Paul allait s'en tirer, s'il allait se réconcilier avec sa femme, s'il allait mieux gérer sa relation avec sa mère. Mais surtout, j'ai été très intéressée par son cheminement, par ses réflexions. Va-t-il enfin apprendre de ses erreurs ? Paul va se remettre en cause, et très profondément. Même si j'ai eu envie de le secouer à de nombreuses reprises, je l'ai quand même trouvé touchant.
Jean-Marc Rivière développe ses thèmes et ses idées avec habileté, on peut se sentir concernés et touchés par plusieurs choses, que ce soit par l'infidélité, par l'homosexualité, par l'adoption ou par les relations avec sa famille, ses amis... On s'interroge, on se pose des questions, j'ai eu du mal à poser ce livre avant de l'avoir fini ! De plus, il se lit vraiment très facilement, avec assez peu de dialogues (qui sont en général courts et percutants), et la police d'écriture assez grande permet de le dévorer encore plus vite.
A la fois très émouvant, caustique, et sarcastique, J'ai aimé être fidèle est une très bonne surprise et une excellente lecture que je vous conseille vivement !





Quand, après deux semaines d'intenses tractations avec ma conscience,
la porte de mon appartement s'est à son tour refermée sur ma femme,
j'ai compris que ma plus grande erreur n'avait pas été de la tromper,
mais de le lui avoir dit.



Les Disney de mon enfance avaient trop déteint sur moi.
Dans la vraie vie, les gens – et notamment les femmes bafouées,
étonnant, non ? –  ne sont pas vraiment portés sur la magnanimité.
 
 
 
 
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11/07/2013

Retour en Cornouailles, de Rosamunde Pilcher

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Retour en Cornouailles

 

Rosamunde Pilcher




1935.
A quatorze ans, Judith Dunbar est seule. Ses parents sont à l'autre bout du monde, entre Colombo et Singapour. En Angleterre, son horizon se limite à son austère tante Louise chez qui elle passe ses vacances entre les longs mois de Pensionnat.
Heureusement, elle se lie d'amitié avec Loveday Carey-Lewis, une petite fille fantasque qui l'entraîne à Nancherrow, le beau domaine que possède sa famille en Cornouailles. Adoptée par les Carey- Lewis, Judith connaîtra là les plus belles heures de son adolescence et y vivra son premier amour.
A l'été 1939, amis et fiancés sont réunis pour la dernière fois sur la pelouse ensoleillée de Nancherrow avant que la tourmente de la guerre ne les disperse à jamais.
Il faudra six années de souffrance et d'épreuves avant que Judith ne puisse retrouver sa chère Cornouailles...



Ma première découverte de Rosamunde Pilcher.
Difficile de résumer Retour en Cornouailles, sachant qu'il se passe sur une période assez conséquence, allant de la période d'avant-guerre à l'après-guerre, en passant par les horreurs du conflit.
On commence avec Judith Dunbar, quittant son école pour aller dans un nouveau pensionnant, celui de Saine-Ursule. Elle va en plus aller habiter chez sa tante Louise suite au départ de sa mère et de sa sœur Jess, parties rejoindre le père de Judith à Singapour. La tristesse et la solitude de Judith va être égayée par son amitié avec Loveday Carey-Lewis, qui va bientôt l'entrainer au sein de sa famille, notamment par de fréquents séjours à Nancherrow, leur propriété familiale.
Avec l'éclatement de la guerre en 1939, c'est la famille et les amis qui vont se retrouver disperser aux quatre vents, entraînant tensions, chagrins, épreuves...
Retour en Cornouailles fait l'effet d'une grande fresque, dû à un nombre de pages conséquents et aux grands nombres d'années durant lesquelles nous suivons les personnages. Judith Dunbar étant le personnage principal, nous la connaissons intimement au cours de son histoire. Sa découverte de la famille Carey-Lewis va être pendant longtemps l'un des pivots de sa vie, mais la jeune femme va également apprendre à ne pas se laisser engloutir par cette famille. Judith va non seulement cultiver sa relation avec ses amis, mais aussi avec sa famille, que ce soit avec son père, sa mère ou sa sœur, mais aussi des personnages comme sa tante. Au-delà de l'aspect relationnel, des relations qu'elle noue, Judith va aussi apprendre à cultiver son indépendance et sa liberté de pensée, un état qui se retrouve de plus en plus chez les femmes de cette époque.
La guerre fait surgir une ombre sinistre, chacun va être personnellement éprouvé et marqué, sans pour autant alourdir le récit et le faire sombrer dans les larmes, bien qu'elles viennent de temps à autre ! Judith doit supporter le stress de la guerre, les inquiétudes concernant sa famille mais aussi assumer les responsabilités de ce temps, tels que le fait de renoncer à certains plaisirs ou privilèges. Tous doivent faire des sacrifices en ce temps de guerre.
Retour en Cornouailles est une fresque qui se dévore sans fin, qui emporte loin, à la fois dans les émotions, dans les paysages magnifiques et dans les relations entre personnages. Je ne m'y suis pas ennuyée un seul instant, un vrai régal de lecture !
 
 
 
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05/06/2013

Le Prisonnier du Ciel, de Carlos Ruiz Zafón

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Le Prisonnier du Ciel

 

Carlos Ruiz Zafón



Barcelone, 1957.
Daniel Sempere et son ami Fermín, les héros de L'ombre du vent affrontent le plus grand défi de leur vie. Un secret ressurgit du passé de Fermín, qui lie leurs vies, et éclaire d'un jour nouveau le passé de Daniel, et son destin.
Débordant d'intrigues et d'émotions, Le Prisonnier du Ciel est un roman magistral où les multiples fils de L'ombre du vent et du Jeu de l'ange se rassemblent au travers de ce livre pour nous conduire vers l'énigme qui se cache au cœur du Cimetière des livres oubliés.



Barcelone, en 1957. Les fêtes de Noël approchent, et à la librairie Sempere, Daniel et sa femme Béa, Mr Sempere et Fermín Romero de Torres font toujours marcher les affaires tout en préparant le mariage de Fermín.
Tout en préparant son mariage, Fermín se referme peu à peu sur lui-même, sans se confier. La goutte d'eau qui fait déborder le vase est un mystérieux individu qui vient acheter une édition rare du Comte de Monte-Cristo à la librairie Sempere et en la dédicaçant à l'intention de Fermín. Interrogé par Daniel, Fermín va se résoudre à lui raconter son histoire entière, notamment celle de l'année 1939, la victoire franquiste, et son emprisonnement dans la forteresse de Montjuïc, où sont enfermés des opposants du régime. Parmi eux, David Martín, que l'on a pu croiser dans Le Jeu de l'Ange...
Après bien des malheurs, il réussit à s'évader, et commence sa fuite. Des années après, il semble que son passé se soit échappé également de Montjuïc, pour recommencer à tourmenter Fermín. Des secrets sont révélés, des existences mises en danger, et le bonheur remis en question.
A travers Le Prisonnier du Ciel, les différentes intrigues de L'Ombre du Vent et Le Jeu de l'Ange commencent à trouver leurs réponses, des explications apparaissent, des réponses sont apportées. Mais Carlos Ruiz Zafón est un habile tourmenteur : il se plait à introduire de nouveaux rebondissements, notamment avec la fin qui appelle clairement une suite !
Intrigue, émotions, rebondissements, suspens, je ne me lasserai jamais de marcher dans cette Barcelone, si sombre et pleine de secrets, avec toujours le risque de rencontrer un élément de son passé, des fantômes rôdant à nos côtés, et où l'espoir se fait de plus en plus rare. Mais malgré tout, on veut garder une certaine confiance en l'avenir et dans nos capacités à se relever face aux coups du destin. Carlos Ruiz Zafón a gardé son écriture passionnante, où ce sont les personnages qui ont le plus souffert qui arrivent à nous réconforter le mieux. Le Prisonnier du Ciel n'est pas exempt d'humour et de légèreté malgré tout. J'ai éclaté de rire lorsque Mr Sempere s'est retrouvé ivre, et les réflexions et autres propos de Fermín sont à chaque fois des perles d'ironie, de véritables leçons de sagesse à la mode humoristique et cynique !
Le Prisonnier du Ciel retrouve toute la magie de ses prédécesseurs, bien que L'Ombre du Vent soit unique et captivant, mon préféré. Carlos Ruiz Zafón livre ici une autre facette de sa fresque, explore d'autres pistes et donne quelques éléments de réponses. Tout s'explique et tout concorde, dans des emboîtements que je n'avais même pas imaginés ou vu venir ! Comme expliqué au début du Prisonnier du Ciel, les trois romans peut être lu dans n'importe quel ordre, indépendant des uns des autres. Cependant, je pense que pour ceux qui ne connaissent pas encore Carlos Ruiz Zafón, il faudrait malgré tout les lire dans l'ordre chronologique. Les trois récits s'entrecroisent, mais je pense qu'il vaut lire d'abord Le Jeu de l'Ange, L'Ombre du Vent puis Le Prisonnier du Ciel. Car, si j'ai bien tout suivi : l'épilogue du Jeu de l'Ange se passe en 1945, tandis les souvenirs évoqués par Fermín dans Le Prisonnier du Ciel se passent entre 1939 et 1940. Et le présent du Prisonnier du Ciel se passe entre les derniers rebondissements de L'Ombre du Vent et son épilogue. Suis-je claire ? Donc, tout ça pour dire que Carlos Ruiz Zafón prend plaisir à nous embrouiller, à nous faire vagabonder entre les différentes époques et les différents moments. Pas forcément facile de s'y retrouver au début, mais on s'en sort !
Lire du Zafón est toujours un régal pour les yeux et l'imagination, je suis plus qu'impatiente de lire les romans que je n'ai pas encore lus en attendant ses dernières nouveautés ! Si vous ne le connaissez pas, jetez-vous sur ses livres et particulièrement ces trois mettant en scène Barcelone et le Cimetière des Livres Oubliés, un lieu que je donnerais cher pour découvrir !
 
 
 
 
- Il arrive qu'on se fatigue de fuir.
Le monde est très petit quand on ne sait où aller.



- En réalité, voilà un bout de temps que je voulais amener Fermín ici pour qu'il connaisse en personne le lieu. Je lui en ai souvent parlé. C'est mon meilleur ami, et il se marie aujourd'hui à midi, expliquai-je.
- Grand Dieu ! s'exclama Isaac. Le pauvre ! Il ne souhaite tout de même pas que je lui offre l'asile nuptial ?
- Fermín est de ceux qui se marient par conviction, Isaac.
 
 
 
 
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