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10/11/2012

Les piliers de la terre, de Ken Follett

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Les Piliers de la Terre

Ken Follett

Coup de cœur

 
Dans l'Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre.
Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d'épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles... et de saintes ruses.
La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.

 

XIIème siècle, en Angleterre.
Roman historique, Les Piliers de la Terre fait partie de ces œuvres très dur à chroniquer, tant il est dense et s'étend sur un grand nombre d'années ! Ken Follett écrit une fresque magistrale, un pavé conséquent (plus de 1000 pages !), dans lequel je ne me suis jamais ennuyé.
Le point central de cette histoire est une cathédrale. Autour d'elle, la vie va se construire, des talents et des personnes vont être reconnus, l'amour et la haine vont y passer. Le moine Philip, devenu prieur de Kingsbridge, met tout en œuvre pour reconstruire la cathédrale détruite. Mais au-delà de la construction qui met du temps, les ennuis s'accumulent sur sa route. Autour de Kingsbridge gravitent tout un cortège haut en couleur. Tom le Bâtisseur, employé par le prieur Philip, avec sa première femme Agnès, ainsi qu'Alfred et Martha, leurs enfants. Mais il y a aussi Ellen, une femme envoûtante, que l'on dit un peu sorcière, et son fils, Jack, étrange mais très brillant, qui vont se joindre aux premiers personnages. Il y a Aliena, fille d'un comte déchu, et son frère Richard, ainsi que des protagonistes pour le moins détestable : l'évêque Waleran, utilisant sa position pour obtenir encore davantage de pouvoirs, et William Hamleigh, une brute épaisse, fourbe, détestant Aliena et ceux qui l'entourent depuis que la jeune fille a refusée de l'épouser.
L'histoire se déroulant sur une cinquantaine d'année, Les Piliers de la Terre a son lot de lutte, de guerre, de mort, de traitrise, mais aussi – heureusement ! – de la victoire du « bien » contre le « mal », la réussite de l'honnêteté contre la soif de pouvoir. Car ces personnages dépendent tous du contexte politique. A la mort du roi Henri 1er, le royaume d'Angleterre devient un pays sans roi. C'est la guerre de succession qui commence, entre Stephen et Maud (fille du roi Henri 1er). Cette guerre des puissants aura des incidences sur tous les habitants du royaume et de Kingsbridge, car tandis que certains essayeront de construire la cathédrale, ou tout simplement de survivre, d'autres ourdiront des complots, pour avoir plus de puissance, et pouvoir ainsi écraser les plus faibles ou les plus démunis qui pourraient malgré tout leur faire de l'ombre !
Au-delà de l'histoire et la vie des différents personnages, Ken Follett réussit à nous dévoiler un grand pan des coutumes de cette société, très souvent rude, parfois presque barbare. Grâce à son talent d'écrivain, la plongée dans cette époque intéressante et une histoire et des personnages plus que captivants, Ken Follett a fait des Piliers de la Terre un roman qui se dévore d'une traitre, les rebondissements permanents et l'envie de savoir si la cathédrale de Kingsbridge sera finalement construite, si les personnages vont triompher des obstacles mis sur leur chemin... Bref, savoir ce qu'il advient de Jack et d'Aliena (mes personnages préférés), d'Ellen et de Tom, et si Waleran et William vont être vaincus.
Je craignais un peu le sujet de la religion. Mais Ken Follet réussit à nous le rendre passionnant. La manière dont fonctionne l’Église à cette époque (mais a-t-elle beaucoup changée) est captivante, tant dans les détails de la vie de tous les jours (élection, prière), mais aussi dans les rouages politiques et la façon dont la religion est utilisée pour arriver à ses fins, ou pour contrecarrer le pouvoir royal, démontrant au final que même si la plupart des religieux sont vraiment des personnes biens, intéressés par leurs proches et dévoués à Dieu, certains n'y voient qu'une opportunité de pouvoir. Ainsi que tout ce qui est fait pour « le bien » de l'église, et qui ne sont en fait qu'une couverture pour couvrir les meurtres et les actes détestables faits par les puissants ! Même si les « gentils » arrivent parfois à gagner, quel en sera le prix ?
Sans juger ou condamner, Ken Follett raconte d'une manière frappante les événements de cette époque sans que cela ressemble à une banale et ennuyeuse leçon d'histoire ! Romance, haine, vengeance, amitié, Ken Follett est décidément un écrivain de talent. Passant de personnages en personnages pour nous faire vivre l'action d'une manière différente, je ne me suis jamais ennuyée, au contraire ! Chacun des protagonistes est unique et particulier : Philip et Jonathan sont des hommes d’Église souvent prévisible, Waleran sans scrupule et davantage tourné vers le pouvoir politique que l’Église, William à qui j'aurais bien fait sa fête tant il est détestable, Jack en jeune tête brûlée est vraiment passionnant, de même que sa mère, Aliena est également intéressante bien que parfois pas toujours très régulière, et, bien sûr, Tom le Bâtisseur, un des « piliers » de cette œuvre magistrale.
Bref, un roman épique dans lequel je ne me suis jamais ennuyée ! Si vous ne le connaissez pas encore, plongez-y, vous ne le regretterez pas !
 
 
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08/10/2012

Présent ?, de Jeanne Benameur

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Présent ?

 

Jeanne Benameur




présent,jeanne benameur,classiqueD'une écriture incisive et empathique, Jeanne Benameur brosse le portrait de tous les acteurs d'un collège de banlieue avant les émeutes, questionnant leur présence vive. Avec émotion, elle débusque les symboliques occultées du monde scolaire et les drames intimes de chacun : une brèche s'ouvre pour une pédagogie à rebours de tous les tabous.


Avec Présent ?, Jeanne Benameur s'introduit dans l'effervescence d'un collège de la banlieue. A la veille des conseils de fin d'année, nous nous introduisons dans l'intimité de certains personnages, spécialement des professeurs, la documentaliste ou des élèves de 3ème.
A travers différents points de vue, comme un manège, on découvre des adolescents en quête d'identité, d'orientation (et pas seulement pour les élèves), des mouvements d'optimisme ou de désespoir...
Un prof bientôt à la retraire, la directrice, une prof de SVT abattue, une documentaliste optimiste, un prof de français lassé, une jeune fille qui ne parvient qu'à s'exprimer que grâce à ses dessins (le personnage que j'ai préféré suivre !). Une panoplie de personnages très différents, mais qui parviennent à toucher l'espoir du bout des doigts, pendant un instant.
Sans être parfait, notamment quelques passages parfois un peu trop « lourd » dans le style de narration, Présent ? est le premier livre que je lisais de Jeanne Benameur et qui s'est révélé une excellente surprise ! Traitant d'un sujet grave avec dérision et maitrise, Présent ? réussit à embarquer et à captiver.
Si vous ne connaissez pas encore Jeanne Benameur, je vous conseille Présent ? !
 
 
 
 
Au secret de son enseignement niche ce désir d'enfant passionné de lectures, fuyant le monde des parents et de la famille, solitaire, farouche. Oui, il a été cet enfant-là. Un enfant lecteur. Inutile de chercher des stratégies alambiquées pour le faire lire, ni de se pencher sur sa psychologie adolescente. La lecture, c'était sa vie. La seule. La vraie. Ses amis, c'étaient les personnages. Plus tard, il a aimé aussi les auteurs. Profondément. Avec respect. Il a étudié leur vie et leur style ; a pardonné les faiblesses. C'étaient eux qui le protégeaient des soirs trop vides.


Le texte est là pour ça. La littérature est là pour ça.
Pas seulement pour étalonner les connaissances des uns et des autres.
Mais pour leur permettre cet acte unique chez les vivants : créer des images qui n'existent pas, n'existeront jamais qu'au secret de leur tête.
Dans cette liberté immense qui a permis de survivre à tant et tant d'humains privés de la liberté du corps.
Ce n'est pas pour rien que le premier geste des dictateurs est toujours de surveiller la lecture.
 
 
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10/09/2012

Le Palais de Minuit, de Carlos Ruiz Zafón

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Le Palais de Minuit

Carlos Ruiz Zafón

 
Calcutta, 1916.
Dès leur naissance, les jumeaux Ben et Sheere sont séparés par un terrible drame. Sheere est confiée à sa grand-mère tandis que Ben est mis à l’'abri dans un orphelinat. Il s'’y fait six fidèles amis, avec lesquels il fonde la Chowdar Society. Cette fraternité secrète se retrouve dans les ruines de l'’étrange Palais de Minuit.
Le jour de leurs seize ans, Sheere et Ben sont réunis. Une ombre maléfique se déchaîne alors. Quelle est cette force qui s’'attaque aux jumeaux ? Quel secret cache cette haine féroce ?
C’'est au cœur de l’'ancienne gare de Calcutta que les membres de la Chowdar Society doivent découvrir la vérité. Dans ce lieu maudit, ravagé le jour même de son inauguration par un incendie qui a fait plus de cent morts, Ben et Sheere vont affronter les vérités de leur passé.

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Le Palais de Minuit est le deuxième roman de Carlos Ruiz Zafón et est sorti en 1994 en Espagne. Les droits des premiers livres étant pris dans des querelles juridiques, ils ont été édités tardivement dans les autres pays. Bien que Le Palais de Minuit soit classé comme livre pour la jeunesse, l'auteur a précisé vouloir le faire lire à tous sortes de lecteurs.
L'action se situe en 1916, à Calcutta. Un drame va séparer la vie des jumeaux Ben et Sheere. Ben va être élevé dans un orphelinat où il se constituera un excellent cercle d'amis, et Sheere est confiée à la garde de sa grand-mère.
Mais lorsqu'ils ont 16 ans, leur histoire réapparait au grand jour. A partir de cet âge, Ben est considéré comme adulte, et l'orphelinat ne le suit plus. Le frère et la sœur vont être réunis et, malgré le détriment de l'ombre maléfique qui se déchaîne sur eux, la joie de se connaître répare tout.
Démontrant leur volonté de connaître tous les détails de leur passé afin d'avancer dans leur futur, Ben et Sheere, à la tête de la Chowdar Society, vont tout faire pour élucider les mystères qui les entourent. Qui est l'être qui s'acharne contre eux ? Pourquoi une haine aussi intense contre eux ? Et quel est l'histoire de leurs parents ? Les deux adolescents vont devoir affronter leur passé douloureux.
Le Palais de Minuit est un récit « typique » de Carlos Ruiz Zafón, car l'on y retrouve les éléments qui ont fait de L'Ombre du Vent et du Jeu de l'Ange des récits connus dans le monde entier. Il y a le côté fantastique qui se mêle habilement à la vie quotidienne des personnages, la magie se glissant discrètement au fil des rues... Mais surtout, les individus qui peuplent le récit sont tous en quête initiatique, hantés par des éléments de leur passé, soutenus par des amis prêts à tout, avec qui la séparation est parfois inévitable...
Le Palais de Minuit est un récit plus qu'excellent (bien qu'il n'atteigne pas le niveau de L'Ombre du Vent, qui est pour moi le meilleur !), avec une écriture excellente, qui travaille sur les multiples enchâssements et les rebondissements. Le Palais de Minuit est un roman qui ravira, je pense, les amateurs de Carlos Ruiz Zafón, mais sera surtout un récit qui permettra à ceux qui ne connaissent pas son œuvre de s'y plonger en douceur !
 
 
 
 
 
Les lieux qui abritent
la tristesse et la misère
sont le foyer de prédilection
des histoires de fantômes et d'apparitions.
 
 
 
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29/08/2012

L'Ombre du Vent, Carlos Ruiz Zafón

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L'Ombre du Vent

 

Carlos Ruiz Zafón

Coup de cœur


Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, « ville des Prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours.
Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier Gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets « enterrés dans l'âme de la ville » : L'Ombre du vent.
Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafón mêle inextricablement la littérature et la vie.



Barcelone, 1945, après la guerre civile.
Daniel Sempere, un petit garçon, est emmené par son père dans un lieu mystérieux : le Cimetière des Livres Oubliés. Quand une bibliothèque disparait, quand un livre tombe dans l'oubli, ils continuent de vivre dans le Cimetière en attendant un nouveau lecteur. Et il existe une tradition pour celui qui vient la première fois : il choisit un livre et l'adopte pour faire en sorte qu'il ne disparaisse pas. Dans ce lieu magique, Daniel va adopter L'Ombre du Vent, de Julián Carax. Quelques années plus tard, Daniel se lance dans la recherche de cet auteur mystérieux, qu'un individu semble vouloir faire sombrer dans l'oubli en brûlant ses livres.
L'Ombre du Vent est un livre que j'ai découvert par hasard, et qui fait partie de ces surprises magnifiques ! Carlos Ruiz Záfon m'a fait voyager tout au long du récit, c'est prenant et magique, une lecture étonnante ! Avec Daniel, je me suis prise au jeu de découvrir qui était réellement cet individu et les mystères qui l'entourent. Cette quête de la vérité met en branle un engrenage implacable, fait de secrets, de mensonges, de trahisons, de désillusion... mais qui lui apporteront surtout des amis, l'amour, et la plongée encore plus profonde dans le monde des livres, perdus dans le dédale des ruelles espagnoles.
Outre l'histoire incroyable racontée par Carlos Ruiz Záfon, ce n'aurait pas été pareil sans les personnages hors du commun qui parcourent les pages du récit. Tout d'abord, Daniel Sempere : on le connait enfant, puis on le voit adolescent dans sa quête du Graal. Il grandit, évidemment, au cours du temps qui passe, mais aussi grâce aux découvertes et aux révélations qui parsèment sa vie depuis que L'Ombre du Vent est entré dans sa vie. Il y a également Mr. Sempere, le père de Daniel. Toujours présent, il est la cause des aventures de son fils, c'est un excellent libraire et père, très émouvant dans sa description. Un des personnages que je préfère est Fermín, le meilleur ami de Daniel, qui l'accompagne dans sa quête en l'agrémentant de conseils et de sentences hilarantes. Mails il y a également la présence omniprésente de l'amour, à travers les femmes que Daniel croisera sur sa route, lui permettant de se découvrir et de grandir, ainsi que la présence de Julián Carax, homme et auteur mystérieux.
L'Ombre du Vent fait partie de ces livres que je relis avec toujours la même intensité, magique et bouleversant !
 
 
 
- Ce lieu est un mystère, Daniel, un sanctuaire.
Chaque livre, chaque volume que tu vois, a une âme.
L'âme de celui qui l'a écrit,
et l'âme de ceux qui l'ont lu, ont vécu et rêvé avec lui.
Chaque fois qu'un livre change de mains,
que quelqu'un promène son regard sur ses pages,
son esprit grandit et devient plus fort.


Tandis que je traversais des tunnels entiers de livres dans l'obscurité, je ne pus éviter une sensation de tristesse et de découragement. Je pensais que si j'avais découvert tout un univers dans un seul livre inconnu au sein de cette nécropole infinie, des dizaines de milliers resteraient inexplorés, à jamais oubliés. Je me sentis entouré de millions de pages abandonnées, d'univers et d'âmes sans maître, qui restaient plongés dans un océan de ténèbres pendant que le monde qui palpitait au-dehors perdait la mémoire sans s'en rendre compte, jour après jour, se croyant plus sage à mesure qu'il oubliait.

- L'homme, en bon simien, est un animal social, et ce qui prime en lui c'est le copinage, le népotisme, le piston et le commérage comme mesure intrinsèque du comportement éthique. C'est purement biologique.


- Les gens caquettent à qui mieux mieux.
L'homme ne descend pas du singe,
il descend de la poule.

Garde tes rêves.
Tu ne peux jamais savoir à quel moment tu en auras besoin.


L'art de la lecture meurt de mort lente, que c'est un rituel intime, qu'un livre est un miroir où nous trouvons seulement ce que nous portons déjà en nous, que lire est engager son esprit et son âme, des biens qui se font de plus en plus rares.
 
 
 
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15/06/2012

Cosmopolis, de Don Delillo

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Cosmopolis

Don Delillo

 

Avril 2000.
Eric Packer, golden boy comblé qui dirige une influente société de courtage, traverse New York dans sa limousine. Il pose sur le monde qui l'entoure un regard désenchanté, tout en parcourant la ville que paralysent progressivement une série de manifestations collectives.
Dans cette atmosphère d'apocalypse, reviennent le hanter des souvenirs qui le conduisent à reconsidérer son existence et à s'interroger sur la personne qu'il est désormais. Mais il est trop tard : l'homme postmoderne qui voulait se suffire à lui-même n'a plus accès à la réalité qui le frappe alors de plein fouet.


Premier roman que je lis de cet auteur. J'ai été interpellée par la bande-annonce du film Cosmopolis, adapté du roman de Don DeLillo, et réalisé par Cronenberg. Avant de me plonger dans le film, j'ai décidée de me plonger d'abord dans le livre.
Cosmopolis est un livre très étrange, où on suit un milliardaire à travers ses pérégrinations dans sa limousine. Ce véhicule est devenu son lieu de vie, là où il reçoit tout le monde et où il suit l'évolution du monde, notamment du cours du yen. Sur ses écrans et à travers ses vitres, il va assister à l'effondrement de son monde, parfaitement décrit par Don DeLillo, centré sur la vie du golden-boy et de ses réflexions, regardant ce gouffre qu'il n'avait pas du tout prévu.
La violence est partout : assassinats, émeutes, explosions... Le monde semble rongé par le capital et par l'argent, ce qui rend le protagoniste très détaché par-rapport aux événements, mais, en avançant dans la nuit, il va se détacher peu à peu de ce qui l'entoure pour tenter un retour aux sources et une grande introspection.
Une écriture très violente, très crue, très descriptive, où les sentiments du jeune homme sont parfaitement clairs, j'ai apprécié Cosmopolis pour cette écriture dont je n'ai pas l'habitude.

 

 

Il ne savait pas ce qu'il voulait.
Et puis il le sut.
Il voulait se faire couper les cheveux.

 

Que peut-il y avoir de plus simple que de s'endormir ?

 

 

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