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20/10/2013

Jude l'Obscur, de Thomas Hardy

Jude l’Obscur, de Thomas Hardy

Jude l'Obscur

 

Thomas Hardy




Tout en exerçant son métier de maçon, Jude Fawley rêve d'une vie meilleure et s'acharne à acquérir le savoir et la culture.
La passion qui naît en lui pour sa cousine Sue, mariée à un maître d'école, va lui faire entrevoir d'autres horizons de bonheur et les conduire tous deux à la perdition.



Après Tess d'Urberville, je me lance dans Jude l'Obscur. A la fois car j'ai envie de continuer à découvrir Thomas Hardy, mais aussi par le fait de connaitre un de ses livres qui a le plus défrayé la chronique. Et aussi – Jude l’Obscur, de Thomas Hardyun tout petit peu ! – par le fait que le roman ait été adapté, notamment avec Christopher Eccleston dans le rôle de Jude.
Jude l'Obscur a beaucoup choqué l'opinion lors de sa sortie en 1895, notamment à cause de sa remise en cause du mariage et de la religion. L'évêque d'Exeter l'aurait même fait brûler ! (Le livre, pas l'auteur) Mais c'est vrai que pour cette époque, ce sujet et la manière de le traiter a dû être très rebutant pour l'opinion publique.
Jude Fawley est un orphelin qui décide de devenir savant pour pouvoir être à la mesure de son ancien maître d'école, Richard Phillotson. Mais ses études pour pouvoir entrer à l'université de Christminster ne prendront pas le cours qu'il a prévu lorsqu'il se heurte aux obstacles mises par l'Université mais surtout lorsqu'il rencontre une jeune femme, Arabella, qu'il va épouser. Un mariage en haut et bas, des études qu'il va devoir modifier... Puis le jour où il va rencontrer Sue Bridehead. Sa cousine est une femme pour le moins différente des personnes qu'il a rencontrées par sa façon de penser et par son refus de correspondre aux standards des femmes de son époque. Les différents mariages et relations qui s'ensuivent dans Jude l'Obscur entraînent une lente descente vers l'enfer et le malheur. Une spirale destructrice qui ne pouvait qu'amener malheurs, déceptions, regrets et tourments.Jude l’Obscur, de Thomas Hardy
C'est le deuxième roman que je lis de Thomas Hardy, après Tess d'Urberville. Et à chaque fois, j'ai dû me forcer pour rester plongée dans le livre. Pas parce que c'est mal écrit ou inintéressant, pas du tout ! Mais c'est parce que l'un et l'autre sont vraiment très sombres, très pesants, sans la moindre petite lueur d'espoir. Pour l'instant, mes lectures de cet auteur classique sont des expériences assez éprouvantes. Car c'est incontestablement un auteur à lire, mais pas un auteur qui fait du bien au moral. Ce n'est pas comme Nord et Sud ou Jane Eyre. Ils ont beau être parfois sombres et dur, c'est une lecture qui ravit et transporte. Pour moi, je ressens un peu les mêmes sensations que lorsque j'ai lu Les Hauts de Hurlevent : désolé, amer, solitaire... A ne surtout pas lire lorsqu'on a un coup de déprime, car ça va vous rendre le moral pire à la fin ! Thomas Hardy présente une version très dure et démoralisante de la société et de ses mœurs : les sentiments que l'on éprouve lors de son mariage se doivent d'être figés dans le marbre sans jamais évoluer. Une union malheureuse est-elle préférable à un divorce ? Les disputes sont-elles la preuve des gens mariés ? Lorsqu'elle n'est pas qu'une simple foi, la religion à outrance est-elle vraiment bonne ?
Jude l'Obscur est une œuvre à découvrir, mais faites attention au coup de blues !
 
 
 
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14/10/2013

Et soudain tout change, de Gilles Legardinier

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Et soudain tout change

 

Gilles Legardinier



Coup de cœur


Camille et ses amis se connaissent depuis la maternelle. Leur dernière année de lycée les a enfin tous réunis dans la même classe.
A quelques mois du bac, en compagnie de sa meilleure amie, Léa, d'Axel, Léo, et toute sa petite bande, la jeune fille découvre joyeusement la vie. Tous se demandent encore quels chemins ils vont prendre. Ils ignorent encore que d'ici l'été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie.
Du meilleur au pire, avec l'énergie de leur âge et leurs espoirs, entre convictions et doutes, entre illusions et réalité, ils vont expérimenter, échanger et affronter. Leur histoire est la nôtre.



Après Demain j'arrête ! et Complètement cramé, Gilles Legardinier nous livre son dernier livre dans la même lignée et avec toujours son chat sur un fond flashi (rose, vert, jaune, ça se repère bien dans la bibliothèque !).
Camille est en terminale et est heureuse de faire cette dernière année avec tous ses amis. Il y a Léa, sa meilleure amie, mais aussi Axel, Léo, et bien d'autres. Ensemble, ils vont aborder cette phase avec espoir, bonheur, drames et doutes. Car s'ils doivent faire avec ce que toute la vie leur prépare, ils ne sont pas pour autant préparés avec tous les drames qu'ils peuvent croiser.
Dans Demain j'arrête !, nous avions fait la connaissance de Julie, une jeune trentenaire qui s'était plongée dans tout un tas de situations pour le moins extraordinaires dans le seul but de découvrir qui était réellement son voisin. Il y avait beau avoir doutes et incertitudes, l'humour et le rire l'emportait largement. Ensuite, dans Complètement cramé, on découvrait Andrew Blake, un homme plus âgé. L'histoire, toujours ponctué d'humour, oscillait davantage vers un petit côté mélancolique. Il y a une nette progression dans le style de Gilles Legardinier, car s'il use d'une méthode toujours aussi efficace, il n'oublie pas de se renouveler, même dans un genre similaire. Car dans Et soudain tout change, il nous fait verser des torrents de larmes, que ce soit de joie ou de tristesse. Je l'avoue, j'ai beaucoup pleuré, j'ai traversé tout ce que la vie humaine comporte en émotions en seulement 450 pages. J'ai ri, j'ai pleuré.
Et soudain tout change est une histoire simple, mais qui m'a fait revivre des années merveilleuses. Car avec Camille, je me suis vraiment identifiée à son vécu, à ce qu'elle traverse et éprouve. Les années du collège et du lycée comptent parmi les meilleures années de ma vie à ce jour. J'ai rencontré mes meilleures amies au collège, on a beau eu être séparés au lycée, on est resté en contact jusqu'à maintenant. J'ai rencontré d'autres excellents amis, j'ai fait des découvertes. Et je suis également restée en contact avec certains professeurs du collège, qui sont à la fois des profs formidables et des personnes qui comptent énormément pour moi. Je me suis donc sentie chez moi dans ce dernier roman de Gilles Legardinier, avec des personnages pas très éloigné de mon âge, de ce que je ressens, et des souvenirs que j'ai de cette époque. Encore une fois, cet auteur (plus que) formidable démontre sa grande maîtrise des émotions et de sa capacité à nous entraîner vers des personnages à chaque fois très différents, mais toujours profondément justes et humains.
Petites mentions spéciales, d'abord au personnage de Camille, dans laquelle je me suis un peu revue, dans celui de Léa parce qu'elle porte le même prénom que moi (très bon goût Mr Legardinier !), et surtout mention très spéciale à Mr Rossi, le professeur d'économie et un de mes personnages préférés.
Et soudain tout change est le livre que j'ai préféré de Gilles Legardinier, tout simplement bouleversant et magnifique. On s'identifie à ce monde d'adolescents, où drames, coups fourrés et amitiés sont au rendez-vous, avec vraiment toute la complexité des sentiments humains. Toute la tendresse et l'amour du monde se trouve enfermé dans ce roman, l'époque de l'adolescence et du lycée est vraiment une plaque tournante, c'est là qu'on fait souvent des rencontres décisives, qu'on essaye de décider quoi faire de son avenir et qu'on vit sa vie malgré tout au jour le jour.
La magie opère une nouvelle fois avec brio dans ce roman, vous n'en ressortirez pas indifférent ! Et soudain tout change est à mettre entre toutes les mains !




Pourquoi n'auront-on plus le droit de jouer quand on grandit ? Pourquoi faudrait-il renoncer à ces joies simples pour rentrer dans des codes et se prendre au sérieux ? Qu'est-ce qui est le plus débile : jouer à la neige ou s'extasier sur une application de téléphone aussi futile que payante ?



Toute la ville dormirait tranquille parce Super Aguicheuse veillerait
du haut d'un immeuble, en se caillant les miches. Pour l'appeler, il suffirait
de composer le 95 C sur n'importe quel téléphone...



- Trouver les réponses n'est pas le plus difficile. La vie te les apporte, tôt ou tard.
Le plus dur, c'est de continuer à vivre en les connaissant.
 
 
 
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22/09/2013

Le Liseur, de Bernhard Schlink

Le Liseur, de Bernhard Schlink

Le Liseur

 

Bernhard Schlink




A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain.
Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité.
Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j'aurais moins bien su camoufler que les autres ?"



 Saisis un titre d'article ici !On m'a beaucoup conseillé ce livre lorsque j'étais au collège. Je l'ai lu à cette époque, mais je pense que n'étais pas tout à fait apte à le comprendre à ce moment. Je l'ai relu il y a quelques années, et cette fois je me suis vraiment plongé dedans !
Michaël, un jeune lycéen de 15 ans, fait la rencontre d'Hanna, une femme de 35 ans. Très vite, ils vont devenir amants. Six mois de relation, où le jeune garçon va notamment lui lire des livres à voix haute. Secrète et renfermée, Hanna va disparaitre sans prévenir.
Jusqu'au jour où, 7 ans plus tard, Michaël va la voir apparaitre sur le banc des accusés. En formation de droit, le jeune homme va assister au procès de cette femme qui l'a tellement marqué.
Le Liseur est un livre qui est loin de laisser indifférent. La première partie, où Hanna et Michaël se découvrent, est à la fois vraiment touchante mais aussi un peu dérangeante. Il y a le côté différence d'âge, une relation qui aurait dû être davantage celle d'amis ou maternelle, mais surtout le fait que leur relation semblait davantage à sens unique. Michaël s'implique énormément, il voudrait que leur liaison soit plus approfondie, mais Hanna, au début, est très froide, dure, et semble n'avoir pas un attachement très profond envers le garçon. Comme lui, nous nous demandons pourquoi elle est partie aussi brusquement, ce qui a motivée sa fuite.
Et le fait de la retrouver tant d'années après, accusée de crime de guerre, est autant un choc pourlui que pour le lecteur. On se demande comment elle a pu en arriver là, quel est le chemin qu'elle a emprunté, ce qu'elle pensait, ce que nous aurions fait à sa place... On avait vu son côté plus froid, on la découvre ici touchante et bouleversante. Bernard Schlink développe un bon nombre de questions, dont une des plus importantes : comment nous serions-nous comportés à la place d'Hannah ? Aurions-nous été les bourreaux, ou aurions-nous résistés ? Il démontre dans Le Liseur que tout courageux que nous puissions être, ces fameux « monstres » ne sont souvent que des gens ordinaires, qui se sont retrouvés pris dans l'engrenage, par peur, par indifférence, ou juste parce que nous n'avons pas envie de lutter.
Le Liseur, un véritable parcours initiatique, où j'ai été émue du début à la fin ! On a du mal à comprendre Hanna, mais on la découvre petit à petit. Michaël, un garçon sensible auquel j'ai compati tout du long tout en me sentant davantage proche de lui une fois adulte.
Un livre qui gagne vraiment à être lu, passionnant très dur, mais vraiment intéressant. Je le recommande !
 
 
 
 
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12/08/2013

Les amoureux de Sylvia, d'Elizabeth Gaskell

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Les amoureux de Sylvia

 

Elizabeth Gaskell




1796. La guerre contre la France révolutionnaire fait rage et ses répercussions ébranlent les provinces anglaises les plus lointaines. Le petit port baleinier de Monkshaven (Yorkshire) paie un lourd tribut en hommes valides, que les sergents recruteurs, haïs par la population, kidnappent de force pour servir le Roi.
L'héroïne, Sylvia Robson, seize ans, fille unique de fermiers locaux, est une jolie sauvageonne, follement aimée par son terne cousin, Philip Hepburn. Arrive un harponneur audacieux et généreux, qui tombe amoureux d'elle et chavire son cœur. Hélas, les recruteurs vont bouleverser ces vies... Le caractère de Sylvia, fait pour l'insouciance et la légèreté, se trempe et prend une envergure dont personne ne l'aurait cru capable.
Dans ce grand roman victorien, Elizabeth Gaskell montre les passions à l'œuvre chez des gens ordinaires, et décline sur plusieurs tons le thème de l'amour frustré. Plongés dans une tourmente qui les dépasse, les personnages sont livrés à la violence de leurs sentiments, qui fait écho à celle de l'Histoire.



Après ma découverte et mon immense coup de cœur pour Nord et Sud, je me suis plongée avec intérêt dans la suite de la biographie d'Elizabeth Gaskell.
En 1796. La guerre fait rage, notamment entre la France et l'Angleterre. Les provinces les plus éloignées d'Angleterre sont également touchées, notamment à travers la présence des sergents recruteurs, kidnappant de force tous les hommes en condition pour servir le Roi.
Sylvia Robson est au départ une jeune fille peu touchée par ces événements. Elle est plus attirée par sa vie quotidienne ou par le fait de se choisir un manteau neuf. Mais très vite, elle va se retrouver au cœur de la tourmente, notamment à cause des histoires de son père, des décès occasionnés par la guerre ou disparitions à cause des recruteurs, mais surtout par son attirance envers Charley Kinraid, un baleinier. Une rencontre qui la changera pour longtemps !
Dès le début, Elizabeth Gaskell montre que son plus grand talent est d'écrire une histoire intéressante avec un contexte politique fort, discret mais bien présent. Mais surtout de décrire toute une vie, dans des décors magnifique, avec des personnages vraiment très nuancés et incroyablement intéressants.
Comme l'annonce le titre, Les Amoureux de Sylvia tournent beaucoup de Sylvia et de ses amours. Elle est très vite attirée par Charley Kinraid, d'abord une admiration de jeune fille pour un marin courageux, avant de se muer en sentiments plus tendres. De son côté, le baleinier semble également attiré par la jeune fille, mais est-il vraiment quelqu'un à qui on peut se fier ? Ces sentiments sont bien vus par son père, ancien marin, tandis que sa mère préférerait que sa fille épouse son cousin Philip, qui se meurt d'amour pour Sylvia. Que de romances contrariées !
Car si j'avais peur au début que ces histoires d'amour ne prennent trop de place, au contraire ! Une fois immergée dans le livre, on est autant interpellés par ces questions que par la vie plus quotidienne de Sylvia et par le contexte social de cette époque mouvementée. Car contrairement à Jane Austen, Elizabeth Gaskell, comme dans Nord et Sud, ne se contente pas de montrer un bel homme en uniforme qui fait craquer toutes les filles et une guerre vraiment très peu esquissée. Non, elle décrit avec habileté et beaucoup de profondeur tous les ravages de la guerre, les séparations, le deuil, l'horreur... Elizabeth Gaskell montre comment les personnes ordinaires pouvaient vivre en ce temps, cette guerre a touchée tout le monde et à différents degrés.
Je pense que si je n'avais pas autant aimé Nord et Sud, j'aurais eu davantage de mal à rentrer dans Les amoureux de Sylvia. La première centaine de pages demande une certaine adaptation avant de rentrer vraiment dans le récit. Même si ce n'est pas, au final, un coup de cœur, c'est quand même un roman qui m'a marquée et que je relirai avec plaisir. Si j'ai aimé, c'est parce qu'Elizabeth Gaskell reprend des éléments qui m'avait fait aimer Nord et Sud : l'amour contrarié, vraiment très différent ici et beaucoup plus sombre, un contexte politique dur et intéressant, mais surtout une histoire mouvementée et pleine de rebondissement. Les différents personnages sont également tous charismatiques, j'ai pris plaisir à suivre leur évolution. Notamment Sylvia, qui passe d'une gentille fille un peu écervelée à une jeune femme dure, presque brisée, mais capable d'aimer et de haïr passionnément, plus que ce que je ne l'en croyais capable au début ! Ensuite, Philip m'agaçait pas mal au début. Bon, il n'a pas la carrure d'un Mr Thornton, mais je dois avouer l'avoir apprécié de plus en plus au fil du roman. Mais tous évoluent, tous changent, tous sont différents les uns des autres, et tous sont intéressants !
Elizabeth Gaskell a une écriture et une plume que j'apprécie décidément de plus en plus, au fur et à mesure que je découvre ou relis ses romans. Elle se classe parmi mes auteurs classiques préférés, aux côtés de Jane Austen, les sœurs Brontë, Margaret Mitchell...
A lire !
 
 
 
 
 
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