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28/04/2014

Dans le grand cercle du monde, de Joseph Boyden

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Dans le grand cercle du monde

Joseph Boyden



Trois voix tissent l'écheveau d'une fresque où se confrontent les traditions et les cultures : celle d'un jeune jésuite français, d'un chef de guerre huron, et d'une captive iroquoise.
Trois personnages réunis par les circonstances, divisés par leur appartenance. Car chacun mène sa propre guerre : l'un pour convertir les Indiens au christianisme, les autres, bien qu'ennemis, pour s'allier ou chasser ces « Corbeaux » venus prêcher sur leur terre. Trois destins scellés à jamais dans un monde sur le point de basculer.
Mêlant lyrisme et poésie, convoquant la singularité de chaque voix – habitée par la foi absolue ou la puissance prophétique du rêve – Boyden restitue, dans ce roman d'une puissance visuelle qui rappelle Le Nouveau Monde de Terrence Malick, la folie et l'absurdité de tout conflit, donnant à son livre une dimension d'une incroyable modernité, où « le passé et le futur sont le présent. »



J'ai eu la chance de rencontrer Joseph Boyden et d'avoir son dernier livre au Salon du Livre de Paris – 2014. Je me suis empressée de le commencer car le résumé m'attirait énormément.
Dans le grand cercle du monde, nous allons pouvoir suivre trois personnages principaux. Il y a un jésuite français, que l'on connait au début seulement sous le surnom du « Corbeau », il y a Oiseau, un chef de guerre Huron, et une jeune fille iroquoise, capturée par Oiseau. Le jésuite est en mission pour promouvoir son Dieu et Sa parole, lorsqu'il se fait capturer par les Hurons, et par leur chef Oiseau, qui a également capturé une jeune fille d'un clan adverse, appelée Chutes-de-Neige.
Ce qui m'a attirée Dans le grand cercle du monde, c'est le fait de connaître enfin Joseph Boyden, un auteur dont on m'a dit énormément de bien. Je ne pense pas en rester là quant à la découverte de son univers ! Mais surtout, le résumé m'attirait énormément. Une épopée dans ce qui constituerait le Canada et le nord des États-Unis actuel, avec les coutumes des Indiens, l'expansion du catholicisme...
Le petit détail qui m'a également interpellée, c'est cette allusion au Nouveau Monde, le film de Terrence Malick qui raconte l'histoire de John Smith et de Pocahontas. Il y a effectivement des ressemblances, des points communs : une volonté de prendre son temps, de déployer tout un paysage devant le spectateur, porté par une très belle manière de raconter, très visuelle aussi : le livre de Joseph Boyden serait parfaitement à sa place dans les décors du Nouveau Monde ! Il y a vraiment une ambiance commune, une époque et des peuples similaires...
Joseph Boyden a écrit ici une œuvre vraiment époustouflante. Dans le grand cercle du monde va voir deux visions, deux peuples différents : il y a les Indiens, composé d'une multitude de clans avec des coutumes différentes, et les hommes blancs, représentés notamment par les jésuites et par les français en général, avec qui les Indiens vont se livrer au troc. D'un côté, on a donc des « sauvages », avec leur vision d'un monde onirique puissant où règnent les esprits, les modes de vie qui sont dominés par les saisons, les plantations, les chasses... De l'autre côté, les hommes blancs se disent « civilisés », et qui tentent de convertir les Indiens au seul Dieu, pour le salut de leurs âmes. Deux visions différentes du monde qui vont se heurter et très peu se comprendre.
Pour ce qui est des personnages, nous allons donc suivre le jésuite français, Christophe Corbeau. Il va être capturé, va vivre chez les Hurons, va voir l'arrivée de certains de ses collègues... La vie va être très dure pour lui, l'adaptation va être rude. Mais soutenu par sa foi et par sa curiosité, il va tenir bon jusqu'à la fin.
Oiseau est un chef Huron, et qui va voir l'arrivée de Christophe d'un mauvais œil, mais avec la volonté de connaitre ces nouveaux arrivants. Sa femme et ses filles ont été tués, il ne va vivre au début que pour son clan et sa vengeance.
L'arrivée de Chutes-de-Neige va changer énormément les événements, surtout lorsqu'elle va être adopté comme la fille d'Oiseau. Elle est originaire du clan des Iroquois, et depuis son enlèvement, elle va vivre comme Oiseau : pour la vengeance.
Ce sont des personnages qui vont énormément évoluer tout au long de l'histoire. Ils vont apprendre de nouvelles façons de voir le monde, découvrir d'autres cultures et d'autres individus. Dans le grand cercle du monde est un roman d'aventures et d'apprentissage, car le lecteur va être également emporté dans cet univers si différent. Le fait de pouvoir vivre avec les Indiens au jour le jour nous permet de découvrir cette époque et leur manière de faire, surtout que Joseph Boyden s'est vraiment très bien documenter et à réussir à retranscrire sans en faire un essai littéraire, mais un roman qui nous emporte et nous apprends tout à la fois. La connaissance avec les jésuites est également très bien amenée, ainsi que le choc culturel. Il faut s'habituer à la narration au début, car les chapitres alternent entre les trois personnages principaux et il faut au début parfois faire un effort pour savoir qui parle. Mais c'est un petit détail qui s'efface très vite une fois qu'on habitué au rythme et aux personnages.
Donc, un récit dense, très descriptif (peut-être trop pour certaines scènes de tortures), et une époque que j'aurais bien aimé vivre. Joseph Boyden présente une manière de vivre très dure, mais extrêmement intéressante, et à laquelle je vais m'intéresser de plus en plus ! Je vous conseille donc énormément Dans le grand cercle du monde !
 
 
 
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20/04/2014

Les stagiaires, de Samantha Bailly

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Les stagiaires

Samantha Bailly



Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent tous d'horizons différents. Leur seul point commun : ils rêvent de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l'édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l'industrie créative.
Une réalité s'impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d'élus. Désormais, le stage est devenu une étape obligatoire pour ces jeunes qui sont à la croisée des chemins dans leurs vies professionnelles et affectives.
Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne.
Étudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu'on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses.
À leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro...
Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s'entremêlent. Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ? Quand la "génération Y" entre en collision avec le monde du travail : un récit marquant dans lequel beaucoup de jeunes adultes se reconnaîtront.



Le dernier livre de Samantha Bailly, sur lequel j'ai craqué au Salon du Livre de Paris.
Dans Les stagiaires, on va suivre 4 jeunes gens : Ophélie, Arthur, Hugues et Alix. Tous provenant de formations et d'endroits différents, ils vont tous avoir la possibilité de faire un stage chez Pyxis, une entreprise spécialisée dans le manga et les jeux vidéo. C'est dit dès le départ : peu d'élus, peu d'appelés. Tous n'auront pas la chance de continuer leur route à Pyxis après le stage.
Pour ce qui est des personnages, il y a Ophélie, une provinciale qui a tout laissé derrière elle pour avoir la chance de faire ce stage. Arthur hésite entre travailler dans le domaine qui lui plait ou travailler dans la finance comme sa famille le voudrait. Il y a Alix, une jeune femme qui ne voit que ses séries préférées. Hugues, un graphiste, est un jeune homme qui entend bien profiter de cette expérience.
Des personnes différentes, des parcours différents...Tout cela va générer une atmosphère à la fois chaleureuse et tendue : entre ceux qui veulent rester et qui sont prêts à tout, ceux qui ne voit que leur intérêt, ou qui ont des envies différentes, ça va être un stage très agité ! Le travail est une chose, sa vie personnelle une autre, mais pourtant, comment peut-on éviter que les deux ne se mélangent ?
Pendant 6 mois, les stagiaires vont se confronter au monde dur du travail : sous-payés, souvent exploités, des objectifs à atteindre, les individus vont se télescoper les uns aux autres. Mais il va y avoir également ce à quoi toutes personnes a été confrontés : la recherche d'un travail ou d'un stage, les questionnements sur son avenir et sur sa place dans la société, se trouver, et surtout trouver un logement, un salaire correct... Bref, c'est un moment de vie qui est traité dans Les stagiaires !
Samantha Bailly écrit un de ses meilleurs livres. Oraisons restera un gros coup de cœur, mais je me suis sentie plus proche de ce livre que de A pile ou face ou Ce qui nous lie (que j'avais déjà bien aimé !). Mais celui-ci a une résonance particulière : je me suis sentie particulièrement proche d'Ophélie, car je me suis retrouvée dans ses difficultés à trouver un logement décent à Paris, dans sa joie à avoir trouvé un stage dans un domaine qui lui plait, et le fait d'hésiter sur les décisions à prendre concernant son travail ou sa vie personnelle. Sa volonté de trouver un stage qui lui plait et de le faire à Pyxis n'a pas été facile, car elle doit pour ça quitter sa ville d'origine pour monter à Paris, et laisser derrière elle famille, ami et petit ami. Elle va se retrouver dans un domaine où la compétition fait rage, avec une chef qui ne pense qu'à son travail. Bref, un vécu dans lequel je me rapidement identifiée !
Un autre personnage que l'on suit énormément est Arthur. Il fait partie d'une famille très aisée, qui souhaite le voir travail dans la finance. Lui ne pense qu'à s'amuser, à boire et à rencontrer des filles malgré le fait qu'il soit en couple. Autant dire un personnage assez antipathique, et que j'aurais pris plaisir à frapper à plusieurs reprises !
L'ensemble des personnages est très bien décrit, on retrouve cette atmosphère spéciale au monde du travail. Samantha Bailly a fait des Stagiaires un livre intéressant, accessible mais surtout passionnant. Écrit très simplement, j'ai dévorée ce livre en moins de deux, avec beaucoup de plaisir. J'ai particulièrement aimé la fin, avec cette ouverture sur le passé des patrons, ce qui nous rappelle que les patrons et toutes personnes a commencé exactement comme les jeunes. Tout le monde à sa chance, il suffit parfois d'un simple coup de pouce ou d'un peu de chance.
Si vous ne connaissez pas encore Samantha Bailly, je vous conseille Les stagiaires !
 
 
 
 
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03/04/2014

Les collines d'eucalyptus, de Duong Thu Huong

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Les collines d'eucalyptus

 

Duong Thu Huong



Coup de cœur



Derrière les barreaux de sa prison, Thanh contemple les derniers lambeaux de brume sur la paroi rocheuse qui lui tient désormais lieu d'horizon. Il a été condamné aux travaux forcés.
Parce que ce jeune homme sans histoire, excellent élève et fils modèle, a découvert très tôt son homosexualité et qu'il lui a paru insurmontable de l'avouer à ses parents, son destin a basculé. Comment il est tombé sous la coupe d'un mauvais garçon avec qui il a fui sa ville natale et comment il s'est retrouvé piégé, c'est le fatal et poignant engrenage que Duong Thu Huong met en scène.
Thanh est désespérément seul pour cette descente dans les cercles de son enfer intime. Il ne peut confier à personne les affres de sa relation avec son compagnon qui, en parfait manipulateur, joue de l'attirance physique qu'il exerce pour vivre à ses crochets. Honteux de sa faiblesse et de sa lâcheté, Thanh se garde bien de demander conseil à Tiên Lai, l'homme mûr en qui il a pourtant le sentiment d'avoir rencontré un alter ego.
À Dalat où ils végètent comme ramasseurs de balles sur des cours de tennis, Thanh n'a pas la force d'éconduire son mauvais génie. Il s'enfuit en vain à Saigon, croyant trouver refuge dans l'anonymat de la métropole.
Si l'issue de cette sombre liaison est bien fatale, Duong Thu Huong écrit pourtant un roman de la rédemption. Son jeune héros, dont les tribulations lui donnent la matière d'une vertigineuse plongée dans le Vietnam de la fin des années 80, ne finira pas au bagne.



Dans les nouveautés de ces derniers temps, Les collines d'eucalyptus m'a particulièrement attirée.
Nous découvrons Thanh en prison, confronté à la dureté de ce système, aux relations avec les gardiens et les autres détenus. En prison, pour un motif que nous découvrirons au fur et à mesure qu'avance l'histoire. Avec des flash-back, nous visitons petit bout par petit bout le passé de ce personnage, que l'on découvre homosexuel, un garçon sans histoire et très bon élève. Terrifié à l'idée d'être rejeté ou de voir sa famille mise au ban de la société, Thanh va s'enfuir en compagnie de son amant, un mauvais garçon de son village.
Il va vagabonder, descendant de plus en plus bas dans son enfer personnel, se dégoûtant lui-même de sa lâcheté, de sa peur, de laisser vivre à ses crochets un compagnon qu'il n'aime plus.
Dans Les collines d'eucalyptus, Duong Thu Huong va nous entraîner dans la vie mouvementée de Thanh, mais aussi dans celles des individus qu'il va croiser. Que ce soit celle de son compagnon, des hommes qu'il rencontre, d'individus dans la prison où il est enfermé, on va avoir droit à un moment de leur parcours, quel a été leur chemin... Je ne connaissais absolument pas Duong Thu Huong avant ce roman, mais c'est maintenant une auteure que je vais suivre ! Elle a parfaitement décrit l'atmosphère du Vietnam, les relations et les façons dont les personnages interagissent. Le point fort est vraiment d'avoir décrit l'ambiance d'un petit village, comment les rumeurs peuvent circuler et comment on peut se retrouver face à l'opprobre de tous les gens que l'on connait. Duong Thu Huong décrit parfaitement les mœurs, les contraintes, les valeurs... Mais aussi les sentiments amoureux, le sentiment de fuir sans pouvoir jamais vraiment se poser quelque part.
Les collines d'eucalyptus est un gros pavé, mais qui s'enchaîne tout seul ! J'ai dévoré les pages, je me suis profondément attachée aux personnages et spécialement à Thanh, qui est un jeune homme intelligent, sensible, mais vraiment trop pris par les complexités de sa vie. Il va être amené à faire des choses qu'il ne voulait pas à cause de ses relations, sa fidélité et sa dépendance à l'égard de son amant puis le fait de se retrouver pris à parti à cause de lui vont lui faire avoir une vie tumultueuse, où l'on voit que l'amour peut être très beau, mais aussi une situation où on profite des faiblesses de ses partenaires. Heureusement que Thanh va trouver des personnes qui vont véritablement l'aider et l'aider sur sa route, non seulement sa famille mais aussi des amis, des gens qui vont se révèlent être de vrais joyaux, des personnages capables d'aimer vraiment, et non de prétendre aimer pour arriver à leur fin.
Les collines d'eucalyptus est un gros coup de cœur, je ne peux que vous le recommander ! Je suis très impatiente maintenant de découvrir Itinéraire d'enfance, dont le résumé m'attirait énormément, et Terre des Oublis qui est apparemment le meilleur de Duong Thu Huong !
Quelques mots pour finir sur l'auteur, car en me renseignant je me suis aperçue que ce n'était pas n'importe qui : c'est une romancière, mais surtout une dissidente politique vietnamienne, qui s'est illustré pour ses combats en faveur de la démocratie et de la liberté. Ce qui n'est pas franchement du goût de la politique vietnamienne, on peut le dire. Son père s'est engagé auprès des nationalistes vietnamiens, elle a reçu une éducation traditionnelle et s'est inscrite ensuite à l’École Supérieur de la Culture, Duong Thu Huong est allée également en Bulgarie, en Allemagne et en URSS. Elle a été mariée avec un homme qui la battait, et sa famille a longtemps refusée qu'elle divorce car c'était une honte pour l'honneur de la famille. Elle s'est beaucoup intéressée à la politique mais aussi aux arts, que ce soit en écrivant des scénarios qu'en rejoignant des partis politiques. Duong Thu Huong reçoit la médaille de chevalier des arts et des lettres en 1994, ce qui ne va pas être appréciés des autorités vietnamiennes, qui vont la surveiller encore plus. On peut le voir, Duong Thu Huong a une vie très remplie et très dense, qui rejaillit sur ses écrits, notamment par l'amour contrarié et les valeurs familiales, une critique de la politique et de la société...
Si vous ne connaissez pas encore cette auteure, elle est à découvrir très vite !



Mais que peut faire quand le destin sépare ceux qui s'aiment ?
Que peuvent les hommes, ces petites fourmis aveugles tâtonnant dans le
monde grâce à leurs antennes, lorsqu'ils sont pris dans la tourmente ?


Chaque destin d'homme est conduit par une main invisible.
Nul ne peut modifier le cours d'une rivière, nul ne peut remodeler le relief d'une montagne.
Qui fléchirait sa propre destinée ?
 
 

 
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27/03/2014

Impératrice, de Shan Sa

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Impératrice

Shan Sa



Elle est née dans la fabuleuse dynastie Tang du VIIe siècle.
Elle a grandi au bord du fleuve Long, où elle apprenait à dompter les chevaux.
Elle est entrée au gynécée impérial où vivaient dix mille concubines.
Elle a connu les meurtres, les complots, les trahisons, elle est devenue Impératrice de Chine.
Elle a connu la guerre, la famine, l'épidémie.
Elle a porté la civilisation chinoise à son apogée, elle a vécu entourée de poétesses, de calligraphes, de philosophes. Elle a régné sur le plus vaste empire sous le ciel, dans le plus beau palais du monde.
Elle est devenue l'Empereur-Sacré-Qui-Fait-Tourner-la-Roue-d'Or.
Son nom a été outragé, son histoire déformée, ses mémoires effacées, les hommes se sont vengés d'une femme qui avait osé devenir Empereur, et pour la première fois depuis treize siècles, elle ouvre les portes de sa Cité Interdite.


Impératrice est l'histoire d'une simple roturière – certes de bonne famille – qui est devenu l'Impératrice de la Cité Interdite.
Chine, VIIème siècle. Avant de devenir impératrice, Lumière a été élevée à la fois à la fois dans les traditions, mais surtout en-dehors, notamment avec ses penchants à dompter les chevaux. Vivant avec sa mère et sa sœur dans le village de son père, qui vient de mourir, elle est recommandée pour entrer à la cour du souverain, et dans son Gynécée. Evoluant désormais dans un monde tout à fait différent, elle va se faire sa place à coup de ruses et de force, jusqu'à devenir Impératrice, la seule femme à être sur le trône.
Concubine au départ, elle se rend compte qu'elle a plus de capacité pour diriger que l'Empereur actuel. Dirigeant l'empire dans l'ombre au départ, elle va finir par le gouverner au vu de tout le monde, ce qui ne lui attire pas forcément la sympathie !
Je connaissais déjà Shan Sa par ses romans précédents, parmi lesquels on peut citer Alexandre & Alestria, La cithare nue, Porte de la Paix Céleste, Les quatre vies du saule, La Joueuse de Go... Impératrice n'est pas un coup de cœur contrairement à La Joueuse de Go et Porte de la Paix Céleste, mais c'est un livre dans lequel j'ai retrouvé avec un immense plaisir la plume si reconnaissable de l'auteur.
Dans ce roman, on peut assister à une période d'histoire, certes romancé, mais très intéressante ! Je ne connais pas du tout l'histoire de ces grandes dynasties chinoises, dont on devrait pourtant nous parler plus souvent. Shan Sa nous permet de se plonger dans ces événements méconnus mais surtout nous donne envie d'en apprendre toujours plus.
Lumière est un personnage que j'ai suivi avec intérêt : de personne dont on ne préoccupait pas, elle est devenue une des concubines les plus importantes et ensuite Impératrice de Chine. Non seulement elle a réglé très longtemps, mais elle a aussi permis la prospérité de son peuple, elle connaissait la politique et les démarches à suivre sur le bout des doigts, n'hésitant pas à faire n'importe quoi pour garder le pouvoir et un pays stable et puissant.
Impératrice est une très belle histoire, encore une fois, servi par une écriture poétique, vraiment merveilleuse ! Si vous ne connaissez pas encore Shan Sa, n'hésitez surtout pas à vous précipiter sur ses romans !
 
 
 
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21/03/2014

A pile ou face, de Samantha Bailly

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A pile ou face

Samantha Bailly



Emma n'en croit pas ses yeux quand elle reçoit un mail de son frère Maxime.
Impossible ! Absolument impossible !
Les images du passé s'impriment sur sa rétine. La voiture de Maxime. L'accident. Les secours qui évacuent son corps sans vie.
Emma s'éloigne de l'ordinateur. S'approche à nouveau. Ses doigts tremblent. Une pression de l'index.
Le message s'ouvre...
Et si soudain, vous pouviez prévoir l'avenir ?



Après mon coup de cœur pour le diptyque d'Oraisons, je me suis plongée dans les romans suivants de Samantha Bailly, comme Ce qui nous lie ou Lignes de Vie. Alors, j'étais très curieuse de lire A pile ou face !
Emma est une jeune fille tout à fait normale, encore en train de se chercher et d'essayer de surmonter la peine dû au décès de son frère, Maxime, mort dans un accident de voiture. Elle tente de vivre le plus normalement et de retrouver goût au quotidien. Jusqu'au jour où elle reçoit un message de Maxime. Cela va l'entraîner dans une affaire qui dépassait de loin tout ce qu'elle pouvait imaginer.
Le mail de son frère va lui envoyer un lien d'un livre numérique qui pourrait prévoir l'avenir grâce à une science divinatoire chinoise datant de centaines d'années : c'est le Yi King. Dans le même temps, elle va découvrir une association mystérieuse très intéressée par les sciences occultes, et en parallèle, une fille de sa classe va disparaître. Est-ce que les deux affaires sont connectées ? Emma va très vite se lancer dans une enquête pour tenter de découvrir la vérité sur son frère, sur le Yi King et l'association.
Samantha Bailly a fait d'A pile ou face un roman intéressant, mais qui n'atteint pas l'intensité d'Oraisons ou Lignes de Vie. C'est un roman plus court, moins abouti, qui aurait mérité d'être plus approfondi et plus long.
Tel qu'il est, ce roman s'est révélé une petite lecture intéressante, facile à lire et je ne m'y suis pas ennuyée, ce qui est le principal. Au fur et à mesure, on se plonge dans une enquête, à la fois pour découvrir la vérité sur la mort de Maxime, sur l'enlèvement de la jeune fille... Le côté thriller est servi par un côté aussi fantastique, avec l'apparition de ce livre qui a apparemment le pouvoir de prédire l'avenir. Affabulation ou science exacte ?
A pile ou face est un livre à l'intrigue peu développé, très accessible, qui plaira surtout à de jeunes ados, je pense. Ce n'est pas le roman de Samantha Bailly que je retiendrais le plus, mais qui m'a fait passer un bon moment dans l'ensemble, c'est tout ce que je demande ! Les personnages sont intéressants également dans l'ensemble, j'ai bien aimé Emma, une adolescente à laquelle on peut facilement s'identifier. J'aurais été curieuse d'en apprendre davantage sur Maxime et découvrir davantage sa vie passée et ses motivations.
Mais en tout cas, j'attends avec beaucoup d'impatience le prochain livre de Samantha Bailly dans l'univers d'Oraisons, spécialement pour retrouver le personnage de Sonax !
 
 
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