Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/07/2013

Villette, de Charlotte Brontë

villette,charlotte brontë,classique

Villette

 

Charlotte Brontë




Lucy Snowe, 14 ans, a développé une profonde affection pour le jeune Graham Bretton, fils de sa marraine. Leur attachement est mutuel, mais le père de Graham vient bientôt récupérer son fils...
Peu de temps après leurs adieux, Lucy doit quitter la maison. Après quelques hésitations, elle est engagée comme aide par Miss Marchmont, une dame handicapée. À la mort de celle-ci, pleine d'attentes et d'espoirs, Lucy prend un navire pour le royaume de Labassecour et sa capitale, Villette, où elle est employée comme institutrice à l'internat pour jeunes filles de Mme Beck.
Dans cette école, un certain Dr John rend souvent visite à la coquette Ginevra, dont il est amoureux. Mais on apprend que le Dr John n'est autre que Graham Bretton. Bientôt, Lucy et lui renouent...



Après lu Jane Eyre, je me suis intéressée aux autres œuvres de Charlotte Brontë.
Villette raconte l'histoire de Lucy Snow, une jeune femme origine d'Angleterre. Après sa vie chez sa marraine et la garde d'une vieille dame malade, elle décide d'aller tenter sa chance à Villette pour devenir professeur.
Villette est un roman très dense, avec une intrigue pour le moins captivante, mais c'est surtout un portrait de la société et des personnages vraiment très travaillés et acérés. Charlotte Brontë décrit avec précision les différentes sociétés qui se croisent à Villette, qu'elles soient de haute ou de moyenne condition, avec un jugement très sévère sur les jeunes femmes de bonne famille, qui n'attendent qu'un mari et sans le moindre souhait d'acquérir davantage d'éducation. La condition féminine, les choix et les métiers qui s'offrent à elle... Tout cela, Charlotte Brontë le décrit avec bio !
J'ai apprécié ce roman pour la touche encore plus personnelle que Charlotte Brontë lui a donné. L'auteur a, en effet, vécu un certain temps à Bruxelles, dans un pensionnat. D'abord étudiante, puis en tant que maîtresse d'anglais, son but était de parfaire ses connaissances et, à terme, de pouvoir créer son propre pensionnat de jeunes filles. Là-bas, elle a connu une grande passion avec un de ses professeurs, malheureusement marié. Cet amour secret aura de grandes répercussions sur la vie de Charlotte...
Villette est vraiment une excellente surprise, pour moi qui avait peur d'être déçue après l'immense coup de cœur qu'avait été Jane Eyre. Mais pour ne pas vous mentir, j'ai quand même toujours une préférence pour Jane Eyre ! En effet, je n'ai pas dévorée Villette d'un trait, sans jamais le lâcher. Il y a parfois des temps morts, des passages un peu moins « maitrisés » dans l'écriture... Mais je ne vois que ça, si je devais vraiment trouver des défauts à ce roman !
Les personnages sont la clé de voûte du récit. Lucy Snow est une jeune femme que j'ai trouvée à la fois ressemblante et différente de Jane Eyre. Elle a assez de cran pour partir dans un endroit inconnu, pour exercer un nouveau métier, avec des gens qu'elle ne connait pas. Mais en même temps, elle a une fragilité à fleur de peau, une faiblesse qui ne sera pas la même que pour Jane Eyre, ou peut-être plus visible et moins bien maîtrisée, tenue. Ensuite, Mr Paul Emmanuel est un professeur à la pension, qui va devenir l'un des amis de Lucy. Très différent de Rochester, il n'a pas le même charisme et la même prestance. C'est un petit personnage plus caricatural, mais dont les colères, parfois assez ridicules, m'ont beaucoup fait rire ! Ses dialogues et ses interactions m'ont interpellé, et les scènes où il apparait ne sont jamais ennuyeuses. Ce sont les personnages les plus marquants du récit, avec Mme Beck, la responsable de la pension, une femme à la fois antipathique et intéressante.
Par contre, pour avoir votre avis, il faut me pardonner, mais je vais faire un très gros SPOILER ! Alors, attention, ne lisez pas ce passage si vous ne voulez pas savoir la fin ! L'amour entre Lucy et Mr Paul Emmanuel va se développer peu à peu au cours du roman. Mais seulement voilà, à la fin de Villette, le professeur est parti aux Antilles et revient en bateau, qui coule... Alors est-il mort, ou est-il revenu pour épouser Lucy Snow ? Il y a débat sur cette question, et Charlotte Brontë a laissé cette fin volontairement vague, je pense. FIN DU SPOILER !
Donc, pour conclure, je dirais que Villette n'est pas le roman, classique ou de Charlotte Brontë, que je préfère, mais qui reste incontestablement un livre à lire absolument !




Les gens sensés disent que c'est une folie
que de croire que quelqu'un puisse être parfait ;
quant à aimer ou ne pas aimer, nous devons
être aimables envers tout le monde et n'adorer personne.

 

 

 

 

Logo Livraddict

18/04/2013

Fiche Série n°2 : Jane Eyre - Mini-Série, BBC

série,n°2,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,susanna white,ruth wilson,toby stephens

Fiche technique

Réalisé par Susanna White
Nationalité Britannique
Genre Drame, Classique
Statut Production achevée

série,n°2,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,susanna white,ruth wilson,toby stephens

 

Casting

Ruth Wilson
Rôle : Jane Eyre
Toby Stephens
Rôle : Mr. Rochester
Christina Cole
Rôle : Blanche Ingram
Lorraine Ashbourne
Rôle : Mrs. Fairfax
Cosima Littlewood
Rôle : Adèle
Pam Ferris
Rôle : Grace Poole


série,n°2,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,susanna white,ruth wilson,toby stephens

 

Synopsis

Devenue orpheline très jeune, sans la moindre fortune, la petite Jane Eyre est élevée par une parente aisée, la tante Reed, dans le nord-est de l'Angleterre. Souffre-douleur de ses cousins, maltraitée par leur mère, l'enfant solitaire et rebelle est envoyée à Lockwood, un pensionnat pour jeunes filles pauvres.
Durant ces sévères années d'apprentissage, qui font d'elle une jeune fille accomplie, elle affronte la mort de son unique amie et noie sa tristesse dans le dessin.
À 19 ans, elle part travailler dans une vaste demeure isolée, Thornfield Hall, comme gouvernante auprès de la pupille d'un riche original, Edward Rochester, lui-même se trouvant à l'étranger. Tous deux se retrouvent face à face pour la première fois sur la lande, un soir d'orage...

 

série,n°2,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,susanna white,ruth wilson,toby stephens

 

Mon avis

J'ai vu peu d'adaptation du roman de Charlotte Brontë : deux, en tout et pour tout, du pour le moment ! La première était le film de 2012, réalisé par Cary Fukunaga, avec Michael Fassbender et Mia Wasikowska dans les rôles titres. La deuxième version est donc cette mini-série de la BBC. Réalisé par Susanna White, sur un scénario de Sandy Welch, avec Toby Stephens dans le rôle de Rochester, Ruth Wilson dans celui de série,n°2,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,susanna white,ruth wilson,toby stephensJane Eyre. Composée de quatre épisodes, chacun d'une durée d'environ 55 min, pour presque 4h en tout, ce format de mini-série offre un temps plus long pour bien mettre en place l'histoire.
Une histoire qu'on n'a peut-être pas besoin de rappeler ? Pour faire court, Jane Eyre est une orpheline recueillie par sa tante, Mrs Reed. Maltraitée, la petite fille est envoyée à l'âge de dix ans à l'institut Lowood. D'abord étudiante puis maîtresse, elle va trouver un autre travail, en tant que gouvernante d'Adèle, une petite française pupille du maître de Thornfield Hall : Mr Rochester. Leur intérêt naissant, puis leur amour, un vrai parcours du combattant ! Notamment lorsque Jane s'enfuie et, presque morte de faim, sur la lande, est recueillie par un pasteur, St Jon Rivers, et hébergée par ses sœurs.
La longueur de l'adaptation permet à la série d'être fidèle au roman Jane Eyre. Mais même aussi bien adapté que possible, ce n'est évidemment pas la même chose. L'enfance de Jane Eyre, son séjour à Lowood, sont traités en une dizaine de minutes, ce qui est dommage car c'est là que la jeune femme s'est construite, a grandi.
Mais aussi le plus gros défaut serait la manière d'avoir traité la partie avec les Rivers. C'est certes plus complet que dans le film de Cary Fukunaga, car on y apprend bien ici que ce sont ses cousins, leurs liens de parentés, on y voit St John amoureux... Mais malgré tout, c'est ici que j'ai été le moins convaincue, car Jane a passé environ un an avec eux, et c'est dans la série très peu développé, ainsi que la morale de St John, la grande emprise qu'il a sur Jane, qui y succombe presque. Mais aussi le fait que dans cette partie, Jane retrouve la mémoire, nous faisant revivre des scènes du passé avec Rochester par flashbacks. Car contrairement au roman où elle change son nom pour éviter de se faire retrouver, ici elle a perdu la mémoire...
série,n°2,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,susanna white,ruth wilson,toby stephensCes deux points sont pour moi les deux défauts « évidents » de la série. Car après on peut toujours ajouter des détails (certaines scènes sont déplacées, ajoutées, transformées, des personnages ajoutés ou légèrement modifiés), mais ce ne sont là que des détails ! Ah, une scène quand même, sur laquelle je voudrais m'attarder. Dans le roman Jane Eyre, il y a un passage avec une gitane. SPOILER. En fait, Mr Rochester déguisé, qui voulait s'amuser au dépend de ses invités, et savoir ce que Jane pense. Effectivement, elle est présente dans la mini-série, mais elle fait partie de celles qui ont été modifiée, car au lieu de se déguiser, Mr Rochester a employé une bohémienne et s'est caché pour assister à la scène. J'étais contente de retrouver ce passage qui fait partie de mes préférés, mais j'aurais voulu quand même qu'elle se rapproche de l'original ! FIN DU SPOILER.
Bon, passons maintenant aux acteurs. J'étais curieuse puis impressionné par la prestation de Michael Fassbender, et je voulais maintenant voir comment aller se débrouiller Toby Stephens ((que l'on peut voir par exemple dans le James Bond Meurs un autre jour, et surtout talentueux fils de la non moins talentueuse Maggie Smith !). Pour moi, il se rapproche vraiment beaucoup du personnage décrit par Charlotte Brontë. Même si, physiquement, ce n'est pas comme ça que je me le représente, il est vraiment Rochester dans cette adaptation. Il a réussi à rendre le côté à la fois brusque et autoritaire, mais aussi l'humour : j'ai eu régulièrement des rires dans cette adaptation, car Jane Eyre est loin d'être une œuvre sombre, l'humour et la causticité y sont très présents ! J'ai particulièrement apprécié la scène où Jane annonce qu'elle doit se rendre auprès de sa tante malade. Toby Stephens a également réussi à rendre que, sous le tempérament orageux, sombre, souvent dur de Rochester, il y a un homme intelligent, en quête de rédemption, capable de rire. Ruth Wilson incarne une Jane Eyre vraiment incroyable ! Ce n'est pas une jeune fille apeurée par son inexpérience du vaste monde, elle saisit toutes les occasions pour apprendre et découvrir. Elle possède la morale de l'époque (elle refuserait de faire le mal, même pour ceux qu'elle aime, tout en pouvant faire tout ce qu'elle peut pour eux), mais passe également au-dessus des préjugés, notamment en devenant amie et en tombant amoureuse de son maître, un homme dont la condition est « supérieure » à la sienne, et en ayant un comportement peu conventionnel, avec une indépendance d'esprit très forte. Passons à Ruth Wilson, qui m'était déjà un peu connue en interprétant Alice Morgan dans la série Luther (une série dans laquelle elle est vraiment excellente !). Elle est connue notamment pour ses rôles au théâtre, mais elle sait diversifier ses rôles sur le petit et le grand écran, avec donc Luther, le remake du Prisonnier, et on pourra bientôt la remarquer dans The Lone Ranger, aux côtés d'Armie Hammer, Johnny Depp et Helena Bonham Carter. Dans le rôle de Jane, Ruth parvient à faire ressortir la complexité du personnage, sa psychologie. En outre, elle convient aussi bien physiquement à Jane Eyre : elle ne correspond pas aux « critères de la mode », mais elle révèle une force et un charisme très puissant ! Outre, ces deux personnages principaux, la série offre, à l'image du livre de Charlotte Brontë, une palette de personnages secondaires tous très intéressants et bien mis en scène.
série,n°2,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,susanna white,ruth wilson,toby stephensEnfin, les décors : j'ai été amusée de constater que le principal lieu de tournage, le Haddon Hall, le manoir représentant Thornfield a servi pour trois adaptations de Jane Eyre : le film de Franco Zeffirelli en 1996, pour Cary Fukunaga en 2011, et pour cette mini-série de la BBC. C'est vraiment un manoir très beau, qui correspond bien à l'atmosphère du roman, même si quelques scènes furent filmées dans des parcs extérieurs, en studio ou dans des hangars. Une atmosphère gothique, sombre (peut-être que dans la version de Cary Fukunaga), où on sent véritablement l'empreinte de Charlotte Brontë. Comme Jane, une vraie sorcière, sa magie agit toujours et imprègne non seulement son roman, mais aussi toutes les adaptations qui en découlent.
Des légères prises de liberté par rapport à l'œuvre originale de Charlotte Brontë, mais qui se font rapidement oubliés par la qualité de l'adaptation ! Jane Eyre est décidément toujours aussi présent, pour mon plus grand bonheur !

22/07/2012

Fiche Film n°1 : Jane Eyre


 
 
Fiche technique


Date de sortie
25 juillet 2012

Réalisé par
Cary Fukunaga

Genre
Drame, Romance

Nationalité
Américain, britannique

fiche film,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,brontë,cary fukunaga,michael fassbender,mia wasikowska

Casting


Mia Wasikowska
Rôle : Jane Eyre

Michael Fassbender
Rôle : Edward Rochester

Jamie Bell
Rôle : St. John Rivers

Imogen Poots
Rôle : Blanche Ingram

Sophie Ward
Rôle : Lady Ingram

Judi Dench
Rôle : Mme Fairfax

fiche film,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,cary fukunaga,michael fassbender,mia wasikowska

fiche film,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,cary fukunaga,michael fassbender,mia wasikowska

Synopsis

 

Jane Eyre est engagée comme gouvernante de la petite Adèle chez le riche Edward Rochester.
Cet homme ombrageux ne tarde pas à être sensible aux charmes de la jeune fille. C'est le début d'une folle passion...

 

fiche film,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,cary fukunaga,michael fassbender,mia wasikowska

Secrets de tournage

 

Derrière la caméra
A la mise en scène de cette nouvelle adaptation de Jane Eyre, on trouve Cary Fukunaga, réalisateur de Sin Nombre, récompensé dans de nombreux festivals, dont celui de Sundance en 2010.

Adaptations
L'œuvre de Charlotte Brontë ne cesse d'inspirer les cinéastes. On recense pas moins d'une vingtaine d'adaptations cinématographiques et télévisuelles parmi lesquelles la version de Robert Stevenson en 1944 avec Orson Welles, celle de 1996 avec Charlotte Gainsbourg et William Hurt mais aussi Vaudou (1943) de Jacques Tourneur dont le producteur Val Lewton revendique la parenté avec le roman anglais.

A la recherche de Rochester
Pour le rôle de Rochester, le metteur en scène Cary Fukunaga a longuement médité afin de savoir pour quel acteur il opterait. Finalement, il est arrivé à la conclusion que si Michael Fassbender n'était pas le comédien dont le physique collait le mieux au personnage, sa personnalité convenait quant à elle parfaitement au rôle.

Bretelles de pacotille
Lors du tournage de la scène suivant le mariage de Jane et Rochester, la production a dû être interrompue à plusieurs reprises à cause des bretelles de Michael Fassbender qui ne cessaient de se rompre.

Jane Eyre personnifiée
A l'inverse des nombreuses adaptations du livre de Charlotte Brontë, c'est une actrice proche de l'âge de Jane Eyre, l'héroïne du roman, qui a été retenue pour le rôle. A la suite des auditions, le réalisateur Cary Fukunaga a jugé que la comédienne Mia Wasikowska serait capable d'exprimer l'intelligence et le sens de l'observation de son seul regard. Ce, tout en parvenant à faire fi de son physique, comme il sied à la retenue de son personnage. D'où la nécessité pour celle-ci de réussir à faire transparaître à la fois force intérieure et vulnérabilité dans une économie de mots et de gestes.

Mia Wasikowska et la littérature
La contribution de l'actrice Mia Wasikowska au casting de Jane Eyre résulte de son précédent rôle dans Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton. Cette expérience l'avait en effet amenée à lire quelques classiques, dont To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur) de Harper Lee, 1984 de George Orwell ou encore Jane Eyre. Enthousiasmée dès la lecture des premiers chapitres du roman de Charlotte Brontë, elle n'hésita pas à se proposer pour le rôle.

Une adaptation ombrageuse
Pour cette 18e adaptation du roman classique de Charlotte Brontë, le réalisateur Cary Fukunaga a choisi de prendre une tangente plus sombre et gothique que les précédentes. Pour représenter Thornfield, la propriété du mystérieux et riche Edward Rochester, le cinéaste a utilisé Haddon Hall, dans le Derbyshire en Angleterre. Si l'endroit a également été utilisé pour tourner d'autres adaptations de Jane Eyre, on y a accentué cette fois-ci l'atmosphère lugubre des lieux. La maison revêt pour cette nouvelle mouture des allures de maison hantée, rendant l'ensemble plus sinistre que jamais. Le scénario met ainsi l'accent sur les éléments noirs et glaçants du récit original. En résulte une ambiance inquiétante, voire étouffante. Pour rendre compte de ces impressions, le directeur de la photographie Adriano Goldman a opté pour une atténuation des couleurs pour donner aux protagonistes un ton pâle, grisâtre.

Un message féministe
Pour cette adaptation, le cinéaste Cary Fukunaga a vraiment souhaité mettre en relief la dimension féministe qui se dégage du roman de Charlotte Brontë. Jane Eyre traduit ainsi le désir d'égalité hommes-femmes en termes de politique, d'éducation, etc. On y met en avant l'idée qu'un même cœur et un même esprit anime aussi bien les femmes que les hommes. Que celles-ci ne se limitent pas à préparer des puddings, à tricoter des bas ou encore à jouer du piano. C'est l'illustration de la soif de reconnaissance du caractère émotionnel de la femme, de sa soif d'émancipation.

 

fiche film,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,cary fukunaga,michael fassbender,mia wasikowska

 
Mon avis



Jane Eyre, réalisé par Cary Fukunaga, est la dernière adaptation en date du roman de Charlotte Brontë.
L'histoire de Jane Eyre est connue. Au 19ème siècle, en Angleterre, la jeune femme (incarnée par Mia Wasikowska) est engagée comme préceptrice pour une fillette, Adèle, la pupille d'Edward Rochester, homme riche et mystérieux. Ils vont tomber sous le charme l'un de l'autre...
Le risque d'une adaptation est toujours de décevoir le lecteur, car aucun film ne peut rendre parfaitement le roman et ses personnages. Etant donné que la lecture de Jane Eyre m'a toujours profondément marquée, à chaque relecture, j'avais peur d'être déçue par le film.
Je trouve que Cary Fukunaga a parfaitement réussi à retranscrire l'atmosphère du roman. Sans en faire un film parfait qui colle le plus fidèlement possible à l'œuvre (quelques petits défauts, des passages oubliés ou survolés rapidement...), Jane Eyre est un film qui réussit à divertir, surprendre et, je pense, qui donne envie de découvrir l'œuvre si ce n'est pas encore fait. Pour rattraper ces petits « défauts », je dirais qu'il est difficile de mettre tous les aspects d'un livre dans un film, et Cary Fukunaga a su mettre en avant le principal de Jane Eyre dans son film.
Dans ce film, le grand point positif est le jeu des acteurs, qui ont su parfaitement coller à leurs personnages. On se sent très proche de Jane Eyre, une jeune femme forte et fragile, très indépendante. Elle refuse de se complaire à cause de son histoire dramatique, disant même à Rochester qu'elle n'a pas d'histoire malheureuse. Jane est une personne qui va rester pendant toute l'œuvre fidèle à ses principes : vivre aux côtés de Rochester une fois qu'elle a découvert son secret n'est pas seulement immoral mais aussi dévastateur pour elle. De même, elle refuse de se marier avec quelqu'un d'autre alors que son cœur est déjà pris. Cette indépendance vis-à-vis du mariage est très différente de l'attitude des autres jeunes femmes, pour qui se marier est un but. Mia Wasikowska incarne parfaitement Jane Eyre, tant dans le comportement que dans l'aspect physique, elle a un jeu sensible, très présent, qui fait parfaitement passer la retenue, la vulnérabilité et la force intérieure de Jane Eyre, sans jouer de son physique.
Ce qui m'inquiétait aussi était Michael Fassbender : je ne le voyais pas physiquement incarner Rochester. C'était donc ma plus grande réticence au sujet du casting, car le reste est très réussi, Mia Wasikowska, Jamie Bell et Judi Dench sont vraiment d'excellents acteurs ! Donc, Michael Fassbender. Je l'ai vu dans plusieurs films : 300, X-Men : Le Commencement, Prometheus, Inglourious Basterds ou A Dangerous Method, dans lesquels je l'ai trouvé très bon. Malgré ma réticence initiale, j'ai rapidement été conquise (très beau, bien que Rochester ne soit pas décrit ainsi par Charlotte Brontë), mais c'est surtout grâce à son jeu qu'il crève l'écran et se met véritablement dans la peau et le comportement de Rochester. Si son aspect physique ne correspond pas, en revanche son comportement est très conforme à celui de Rochester, tant dans l'attitude, les différentes manières de réagir, son comportement avec Jane Eyre... En outre, les deux acteurs se rapprochent de leurs personnages pour une autre raison : la différence d'âge entre eux, ce qui est conforme à l'histoire !
Les différents autres points positifs, avec le jeu des acteurs et l'intrigue respectée, est la musique, qui souligne les émotions et correspond parfaitement, pour les costumes d'époque très réussi, mais surtout par l'atmosphère souvent sombre du film, ce qui colle parfaitement au livre. On est très vite immergés dans cette vieille demeure, remplie de bruits et de courants d'air, dans les landes balayés par le vent... Bref, une atmosphère qui se rapproche beaucoup de celle décrite par Charlotte Brontë !
Si vous avez l'occasion de voir ce film, et spécialement en VOSTFR, n'hésitez pas une seule seconde ! Je pense que les amoureux de Jane Eyre se plairont dans ce film, et que cela incitera ceux qui n'ont pas lu ce chef-d'œuvre à le découvrir !
 
 

fiche film,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,cary fukunaga,michael fassbender,mia wasikowska

fiche film,adaptation,jane eyre,charlotte brontë,cary fukunaga,michael fassbender,mia wasikowska

 

Jane Eyre, de Charlotte Brontë

21/07/2012

Jane Eyre, de Charlotte Brontë

jane eyre,charlotte brontë,brontë,classique

Jane Eyre

Charlotte Brontë

Coup de cœur

 
Jane Eyre est pauvre, orpheline, pas très jolie.
Pourtant, grâce à sa seule force de caractère, et sans faillir à ses principes, elle parviendra à faire sa place dans la société rigide de l'Angleterre victorienne et à trouver l'amour...
Une héroïne qui surmonte les épreuves sans perdre foi en son avenir, une intrigue où se succède mystères et coups de théâtre, une passion amoureuse qui défie tous les obstacles : le plaisir de lire Jane Eyre est toujours aussi vif.
Comme elle, on veut croire que rien n'est écrit d'avance et que la vie réserve des bonheurs imprévus.

 

jane eyre,charlotte brontë,classique

Jane Eyre est une orpheline, âgée de 10 ans, recueillie par sa tante, Mrs Reed, qui avait promis à son mari, sur son lit de mort, de l'élever. La fillette est cependant très mal traitée, à la fois par sa tante et par ses cousins, qui n'hésitent pas à la harceler. A la suite d'une forte rébellion, Jane Eyre est envoyée à l'internat de Lowood, où les conditions de vie sont absolument effroyables. La petite fille s'y fait une amie sincère, Helen, qui décède malheureusement de la tuberculose. Après cette épidémie, les conditions de vie de l'internat changent et il devient un établissement de qualité.
Après huit ans à Lowood, six ans en tant qu'étudiante et deux ans en tant que professeur, Jane Eyre décide de changer de vie, elle passe alors une annonce dans un journal pour un travail de préceptrice. Jane est alors contactée par Mme Fairfax pour qu'elle fasse l'éducation d'Adèle, la protégée de Mr Rochester, un homme fortuné, propriétaire de Thornfield.
Jane apprend à connaître Mr Rochester, un homme qu'elle va bientôt admirer et aimer profondément. C'est un homme qui peut sembler hautain, imprévisible, mais surtout qui dissimule un caractère profondément humain, qui se sent parfois seul. Il va s'intéresser rapidement à Jane, lui vouant un attachement très profond.
Mais, suite à une annonce qui va remettre en cause tout ce qui les reliait, Jane va s'enfuit de Thornfield, désespérée. Sans argent, errant dans une région inconnue, elle se retrouve, presque mourante, devant la maison de la famille Rivers. Elle se lie d'amitié avec Mary et Diana, ainsi que de leur frère, le pasteur St-John Rivers. Elle se lie de plus en plus avec St-John, qui exercera sur elle une grande influence.
Jane Eyre est apparemment un roman qui reprend beaucoup des éléments de la vie de son auteur. La mort d'Helen avec la tuberculose provient de la mort de deux sœurs de Charlotte Brontë, morte de la même maladie suite à des mauvaises conditions dans leur école. La vie dissolue et l'alcoolisme de John Reed rappelle Branwell, le frère de Charlotte, devenu opiomane et alcoolique quelques années avant sa mort.
Jane Eyre fait partie de ces ouvrages classiques anglais absolument magique et prenant, au même titre qu'Orgueil et Préjugés, Emma, Les Hauts de Hurlevent, ou Autant en emporte le vent, par exemple. Charlotte Brontë possède ce talent de décrire une histoire, des personnages, les sentiments de manière unique. L'atmosphère et la poésie qui se dégage de Jane Eyre est absolument parfaite, c'est un véritable chef d'œuvre avec une histoire d'amour absolu.
La grande force du roman est d'être écrit à la première personne, ce qui rend l'héroïne très proche, très familière. Je me suis rapidement attachée à ce personnage, qui s'avère à la fois très forte mais aussi parfois très fragile. Les traitements de sa tante et de son cousin l'ont endurci, de même que la mort de son amie, la rendant plus sauvage. C'est une personne qui n'a pas peur de dire ce qu'elle pense, très inhabituel pour une femme de cette époque ! Elle n'hésite pas à exprimer toutes ses pensées, notamment devant Mr Rochester, ce qui va les rapprocher. Pour aider ses amis, Jane Eyre n'hésite pas à se dévoiler, à les défendre de toutes les manières possibles. Comme le dirait Mr Rochester, c'est une fée, vivant dans son monde, avec sa vision du bien et du mal, sa propre perspective du monde qui l'entoure. Jane Eyre est à la fois dure et douce, parfois énigmatique. Mais la révélation de ce roman ne tient pas seulement à Jane Eyre, il tient aussi et principalement à Mr Rochester (à égalité avec le Darcy de Jane Austen, pour ce qui est de « l'homme idéal » !). C'est un homme souvent dur, emporté, passionné, qui n'hésite pas à braver les interdits. Il est presque impossible de décrire ce personnage tant il est complexe. Un homme ténébreux, viril, qui n'hésite cependant pas à exprimer ses sentiments...
Charlotte Brontë a empreint Jane Eyre de poésie, il n'y a aucune longueur, pas d'ennui, je me plonge à chaque fois dans ce livre avec autant d'enchantement qu'à ma première lecture. On s'immerge dans chaque phrase du récit, ce qu'on lit, on le ressent ! Chaque détail, minuscule ou non, est important. Avec les descriptions de l'auteur, on se représente très bien les personnages, le château où on a l'impression de déambuler ou les paysages avec le vent qui souffle et le soleil qui brille. Jane Eyre fait l'effet d'une porte ouverte sur un autre univers, où nous pouvons nous promener. C'est une histoire à la fois très dure, très sombre, mais aussi remplie de beautés et d'amour.
Charlotte Brontë a réussi à conter dans Jane Eyre une histoire excellente, très puissante, avec des éléments « classiques », comme la vieille demeure, l'amour entre deux personnes de rangs différents, les secrets, la jalousie, de manière unique et bien à elle ! En outre, la fin est très habilement menée, à l'image du récit entier. Jane Eyre fait partie de ces récits dont je ne me lasse pas, malgré le nombre de fois où je l'ai lu ! Et surtout je tiens à remercier l'écrivain Jasper Fforde et son roman L'Affaire Jane Eyre, qui m'a fait découvrir ce merveilleux récit de Charlotte Brontë !
 
 
 
Un mot qui part du cœur
peut exprimer autant de souhaits
que de nombreuses paroles.
 
 
 
Logo Livraddict