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01/05/2014

La maison de l’Arbre Joueur, de Lian Hearn

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La maison de l’Arbre Joueur

Lian Hearn


Japon, 1857.
Depuis des siècles, le Japon vit replié sur lui-même. Mais, bientôt, il sera contraint de s'ouvrir aux influences étrangères. Les Occidentaux forcent les portes de l'ancien monde. La révolution couve. L'époque des samouraïs est désormais révolue, le pays est à l'aube d'une ère nouvelle.
La maison de l'Arbre joueur, dans le domaine du Chôshû, où habitent Tsuru et sa famille, n'est pas épargnée par le vent du changement. La jeune femme rêve de s'affranchir du poids des traditions ancestrales et de suivre les traces de son père en devenant médecin. Elle se trouve alors entraînée dans un monde de subversions, d'intrigues politiques et d'amours interdites.
Autour d'elle agissent des hommes puissants et passionnés. Leur slogan est Sonnôjôi : « Vénérez l'Empereur, expulsez les étrangers ». Leur méthode est la violence.



Après Le Clan des Otori, j’étais très curieuse de voir ce que Lian Hearn allait nous concocter.
Nous sommes au Japon, en 1857. C’est un pays très replié sur lui-même, mais de plus en plus, les habitants et le monde extérieur va vouloir une ouverture sur le monde. Les influences étrangères se font de plus en plus sentir, les Occidentaux vont arriver en masse, les samouraïs appartiennent à l’ancien temps. Bref, le pays entre dans une nouvelle ère.
Une nouvelle ère parfaitement incarnée par Tsuru. C’est une femme, donc limitée par les conditions de son sexe. La société voit les femmes utiles seulement à la cuisine, pour s’occuper des enfants et servir son mari et sa famille. Réjouissant, n’est-ce pas ? Tout de suite, ça donne envie. Sauf que Tsuru a toujours été l’assistante de son père, un médecin, qui compte sur elle pour préparer des mélanges et lui demande même souvent son avis. Alors, elle voudrait être vraiment médecin, et plus qu’un faire-valoir. Ses décisions vont l’entraîner dans le monde extérieur, dans le changement, et dans la guerre.
J’ai à la fois impatiente et inquiète de lire ce nouveau roman, car Le Clan des Otori est un vrai coup de cœur (spécialement les trois premiers tomes). J’espérais donc ne pas être déçue par La maison de l’Arbre Joueur !
Mais dès le début, j’ai été emportée par cet univers si particulier. Pas de note fantastique comme ça été le cas pour Le Clan des Otori, mais un récit vraiment réaliste et historique. Au tout début, on peut se perdre entre les personnages et les noms, mais heureusement qu’il y a une liste détaillé, ce qui est vraiment très utile ! Une flopée de personnages donc, tous très bien traités. Lian Hearn a le talent de faire ressortir un trait de caractère d’un personnage, de le faire vraiment vivre à chaque mot et de le rendre réel aux yeux de son lecteur.
Ce talent se remarquera surtout sur le personnage de Tsuru : une jeune femme très déterminée, ambitieuse, elle va tout faire pour mener sa vie comme elle l’entend. Elle a la possibilité de seconder son père et d’acquérir ainsi des connaissances inaccessibles aux femmes, elle a plus de liberté que les autres femmes, ce qui lui permet notamment d’influencer le choix pour son époux, un comptable qui veut devenir médecin et qui va s’intégrer à la famille. Elle va faire tout ce qu’elle peut pour vivre la vie qu’elle souhaite et surtout à continuer son art de médecin. Elle est passionnée par tout ce qu’elle fait, par l’idée de découvrir et d’approfondir ses connaissances. Outre ses connaissances, son intérêt pour la vie et les personnes qui l’entourent restent constants, Tsuru va faire des rencontres, trouver l’amour. Elle va vivre sa vie parce qu’elle veut, et pas parce que c’est ce que les autres attendent d’elle.
Le point fort de ce récit, c’est le côté historique vraiment très détaillé et fouillé. On peut rencontrer au fil des pages des personnes qui ont réellement existé, et que Lian Hearn va faire évoluer dans La maison de l’Arbre Joueur.
C’est un roman qui m’a emmené très loin, visiter le Japon et une époque que je connaissais très peu, et que j’ai maintenant très envie de découvrir davantage ! Je ne peux que vous le recommander.

 

 

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28/04/2014

Dans le grand cercle du monde, de Joseph Boyden

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Dans le grand cercle du monde

Joseph Boyden



Trois voix tissent l'écheveau d'une fresque où se confrontent les traditions et les cultures : celle d'un jeune jésuite français, d'un chef de guerre huron, et d'une captive iroquoise.
Trois personnages réunis par les circonstances, divisés par leur appartenance. Car chacun mène sa propre guerre : l'un pour convertir les Indiens au christianisme, les autres, bien qu'ennemis, pour s'allier ou chasser ces « Corbeaux » venus prêcher sur leur terre. Trois destins scellés à jamais dans un monde sur le point de basculer.
Mêlant lyrisme et poésie, convoquant la singularité de chaque voix – habitée par la foi absolue ou la puissance prophétique du rêve – Boyden restitue, dans ce roman d'une puissance visuelle qui rappelle Le Nouveau Monde de Terrence Malick, la folie et l'absurdité de tout conflit, donnant à son livre une dimension d'une incroyable modernité, où « le passé et le futur sont le présent. »



J'ai eu la chance de rencontrer Joseph Boyden et d'avoir son dernier livre au Salon du Livre de Paris – 2014. Je me suis empressée de le commencer car le résumé m'attirait énormément.
Dans le grand cercle du monde, nous allons pouvoir suivre trois personnages principaux. Il y a un jésuite français, que l'on connait au début seulement sous le surnom du « Corbeau », il y a Oiseau, un chef de guerre Huron, et une jeune fille iroquoise, capturée par Oiseau. Le jésuite est en mission pour promouvoir son Dieu et Sa parole, lorsqu'il se fait capturer par les Hurons, et par leur chef Oiseau, qui a également capturé une jeune fille d'un clan adverse, appelée Chutes-de-Neige.
Ce qui m'a attirée Dans le grand cercle du monde, c'est le fait de connaître enfin Joseph Boyden, un auteur dont on m'a dit énormément de bien. Je ne pense pas en rester là quant à la découverte de son univers ! Mais surtout, le résumé m'attirait énormément. Une épopée dans ce qui constituerait le Canada et le nord des États-Unis actuel, avec les coutumes des Indiens, l'expansion du catholicisme...
Le petit détail qui m'a également interpellée, c'est cette allusion au Nouveau Monde, le film de Terrence Malick qui raconte l'histoire de John Smith et de Pocahontas. Il y a effectivement des ressemblances, des points communs : une volonté de prendre son temps, de déployer tout un paysage devant le spectateur, porté par une très belle manière de raconter, très visuelle aussi : le livre de Joseph Boyden serait parfaitement à sa place dans les décors du Nouveau Monde ! Il y a vraiment une ambiance commune, une époque et des peuples similaires...
Joseph Boyden a écrit ici une œuvre vraiment époustouflante. Dans le grand cercle du monde va voir deux visions, deux peuples différents : il y a les Indiens, composé d'une multitude de clans avec des coutumes différentes, et les hommes blancs, représentés notamment par les jésuites et par les français en général, avec qui les Indiens vont se livrer au troc. D'un côté, on a donc des « sauvages », avec leur vision d'un monde onirique puissant où règnent les esprits, les modes de vie qui sont dominés par les saisons, les plantations, les chasses... De l'autre côté, les hommes blancs se disent « civilisés », et qui tentent de convertir les Indiens au seul Dieu, pour le salut de leurs âmes. Deux visions différentes du monde qui vont se heurter et très peu se comprendre.
Pour ce qui est des personnages, nous allons donc suivre le jésuite français, Christophe Corbeau. Il va être capturé, va vivre chez les Hurons, va voir l'arrivée de certains de ses collègues... La vie va être très dure pour lui, l'adaptation va être rude. Mais soutenu par sa foi et par sa curiosité, il va tenir bon jusqu'à la fin.
Oiseau est un chef Huron, et qui va voir l'arrivée de Christophe d'un mauvais œil, mais avec la volonté de connaitre ces nouveaux arrivants. Sa femme et ses filles ont été tués, il ne va vivre au début que pour son clan et sa vengeance.
L'arrivée de Chutes-de-Neige va changer énormément les événements, surtout lorsqu'elle va être adopté comme la fille d'Oiseau. Elle est originaire du clan des Iroquois, et depuis son enlèvement, elle va vivre comme Oiseau : pour la vengeance.
Ce sont des personnages qui vont énormément évoluer tout au long de l'histoire. Ils vont apprendre de nouvelles façons de voir le monde, découvrir d'autres cultures et d'autres individus. Dans le grand cercle du monde est un roman d'aventures et d'apprentissage, car le lecteur va être également emporté dans cet univers si différent. Le fait de pouvoir vivre avec les Indiens au jour le jour nous permet de découvrir cette époque et leur manière de faire, surtout que Joseph Boyden s'est vraiment très bien documenter et à réussir à retranscrire sans en faire un essai littéraire, mais un roman qui nous emporte et nous apprends tout à la fois. La connaissance avec les jésuites est également très bien amenée, ainsi que le choc culturel. Il faut s'habituer à la narration au début, car les chapitres alternent entre les trois personnages principaux et il faut au début parfois faire un effort pour savoir qui parle. Mais c'est un petit détail qui s'efface très vite une fois qu'on habitué au rythme et aux personnages.
Donc, un récit dense, très descriptif (peut-être trop pour certaines scènes de tortures), et une époque que j'aurais bien aimé vivre. Joseph Boyden présente une manière de vivre très dure, mais extrêmement intéressante, et à laquelle je vais m'intéresser de plus en plus ! Je vous conseille donc énormément Dans le grand cercle du monde !
 
 
 
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27/03/2014

Impératrice, de Shan Sa

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Impératrice

Shan Sa



Elle est née dans la fabuleuse dynastie Tang du VIIe siècle.
Elle a grandi au bord du fleuve Long, où elle apprenait à dompter les chevaux.
Elle est entrée au gynécée impérial où vivaient dix mille concubines.
Elle a connu les meurtres, les complots, les trahisons, elle est devenue Impératrice de Chine.
Elle a connu la guerre, la famine, l'épidémie.
Elle a porté la civilisation chinoise à son apogée, elle a vécu entourée de poétesses, de calligraphes, de philosophes. Elle a régné sur le plus vaste empire sous le ciel, dans le plus beau palais du monde.
Elle est devenue l'Empereur-Sacré-Qui-Fait-Tourner-la-Roue-d'Or.
Son nom a été outragé, son histoire déformée, ses mémoires effacées, les hommes se sont vengés d'une femme qui avait osé devenir Empereur, et pour la première fois depuis treize siècles, elle ouvre les portes de sa Cité Interdite.


Impératrice est l'histoire d'une simple roturière – certes de bonne famille – qui est devenu l'Impératrice de la Cité Interdite.
Chine, VIIème siècle. Avant de devenir impératrice, Lumière a été élevée à la fois à la fois dans les traditions, mais surtout en-dehors, notamment avec ses penchants à dompter les chevaux. Vivant avec sa mère et sa sœur dans le village de son père, qui vient de mourir, elle est recommandée pour entrer à la cour du souverain, et dans son Gynécée. Evoluant désormais dans un monde tout à fait différent, elle va se faire sa place à coup de ruses et de force, jusqu'à devenir Impératrice, la seule femme à être sur le trône.
Concubine au départ, elle se rend compte qu'elle a plus de capacité pour diriger que l'Empereur actuel. Dirigeant l'empire dans l'ombre au départ, elle va finir par le gouverner au vu de tout le monde, ce qui ne lui attire pas forcément la sympathie !
Je connaissais déjà Shan Sa par ses romans précédents, parmi lesquels on peut citer Alexandre & Alestria, La cithare nue, Porte de la Paix Céleste, Les quatre vies du saule, La Joueuse de Go... Impératrice n'est pas un coup de cœur contrairement à La Joueuse de Go et Porte de la Paix Céleste, mais c'est un livre dans lequel j'ai retrouvé avec un immense plaisir la plume si reconnaissable de l'auteur.
Dans ce roman, on peut assister à une période d'histoire, certes romancé, mais très intéressante ! Je ne connais pas du tout l'histoire de ces grandes dynasties chinoises, dont on devrait pourtant nous parler plus souvent. Shan Sa nous permet de se plonger dans ces événements méconnus mais surtout nous donne envie d'en apprendre toujours plus.
Lumière est un personnage que j'ai suivi avec intérêt : de personne dont on ne préoccupait pas, elle est devenue une des concubines les plus importantes et ensuite Impératrice de Chine. Non seulement elle a réglé très longtemps, mais elle a aussi permis la prospérité de son peuple, elle connaissait la politique et les démarches à suivre sur le bout des doigts, n'hésitant pas à faire n'importe quoi pour garder le pouvoir et un pays stable et puissant.
Impératrice est une très belle histoire, encore une fois, servi par une écriture poétique, vraiment merveilleuse ! Si vous ne connaissez pas encore Shan Sa, n'hésitez surtout pas à vous précipiter sur ses romans !
 
 
 
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11/03/2014

Le maître ou le tournoi de go, de Yasunari Kawabata

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Le maître ou le tournoi de go

Yasunari Kawabata



1938.
Shusai, dernier maître de Go, invaincu mais âgé et miné par la maladie, s'engage dans son dernier combat. Son adversaire, Otaké, pratique un jeu agressif, efficace et brillant. La partie dont l'issue est inéluctable va durer six mois...
Tout oppose les deux héros de ce récit. Shusai témoigne de l'esprit ancien, simple et lumineux, évoque les forces de la nature jusque dans son comportement autocrate. Otaké incarne la modernité, sombre, inflexible et triomphante.
Le jeu est serré, âpre, il s'interrompt et reprend sans cesse alors que le crépitement d'une averse, le grondement d'une cascade étouffent le son des canons d'une guerre pourtant toute proche.
Méditation mélancolique sur la mort, sur le temps qui passe, Le Maître ou le Tournoi de Go s'accroche au rythme immuable des éléments comme pour suspendre le cours inexorable de l'Histoire.



Après La joueuse de go, de Shan Sa, j'ai eu envie de découvrir davantage l'univers de ce jeu si particulier : le go. Le maître ou le tournoi de go fait partie de ces classiques dont on m'a beaucoup parlé et que j'étais impatiente de commencer.
Shusai est un grand maître de go, peut-être le plus grand, et encore invaincu dans les tournois. Mais il vieux maintenant, et surtout très malade. Il décide de faire un dernier tournoi. Son adversaire, Otaké, pratique un jeu très différent, efficace, mais très agressif. Ils vont s'affronter pendant 6 mois, jusqu'à l'issue qui déterminera le vainqueur.
le maître ou le tournoi de go,yasunari kawabata,drame,historiqueLe maître ou le tournoi de go est un récit très court, mais aussi très dense. C'est un récit qui repose sur des faits historiques et où seulement les noms ont été modifiés. L'auteur décrit avec minutie et beaucoup de détails une partie de go, organisé entre un vieux maître, issue d'une longue dynastie de joueurs de go et son adversaire, un homme plus sanguin et qui n'a pas la même vision séculaire que le maître.
Au cours de ce long tournoi, on assiste au choc entre deux personnalités, deux manières de jouer. Le maître voit le go comme une forme d'esthétisme avec ses codes, son adversaire est moins porté sur l'aspect mystique du jeu. Shusai joue très rapidement, porté par sa longue expérience, tandis qu'Otaké prend un long temps de réflexion, à la fois pour bien réfléchir à son prochain coup, mais aussi pour déconcentrer le maître.
Le go a beau être un jeu très peu connu des Occidentaux, on ne pas rester sans rien ressentir devant ce jeu et devant la manière de le traiter par Yasunari Kawabata. Ce tournoi engendre beaucoup de tensions et d'attentes, ressenties très fortement par le lecteur, et les enjeux sont énormes : l'affrontement entre la modernité et les traditions, les manières de jouer différentes les unes des autres... Entre deux plages de jeu, on peut également assister à la vie des personnages qui attendent la reprise du tournoi, comment ils vivent, comment ils s'occupent, et leurs relations avec famille, amis ou connaissances.
Yasunari Kawabata a une écriture très particulière, très frappante, vraiment très belle. Le maître ou le tournoi de go est un récit qui va droit à l'essentiel, sans s'embarrasser de superflu. Une écriture concise, dépouillé, vraiment magnifique ! Il va être le premier auteur japonais à recevoir le prix Nobel de littérature en 1968. C'est un auteur particulier que je découvre seulement maintenant et que j'ai bien l'intention de continuer à découvrir ! Après Le maître ou le tournoi de go, j'ai bien envie de lire Le grondement de la montagne, Tristesse et beauté ainsi que Les belles endormies.
Si vous ne connaissez pas encore Yasunari Kawabata, je vous conseille ce livre !
 
 
 
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19/02/2014

Deux sœurs pour un roi, de Philippa Gregory

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Deux sœurs pour un roi

Philippa Gregory


« Je serai sombre, française, à la mode et difficile ; vous serez douce, ouverte, anglaise et belle. Quelle paire nous formerons ! Quel homme pourra nous résister ? » Tels sont les premiers mots prononcés par Anne Boleyn à l'endroit de sa sœur Marie quand elle la rejoint, en 1522, à la cour d'Angleterre.
Introduite au palais de Westminster, à l'âge de 14 ans, Marie Boleyn séduit le roi Henri VIII auquel elle donnera deux enfants. D'abord éblouie par le souverain, elle comprend qu'elle sert d'appât au milieu des complots dynastiques.
Quand l'intérêt du roi pour elle s'émousse, Anne est chargée de le séduire à son tour. Désir, haine, ambitions, trahisons.
Se déroulant sur quinze ans, cette fresque historique, racontée à la première personne par Marie Boleyn, dépeint les rivalités au sein de la dynastie des Tudor.
Une histoire qui se terminera dans le sang.



Je me lance dans une nouvelle Lecture Commune, cette fois avec Bouchons des Bois et avec Wolf's Rain.
The Other Boleyn Girl raconte donc l'histoire des deux sœurs Boleyn, Mary et Anne, vu du point de vue de Mary. Mariée à William Carrey, Mary est obligée de répondre aux exigences de sa famille ambitieuse, et est présentée à la cour dans l'idée d'attirer l'œil du roi. A 14 ans, Mary va séduire roi Henri VIII et lui donner deux enfants. Quand l'intérêt d'Henry s'émousse, Anne Boleyn est à son tour jetée sur son chemin, pour le garder intéressé à la cause de la famille Boleyn, qui va recevoir de nombreuses terres et autres titres. Contrairement à Mary, qui était au début amoureuse du roi, Anne va tout faire pour renverser la reine légitime, Catherine d'Aragon, et devenir reine à sa place. C'est un travail de longue haleine, cela ne se fera pas en un jour, et comportera de nombreux dangers, notamment le fait d'assurer un héritier mâle au roi, d'éviter que celui-ci ne soit tentée par une autre femme. Une histoire de complots, d'ambitions, de dangers et de chausse-trappes !
(Attention, ce passage peut comporter des détails expliquant le livre !) Je connaissais déjà un peu l'histoire de The Other Boleyn Girl grâce au film de Justin Chadwick, que j'ai vu au cinéma en 2008. En parcourant les rayons d'un Book Off, je suis tombée sur le livre de Philippa Gregory. Curieuse, je l'ai achetée. Mais j'ai beaucoup traîné des pieds pour le lire, sachant que ce roman faisait hurler d'épouvante les historiens ou toute autre personne connaisseuse de cette époque. On peut citer de nombreuses digressions à l'Histoire. Mary Boleyn, pour commencer, n'était qu'une maîtresse du roi parmi tant d'autres et n'a jamais eu l'importance qu'elle a dans le roman. Ils se sont rencontrés en France, lors d'une mission diplomatique de Thomas Boleyn et où Mary l'accompagnait. Le roi s'en lassa vite, ils n'ont vraisemblablement eu jamais d'enfants ensemble (le roi ayant déjà reconnu un enfant légitime, on pourrait dire qu'il aurait pu reconnaître ceux de Mary s'ils avaient été les siens). Mary se retira vite de la cour pour laisser la place à sa sœur Anne. De même, la fille d'Anne et d'Henry, Élisabeth, n'a jamais été recueillie par Mary après la mort d'Anne. Au moment de sa mort, cela faisait longtemps que les deux sœurs n'avaient pas eu de contact, et on supposait que Mary vivait avec William Stafford, loin de la cour anglaise et sans aucune relation avec celle-ci. Ensuite, pour ce qui est de l'inceste entre Anne et George, c'est un détail qui a été alimenté par la propagande pro-henrycienne, mais qui n'a pas été confirmé à ce jour !
Donc, si vous recherchiez un roman historique tenant sur des bases solides, ne vous dirigez surtout pas vers The Other Boleyn Girl ! Mais Philippa Gregory, je lui reconnais ça, a fait un roman qui se lit très vite et très bien. Une fois qu'on s'est éloigné de l'effet historique raté, on peut davantage apprécier cette chronique familiale. Car c'est, du coup, cet aspect qui est le plus réussi et le mieux décrit dans ce roman.
On assiste à 15 ans de la vie d'une jeune femme dans les sables mouvants de la cour. Mary Boleyn est au départ une jeune fille timide, réservée, habituée à la seconde place. Alors, lorsqu'elle attire l'œil du roi et en tombe amoureuse, elle tombe aussi plus profondément dans les complots et la politique. La relation et le comportement des deux sœurs est vraiment très bien décrits : que ce soit l'une qui est douce, n'aspire qu'à vivre tranquillement avec ses enfants à la campagne, et Anne qui est ambitieuse, prête à toute pour accéder au trône, quitte à écraser quiconque se trouve sur son chemin. Une relation d'amour les unit, mais surtout de haine et de ressentiment. Autant Mary est un personnage très touchant, très doux, autant Anne, j'ai eu envie de la frapper à plusieurs reprises ! Les relations fraternelles sont vraiment très bien décrites et font le point fort du récit, la jalousie et l'amour entre Anne et Mary, les sentiments qui les unissent à Georges... De même, on voit les relations à la famille : ce n'est pas vraiment paix et amour, plutôt contrôle, lutte et domination. Les Boleyn sont prêts à tout pour finir à la plus haute position possible.
Une lecture très dense, et même si elle n'apporte pas de vérité historique, cela reste un roman très captivant, que l'on prend plaisir à lire ! J'ai passé un moment agréable dans l'ensemble, The Other Boleyn Girl est à lire pour passer une lecture très prenante du début à la fin.
Vous pouvez retrouver ici les avis de Bouchon et de Wolf's Rain.
 
 
 
 
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